Blow-Up

9 mars 2010

Il est 7 h, mon portable vient de sonner, je l’éteins… Je m’étire. Pas de sms, la journée commence mal. Et elle se poursuit sur la même lignée, des rendez-vous médicaux, des mauvaises nouvelles et un retour vers la case bureau obligatoire. Ce dossier a rendre à cette montaségua de parisienne au sourire mielleux, avec sa veste à broches digne d’une employée municipale varoise, vous savez le genre belle ringarde, celle avec la mauvaise teinture de cheveux, le bronzage surnaturel et la manucure en pointe beurk. Mais où est l’élégance tout en retenue tant vantée par Garance et toute la clique ? Et puis il y a sa collègue, celle qui m’envoie des mails à 19h, et oui moi je travaille tard, et moi je ne suis pas en vacances perpétuelles comme vous les sudistes, celle qui avait dépassé la date de consommation à 20 ans avec son chemisier blanc chichi pompon qui n’a évidemment ni enfants ni mec mais un super grand bureau et une bouche de vieille.  Oui aujourd’hui, je suis de mauvaise, j’aurais préféré rester au lit avec Lui.

Lui qui n’était pas content, pour la cerise sur le gâteau de cette journée à jeter.  J’en parle souvent de Lui, je l’implique ici, je crois qu’il n’aimerait pas ce que je dis, ce que je raconte de notre intimité, de notre vie de famille, ce qu’il me fait de  bien ou pas, comment il enfonce sa queue dans ma bouche, et puis quand je le critique, que je me moque de lui. Souvent il m’énerve, et pourtant tous les jours je me dis qu’il est indispensable à mon équilibre, que sans lui je serais sous Prozac au mieux, qu’il m’aide à sortir la tête de l’eau tout en s’amusant à me néguer. J’expose ma vie, je décortique mes pensées, mes envies d’ailleurs, mes complexes, mes doutes, mes frustrations, mes joies, mes colères… Où se place la limite entre la réalité et la fiction ? Aujourd’hui, j’ai cassé ma sucrière et je me suis mise à pleurer. Je n’ai pas arrêté de courir toute la journée, j’ai grondé mes enfants et je me suis aperçue qu’ils n’avaient rien fait de mal. Ce jeune con de contrôleur de gestion a refusé mon projet de budget, j’avais juste envie de le tuer. Mon patron m’a taclé devant ses sous-fifres, il m’énerve, il m’énerve quand il fait son vieux beau.

Hier, j’écoutais des femmes dire que tout va bien dans le monde du travail avec les hommes et que patati et patata, j’ai eu  l’impression que nous ne vivons pas sur la même planète. Et en plus, je n’ai même pas à me plaindre, j’ai plutôt une vie rêvée par rapport à d’autres : les divorcées, les pauvres, les vieilles filles, les moches et les mal baisées. 

Aujourd’hui, j’ai écrasé le chat de ma voisine, ça ne m’a rien fait.

Ce soir, après la douche, j’ai eu la super idée de me placer toute nue, dos au miroir et de scruter ce que je ne vois jamais avec une autre glace. Je me suis vue monstrueuse. J’ai besoin d’une bonne fessée.

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