Sexualité sémantique

17 février 2010

Réel 0.0

6 heures 30, à peine l’aube. La ville, endormie, figée par l’obscurité, m’attend.

Je descends, je bois un thé et mange quelques galettes, je regarde les fenêtres qui teintent de doré, le noir de l’horizon. Soudain, se détachent les feuilles des bambous, il est déjà l’heure.  Ensuite, tout va très vite et le plus silencieusement possible, je récupère ma veste, mon sac, mon portable, mes clefs et je file vers ma troisième dimension. Celle où je suis à l’heure, organisée, souriante, aimable et en tenue correcte.

Hier soir, je recevais par mail l’intention d’un homme aux traits et curriculum vitae insoupçonnables. Le même homme, je le croise peut-être tous les jours dans les couloirs moquettés, au restaurant, à la salle de sport… C’est peut-être mon pharmacien, le mari de ma meilleure amie, le mien. C’est devenu mon quotidien de pouvoir échanger avec des sex-addict, algophiles, partouzeurs, asphyxiophiles, fétichistes, autoagonistophiles, pervers narcissiques, voyeurs, exhibitionnistes, frotteuristes… j’en passe et des ordinaires « Monsieur Mon Voisin Coquin » qui vivent avec des « Madame Touchent Tout Le Monde ».

Je me demande dans quels mondes nous sommes face aux vrais personnalités ? Si ces dimensions, ces faciles échappatoires sont devenus indispensables à l’équilibre ou le déséquilibre du couple lambda ? Si ceux qui ont commencé leur vie amoureuse avec cette source intarissable pourront un jour arrivé à faire abstraction de tout ces corps qui grouillent en bientôt Web 3.0

Cette drogue est dure. Et elle est en accès illimité à 29€99 par mois.

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