Crumble Amateur

7 février 2010

Chore – Justin Anderson

Voilà où est la banalité.

La banalité prépare un crumble poire pomme chocolat pour un dîner entre amis. Recevoir, rendre les invitations, entretenir la sauce amicale, sociale. C’est une chaîne sans fin, certains maillons changent, disparaissent, divorcent, réapparaissent un peu plus tard avec à leur bras quelqu’un de plus jeune, jamais plus vieux. Le repas s’est terminé vers 1h, il avait mitonné le plat principal, les invités avaient apporté du vin, on s’est même fumé quelques joints d’herbe. Enfin pour tout dire, il a surtout fumé lui, d’ailleurs il s’est fait un malaise en servant les cafés. Il est tombé de tout son bon mètre quatre-vingt-dix, c’était impressionnant. Le voir comme ça quelques secondes, allongé sur le sol, le visage livide, j’ai cru qu’il était mort. Ce mini événement a entretenu la discussion toute la fin de soirée, lui est allé s’allonger. Divorcée à 39 ans pourquoi pas ?! Mais veuve ! Vraiment ce n’est pas envisageable. Je suis bien trop nulle en gestion domestique.

Nous sommes le lendemain, nous sommes aujourd’hui. La banalité est devant la dernière part de son crumble, elle porte à sa bouche le mélange caramélisé encore meilleur réchauffé, il est 14h, elle lit un sms en symbiose avec ses pensées, la scène est tellement banale.

Qui pourrait imaginer les pensées de la banalité ? D’une soeur, d’une copine, d’une épouse ou d’une mère ? Les hommes n’ont pas assez d’imagination ou bien trop d’assurance pour soupçonner quoi que ce soit du moment que la banalité après avoir accompli ses tâches domestiques, familiales, se laisse gentiment filmer façon porno amateur par son mauvais J B Root de mari. Tout ça pour lui prouver 7 jours en avance combien elle aime ses nouveaux dessous et sa misérable vie. Personne ne peut s’imaginer que l’autre est pire.

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