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6 février 2010

Rien ne s’est passé comme je l’avais prévu.

Je devais monter seule en train, jeudi matin, je me retrouve accompagnée direction Orly, mercredi en fin d’après-midi. Bastille est loin, la rue de la Roquette interminable après une demi-heure de transports en tout genre et ma soirée en avance patiente dans le hall de cet hôtel que j’appréhende de découvrir.

Rien ne s’est passé comme je l’avais prévu.

Je devais apparaître reposée et au moins bien coiffée, j’arrive essoufflée et emmêlée. Quelques minutes pour reprendre mon souffle et je me retrouve les jambes écartées et les mains bien cramponnées. Les belles façades défilent, les lumières parisiennes s’enflamment tout autour. Plus le temps d’être fatiguée, stressée, d’avoir froid … La porte du restaurant s’ouvre, je me sens très bien, trop peut être, les mots m’échappent. Je suis assise, je goûte la chair tendre de St Jacques habillées de lard poivré, tout me semble plus fort, plus enivrant et pourtant. Tout est d’une exquise et douce simplicité. Un dernier verre, cachée sans l’être, les autres n’existent plus, je ne suis qu’une petite fille sans son déguisement, perdue au milieu de ses désirs de vraie femme. La lumière se fait douce, tout bascule vers le noir total.

Rien ne s’est passé comme je l’avais prévu. Heureusement.

Minuit et dix huit minutes. Je suis allongée sur le couvre lit, avant que mes yeux ne se ferment, je récitais ces derniers vers.

Il n’y a pas de destin ni de fidélité,
Mais des corps qui s’attirent.
Sans nul attachement et surtout sans pitié,
On joue et on se déchire.

L’Amour, l’Amour M. Houellebecq

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