Entre deux banalités

14 octobre 2009

Il a un rire de hyène, un large sourire avec plein de dents et des chemises de couleur pâle horribles, une femme qui ne dit jamais un mot, pas laide juste transparente, elle lui a fait deux garçons, il est heureux le bougre. Le matin, il arrive toujours à la même heure avec sa sacoche, son pas rapide d’homme plutôt petit et nerveux.

Aujourd’hui, je suis tombée du lit, mes yeux se sont ouverts à 4h30 et ils n’ont pas voulu se refermer, la faute à mon mec qui regarde la télé tard et qui s’endort sur le canapé, la bite à la main devant Canal + en décalé. Je suis donc arrivée très tôt, vers 7h, un peu avant mon spécimen de collègue pas rare du tout.

Dans les couloirs que je traverse chaque matin pour rejoindre mon bureau, il y a le sien juste avant le mien. Il était tout seul devant son ordi, surpris de me voir, moi, la fille de la com’ devant lui avec deux cafés, un pour lui et un pour moi. Je lui ai fait la bise, je me suis assise en face de lui et je lui ai posé plein de questions sur sa vie, sa famille, sa femme, ses garçons. Il m’a raconté, vraiment content, je crois. Nous avons même ri. Puis vers 8h, le couloir commençait à s’agiter. Je l’ai laissé travailler.

Je ne tromperai jamais mon mari avec quelqu’un qui travaille avec moi. C’est certain.

Le reste de la matinée, je passe mon temps à rédiger des articles inintéressants avec la tête ailleurs. J’attends entre désir et anxiété quelque chose d’exeptionnel qui viendrait bousculer ma routine.

Une voix avec du mistral autour. Phénoménale.

Je vais aller me fumer une cigarette sur le toit en cachette. J’ai peur.

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