Spéciation

24 août 2009

Un samedi matin banal dans une ville du sud, au bord de l’eau des enfants jouent, le ciel est d’un bleu intégral, le soleil est encore raisonnable, il y a un peu de vent. Sur la première ligne, une trentaine de transats sont installés, sur les matelas à rayures bleues et blanches des couples essentiellement.

Les femmes surveillent d’un oeil l’avancement des châteaux de sable et de l’autre, elles feuillettent le dernier Elle qui leur explique « comme être une mère cool et efficace ». Tout est calme, les estomacs ne réclament pas encore, les maris finissent leur nuit. Le mien est parti nager.

Je détaille mes congénères quand elles vont se baigner, le soleil n’épargne personne, il tape à l’horizontale et met en lumière les moindres défauts. De la cellulite pour toutes passé la vingtaine, un bassin plus ou moins large, une taille fine ou épaissie par des grossesses successives, des vergetures pour les plus malchanceuses. Quand elles reviennent vers le bord, de face le constat n’est pas meilleur, leurs seins sont inexistants au mieux petits, au pire gros et tombants. Bref la perfection n’est possible qu’à contre-jour ou sur les pages des magazines.

Chaque année, certaines essaient de repousser l’inévitable à petits ou grands coups de miracles esthétiques ou chirurgicaux. Un nouveau specimen est apparu, la mère de famille encore bonne mais retouchée. Rendant la silhouette mince aux gros seins beaucoup moins rare, du coup ordinaire et à mes yeux de plus en plus vulgaire.

Je trouve qu’avec l’âge une petite poitrine donne une allure plus jeune et élégante.

Samedi matin vers 11h, j’ai eu envie d’une réduction mammaire.

Puisque mon corps en voie d’extinction ne me sert plus à grand chose, au moins il me conviendra enfin.

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