Bascule

21 août 2009

jjjjound

Il fût un temps où je restais de longues heures devant la baie vitrée de notre chambre, notre chambre entre soeurs. Nous étions inséparables et c’est encore comme ça.

A l’époque, il m’était impossible de quitter le garçon avec qui j’étais. J’avais ce syndrome bizarre, de ces filles qui subissent, qui ne se permettent pas, qui croient que les sentiments sont éternels. J’étais aveugle et sourde, terrée dans mes certitudes de jeune femme complexée, fidèle et dévouée. Et puis, il m’a quittée, il a d’abord essayé de me faire prendre la décision mais j’étais une amoureuse transie, trop jeune pour comprendre que sa mauvaise humeur, sa fatigue, son dédain, ses réflexions n’étaient dues qu’à son amour pour une autre.

Aujourd’hui, je porte une robe courte en soie noire, des talons noirs à fines brides et mes cheveux sont parfaits. Aujourd’hui, je pue le sexe et le bonheur.

Aujourd’hui, je les ai croisé en sortant du restaurant. Il a toujours un beau regard, le reste est insignifiant comme sa femme.

L’insouciance, la légèreté, les yeux qui pétillent et la voix qui tremble, tout aurait pu s’arrêter cette nuit.

Tout aurait pu basculer.

Mourir dans un des endroits les plus beaux au monde avec celui qu’on aime. Tu as failli exaucer mon rêve.

Je t’aime. Je pense à toi ma Belle.

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