Puzzle

11 juin 2009

Somophore

Il y a deux semaines tout me semblait interminable. Ma vie au quotidien n’était rythmée que de longues heures alternant la rédaction de mon mémoire et quelques corvées.

Depuis l’insouciance a repris l’avantage. Je rentre sur la pointe des pieds plusieurs nuits par semaine. Il ne me demande même plus avec qui j’étais ? Où ? Nous vivons dans deux mondes parallèles, nous nous croisons quelques heures chaque soir le temps d’un dîner calme et diplomate. Il se dit sans doute que les vacances sont proches et qu’il récupérera sa femme, une fois qu’elle sera isolée de cette copine trop grande et de cette horde de jeunes chevelus enfin diplômés. 

Alors j’en profite. Mercredi sur cette terrasse, la bouche pleine de bêtises et l’envie entortillée. J’écoute les aventures de célibataires, je mate les bouts de seins et la bouche d’une Mlle Puzzle motivée, je m’excite en visualisant ces rendez-vous sans savoir, où l’on monte des escaliers d’inconnus, où l’on passe des après-midi sur un canapé, les pupilles dilatées et les cheveux qui font mal. Les langues se délient, les uns s’allongent en quinconce sur un lit, les autres dansent autour à la lumière d’une Bonne Mère fatiguée. je rentre chez moi sans savoir comment, téléguidée par une vie tellement différente, par une voix tellement attirante. 

Et demain soir pour fêter cette mention espérée. J’irai divaguer une dernière fois. J’irai profiter de ces quelques heures de liberté, au bon goût d’éphémère.

C’était le temps d’une autre année
Le temps des néons allumés

Et moi sur la banquette arrière
Je voyais le monde à l’envers …

Raphaël

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