Amoureuse de l’instant

8 juin 2009

1948 – Porsche 356

 

Toutes les caissières de mon Monop grosses ou minces ont d’énormes seins vrais ou faux.

Toutes les caissières de mon Monop rêvent d’une 911 4S, de sacs Hermès, Vuitton et consorts, de week-end à Monaco.

Et puis il y a Daisy qui n’est pas une caissière de mon Monop. Daisy est petite, ronde avec d’énormes seins flasques. Daisy roule en 911 4S, arbore un Birkin et propose à Bel Ami un week-end à Monaco. Mon visage reste impassible mais mon cerveau bascule dans la vulgarité. Je hais cette fille qu’il ne baise même pas. Je prendrais ses kilos en trop pour passer une nuit avec lui et je lui laisserais royalement sa vie de princesse célibataire.

Je ne dis rien, j’en pense beaucoup plus.

Alors je me contente de ces quelques instants que je partage avec d’autres autour de lui, en amis.

De ce déjeuner à l’improviste, en face de moi la même en mieux écoute, à ma droite un regard caché par des aviator nous raconte.

Bel Ami nous narre son week-end avec d’autres et le prochain avec mon opposée.

Je déglutis. Je souris. Personne ne se rend compte de ce chat qui est coincé dans ma gorge.

Je suis toujours la même, j’imagine ces moments trop courts que je désire longtemps.

Parfois je vis ces quelques instants, intenses et uniques, le reste du temps je les attends.

Rencontres solubles et éphémères, regards volés, pensées cachées.

Un quotidien à la Brenda Walsh parce que je préfère la 356, la 550 c’est pour James Dean.

A chacun ses références. Désolée, les miennes sont celles d’une midinette.

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