Puzzle

2 septembre 2015

 Josh Pence – Photographe Hedi Slimane 

L’Envie

Obnubilante.

J’ai ces idées, ces images, ce désir qui me bouffent le cerveau depuis ce matin, je pense à Lui toutes les deux secondes, à son corps, à son odeur, à sa voix, à son souffle dans mon cou. Il ne faudrait jamais connaître cette sensation, quelques heures d’envie, quelques minutes de plaisir pour deux secondes orgasmiques et des semaines de frustration. Il partagerait mon lit chaque soir qu’évidemment je n’en voudrais pas que je ne le désirerais pas avec autant d’intensité, je ne sais même pas s’il le sait, s’il s’en rend compte. Je freine mes ardeurs par les mots pour éviter de lui faire peur. C’est effrayant le désir il paraît.
Alors je me tais, j’attends, je me consume de l’intérieur.
Je vais finir à ce rythme en combustion spontanée.

Il se passera bien quelque chose avant.

 Instagram @alabama_duel

Ma nourriture préférée : les histoires des autres.

Alors j’écoute avec attention les sentiments mis à mal, les rencontres qui font du bien, les ruptures qui libèrent… Les silences qui achèvent. L’expérience des autres me fait me sentir moins différente, ou tout aussi pire.

Bo est une blonde au physique moyen relevé par un sourire éclatant et des yeux très noirs, sa voix est douce, je l’écoute, nous sommes allongées sur mon lit :

« Cette fois là, mon cerveau en mode reptilien enclenché n’était pas du tout enclin à l’écouter.
Je suis assise sur ce canapé, il n’est pas tard, il est plutôt très tôt, je regarde ses belles lèvres ourlets d’une moustache, je n’entends rien de ce qu’il me dit, j’acquiesce pour qu’il continue, pour qu’il me parle comme si je pouvais lui être utile, son intérêt n’est en fait que le mien. Il ne le saura sans doute jamais. Les hommes ont souvent l’idée bizarre que je ne pourrais être qu’une personne gentille et serviable parfois même un peu crédule voire stupide. Cela m’arrange quand je deviens indifférente et détestable généralement ils ne s’y attendent pas du tout, habitués à ma gentillesse et ma serviabilité liés à mon sourire. Mon cerveau sourit beaucoup moins que mes lèvres, il peut être noir et désabusé, il ne ferait, s’il le pouvait que se prélasser à moitié nu sur un lit, il ne travaillerait pas et ne se lèverait que pour se substenter et abuser des autres aux sens propre et figuré, en jolis dessous la torture passe mieux. Il est aussi d’une susceptibilité chatouilleuse d’ailleurs quand il n’a pas ce qu’il veut, il peut en l’espace d’une seconde, devenir un connard. »

Je me sens parfois comme Bo, un connard de Blonde.

SAVAGE

31 août 2015

  Les jardins Sauvages

Je ne me coiffe plus, je viens de rentrer chez moi, j’ai dormi 4h en 48h. Voilà le résumé d’un week-end que je n’ai pas vu passer.

Nous sommes lundi, il est 20h, je suis seule, tout a coup un grand silence, les vrais, faux, nouveaux, futurs amis ne sont pas ou plus là. j’ai envie que quelqu’un soit  près de moi, il faut bien des défauts à cette liberté tant voulue. Tout ça est très fragile, et en quelques secondes on peut basculer du Paradis à l’Enfer. Les choses auraient pu mal tourner chacun des soirs, je vis dangereusement la plus belle des insouciances, celle de n’avoir aucune contrainte et le cerveau d’une fille qui sort en baskets assorties à un short trop court. Je me cherche. Et toi tu t’y perds.

je ne sais plus où j’étais et ça a commencé trop tôt dans la semaine, boire un spritz avec des suédoises en écoutant Mr Oizo, ou une skøll avec des italiens dans la fosse d’un Silo arrosée de bulles, sautiller sur un toit plein de boules à facettes et prolonger dans une exposition où tu admires des oeuvres moins chères qu’un sac hors de prix, danser nue dans le désert pour un Chamane, partir en Belgique sur un bateau entourée d’indiens et de médecins, finir dans un appart à la vue et aux jeunes hommes imprenables, j’en passe et des pires. Je me garde le meilleur pour moi.
Ce week-end fût fou, le raconter n’a finalement aucun intérêt, il valait mieux le vivre.

J’ai besoin de dormir un peu, demain ce sera encore plus mouvementé, c’est la rentrée.

Les vacances sont bien finies et la sieste de 17 à 18h aussi.

Les Collectionneurs 

25 août 2015

  The Selby

« L’inconnu, c’est toujours excitant…  » dit David Lynch. 

Je pourrais écrire jour et nuit sur les « Amoureux de l’éphémère« . Il n’y qu’à lire ici pour s’en rendre compte. Une véritable obsession. Je les aime, ils me comprennent, ils sont comme moi. Il y a ceux qui collectionnent les beautés féminines ou masculines, d’autres les belles montres ou de beaux bolides. Ils ne se contentent jamais de l’exclusivité, ils sont fidèles à leur infidélité.
Pourtant depuis quelques jours, j’ai cette envie de voir toujours le même pour partager avec lui des choses simples mais un tout petit peu plus que manger, boire et baiser. Mais ce n’est pas si évident de croiser le chemin d’une personne qui éclipserait la liberté, la découverte, la nouveauté, ces moments surprenants d’un célibat affirmé.

Chose étrange, je commence à me lasser même de la nouveauté. Plus personne ne me surprend, ne m’intrigue, ne fait augmenter mon rythme cardiaque au ding de mon téléphone. C’est d’une tristesse, ces mêmes belles gueules, ces corps parfaits, leurs intelligences à la limite de la prétention comme si je devais manger mon plat préféré trop souvent.

Il y en a bien un ! Qui pourrait être un harem à lui tout seul, rassurant et excitant, peut-être qu’il est là à côté de moi mais que je ne le vois pas. Peut-être que je m’expose trop ici.

A croire que l’Amour de la nouveauté rend lui aussi aveugle et sourd.

Jeunesse éternelle 

24 août 2015

 

Malmousque – Instagram alabama_duel

Le monde et la tête à l’envers. Je suis Benjamin Button.

Il est 8h30, la réunion va bientôt commencer. J’écoute les conversations, des week-ends à l’opposé des miens, ceux que je vivais avant. Cette période me semble si lointaine comme si j’avais été une femme il y a 20 ans et qu’aujourd’hui je vivais la vie d’une adolescente.

Je prends parfois la Corniche le matin. Je passe devant le Sunset, la rentrée scolaire est pour bientôt, la terrasse sera pleine de lycéens, les garçons n’ont pas de barbe mais arborent fièrement leurs PO 714, des Steeve MacQueen à peine majeurs déjà sûrs d’eux. Les filles sont discrètes, grandes et fines, souvent en ballerines, rien d’ostentatoire. La bourgeoisie dans le sud est teintée de St Germain. Quand on se rapproche, sous leurs chemises ou robes à peine froissées, on peut voir quelques tatouages ou à leurs doigts de grosses bagues. Quelques détails rebels juste là, pour faire angoisser leurs parents qu’ils ne voient jamais.

Je pense à cette période où je croisais souvent Antoine qui jouait tous les jours aux cartes avec ses amis peu soucieux de leurs emplois du temps d’étudiants. Je déposais mes enfants à l’école privée juste à côté, chaque matin pendant quelques mois, je m’asseyais à la table juste derrière, un thé fruits rouges et quelques pages de la Provence plus tard, je partais travailler. A chaque fois, je sentais son regard se posait sur moi, ni insistant ni malsain, juste curieux et parfois accompagné d’un sourire angélique.

Un vendredi matin, je n’avais pas mon sac en cuir mais un grand cabas en tissus avec mes affaires de plage. Je descends à pied vers l’accès à la mer, j’étais seule, je venais de partir du bar. Je sens une présence derrière moi, c’était Antoine et ses amis. J’installe ma serviette sur le rocher, Malmousque est désert. Ils chahutent et plongent. Je fais semblant de lire.

Je ne sais pas ce qu’il m’a pris d’aller nager si loin, je ne sais pas ce qu’il m’a pris de le laisser s’approcher si près, je ne sais pas ce qu’il m’a pris quand il a plaqué son torse contre mon dos et défait les noeuds de mon maillot.

Je ne sais pas.

« Notre vie est définie par des opportunités… Même celles qu’on manque. » 

 Instagram @ alabama_duel

La lumière du jour m’a un peu surprise, il y a deux types d’hommes, ceux qui savent me faire l’amour et les autres. Finalement la première catégorie n’est pas la plus fréquente et quand ça arrive ça en a que plus de valeur.

Il est 11h, je me promène au milieu des touristes, la ville est belle, il fait beau, un petit vent me donne l’air d’être naturellement décoiffée, je souris, je me sens bien, je n’ai quasiment pas dormi. J’ai cette sensation étrange que tout le monde me regarde, que tout le monde le sait.

Cette soirée avait commencé par la dégustation d’une délicieuse soupe aux amandes fraîches et à l’ail, cette soirée ne présageait finalement pas de baisers langoureux.

Étrange coïncidence la dernière fois que j’ai embrassé un homme après avoir manger de l’ail s’en est suivi 3 ans de désir intense.

Chaque rencontre a ses règles, l’adéquation de plusieurs variables, ce qui est valable pour l’une ne l’est pas toujours pour l’autre. Il y a l’alchimie des corps bien sur mais au delà de ça, l’envie de parler, de partager, de simplement se regarder.

Alors en marchant, le corps chaud et encore plein de son odeur, je me dis juste que j’ai envie de boire un café parce que l’ail c’est tenace tout en savourant ce petit goût simple au bout de ma langue.

Une nuit en toute simplicité.

La Petite Ourse

19 août 2015

   
 Photographe http://clementjolin.com

Elle est arrivée dans ta vie par la petite porte ou une fenêtre entrebâillée, Zoé.

Zoé peut être brune ou blonde, grande ou petite, très mince ou voluptueuse, Zoé a surtout 25 ans.

Un soir dans ton lit au fin fond de tes vacances familiales, une demande sur Facebook, une photo de profil d’un petit groupe de jeunes femmes, quelques amis virtuels communs, une invitation inoffensive. Plusieurs soirées passent, tu caresses la touche « confirmer » sans le faire, tu ne sais pas vraiment pourquoi, l’instinct du danger peut-être.

Ta femme, ta régulière ou la fille du moment n’a pas répondu ou n’est juste pas là ce soir là, tu te sens bien seul, tu tripotes ton téléphone, tu réponds aux plaisanteries graveleuses de tes potes, tu retombes sur sa demande et cette fois tu l’acceptes, l’innocente curiosité.

Quelques minutes plus tard, sans vraiment l’attendre, un premier message privé « Le mystère de la voiture moutarde rue Paradis prend fin ! » Ta réponse est tout aussi banale et insignifiante… S’en suivra des échanges rythmés par tes vacances, légers, intéressés, de plus en plus complices puis évidemment de plus en plus attendus et excitants. Les vacances ont pris fin. Zoé, son joli minois et son corps puzzle ne sont plus à des heures d’avion mais à quelques minutes, tout près.

Et là, la tentation brûle, les mots prennent tout à coup beaucoup plus d’importance, les temps de réponse en disent long, une journée devient une semaine, il n’y a plus de recul, impossible de relativiser, il y a le jeune corps de Zoé, sa peau, sa langue, sa douceur, ses mots, ses désirs… Ce fantasme absolu de la candeur qui est là dans ton cerveau. Tu veux la voir, la prendre, c’est très fort et ça te brûle.

Alors il n’y a plus de raison.

Il est 1:20, tu as résisté. Tu n’as pas donné signe de vie, tu te dis que c’est mieux ainsi, tu vas t’endormir.

« Tu fais quoi de beau ? »

« Je suis dans mon lit et toi ? »

« seul ? J’interviens à quel moment ? » Écrit-elle, sûre d’elle, cette salope de Lolita.

Tu lis sa dernière phrase et tu sais que la petite Ourse va te déchiqueter mais tu réponds quand même et surtout ce qu’il ne fallait pas.

« Viens. »

Désir en suspens

17 août 2015

  Rue du petit chantier Marseille Instagram @miss_isajane

Les vacances commencent pour certains, se finissent pour d’autres. On a encore envie de faire l’amour un peu plus souvent que les autres mois de l’année.

La peau dorée, les tenues plus légères, le corps affiné jouent en notre faveur. Il y a du sable encore un peu au fond des sacs, des lunettes de soleil aux verres rayés et un roman à la jaquette usée. Les journées se réduisent comme pour nous préparer au changement de rythme, on y pense en regardant les clairefontaines envahir les rayons, les factures s’accumuler sur la table et cette envie d’aller s’acheter une nouvelle paire de bottes.

Moi ce soir je n’avais qu’une seule envie et ce n’était pas de mesurer 7 cm de plus.

J’ai imaginé toute la journée que j’allais le revoir que ce serait encore plus excitant que la première fois. Il y a ce mélange comme quand on goûte une nouvelle fois à quelque chose de très bon avec encore des tas de choses à découvrir que l’on n’a pas pu assouvir.

Les deuxièmes fois sont révélatrices d’un désir suivi d’un point ou de trois, elles déterminent souvent la suite des événements, un jamais deux sans trois ou un plus jamais.

L’été prend la pente douce vers l’automne… Mon désir est en suspens.

Improvisons.

Ne me remerciez pas

16 août 2015

   
« Recevoir un message, regarder son téléphone plusieurs minutes, écrire une réponse, l’effacer. Voilà ce que nous sommes capables de faire, peut-être parce que ce message nous ne l’attendions pas ou plus. » Cette phrase on peut tous l’écrire parce qu’on l’a tous vécu.

Le désir pré-coïtal est souvent beaucoup plus indulgent que le plaisir du lendemain matin. Les réactions des uns et des autres évidemment varient en fonction de l’attachement, du sentiment amoureux mais généralement même sans amour, la susceptibilité féminine est à son maximum une fois passée à l’horizontale.

Une amie me disait très justement hier « c’était vraiment une belle rencontre, l’évidence intellectuelle et sexuelle, un week-end parfait… Je ne m’attendais pas à une déclaration ou une demande en mariage. C’est fou cette schizophrénie, ce déni une fois l’Animal repu… »

Il y a une alternative au silence quasi souillant bien plus que du foutre sur une paire de seins. Quelques mots, un sourire sans promesse, ou juste Merci.

Merci l’Homme du moment.

Bonheur immortel

11 août 2015

  A Campica – Brando – Cap Corse 

J’ai déposé quelques gouttes d’huiles essentielles pour me protéger des moustiques. J’ai mis mon téléphone en mode avion pour me protéger de l’envie de répondre trop vite.

Il est 21h30, quelque part au milieu du Cap Corse, dans deux jours je rentre, la pression monte. 

En attendant, je profite de ces derniers jours pour inhaler ce passé heureux retrouvé un peu par hasard. Une sœur et un frère qui comme nous ont perdu leurs parents amis des nôtres. Alors nous passons des heures à raconter ce que nous n’oublierons jamais, ces moments si doux où nous étions totalement inconscients de vivre le bonheur total. L’insouciance rythmée de sérénades, la Dolce Vita arrosée de liqueur à la myrte, un temps vécu au bord de l’eau où les femmes irradiaient par leur beauté simple, où les hommes ne pensaient qu’à les combler. Ces dîners interminables dans cette belle maison qui surplombe les roches noires, entourée de ces arbres dont les racines baignent dans la mer. Ces levers de soleil accompagnés de chants traditionnels, ces journées à lézarder sur des planches de crique en crique, seins nus et cœurs généreux. Je vois leurs sourires, j’entends leurs rires. Qu’il était doux ce temps béni par les Dieux, ces années lointaines qui nous lient à jamais.

Depuis quelques jours, nous rejouons les scènes sans eux, nous sommes beaux et bronzés, nos yeux brillent quand les prénoms des êtres aimés rythment les anecdotes que nous nous racontons.

Cette soudaine attraction, cette évidente complicité nous permettent de revivre ces étés irréels de notre adolescence de Princes et de Princesses.

Le temps de nos Seigneurs Immortels.

Marques

8 août 2015

  Instagram @70sdaily 

J’ai croisé une très belle femme brune aujourd’hui à la plage, elle n’avait pas d’âge, elle portait un maillot une pièce en crochet noir qu’elle roulait une fois allongée sur sa rabane. Mon attention s’est tout de suite portée sur ses seins très blancs et ses deux fines marques tout aussi blanches au niveau du bassin, sans doute dues à un bikini trop petit. Elle sortait tout droit d’un film des années 70. Très excitante sans une once de vulgarité.

Je l’ai imaginée nue sur un lit dans l’obscurité, j’ai imaginé que l’homme qui serait avec elle ne verrait en fait que ces deux marques quasi phosphorescentes lors d’une levrette digne d’un chef Inuit… Je crois que ce séjour en Corse loin de toutes animations qui ont rythmé mon hiver commence à me rendre dingue. J’ai des hallucinations, j’ai des envies terribles la nuit, de musique, d’alcool, de cigarettes, de baisers volés, de sexe devant un immense miroir, de fourrure, d’un petit 18 degrès, de dessous rouges. Mon imagination divague, je la suis dans mon lit tous les soirs dès 21h30 comme si j’étais une ado punie de sortie.

Le rituel a commencé, je ferme les yeux, j’ai chaud, mes jambes s’agitent, le drap s’enroule autour de mes cuisses… Il est temps que j’arrête, je vais finir par y prendre goût. A cette romance 2.0.

sexualité sémantique.

Célibat accompagné

2 août 2015

 
Avant l’autre était souvent le même, ça se comptait en année. Aujourd’hui il n’y a plus vraiment d’autre, ça fait un an.

j’étais dans mon lit, en Corse, sans lui, j’essayais de ne pas craquer, de me tenir à ma décision d’arrêter cette histoire. Plus pour le mettre à l’épreuve que pour d’autres raisons, quitter pour savoir si l’autre nous aime est une façon comme une autre de se faire du mal mais c’est assez efficace. Un mois plus tard une nouvelle dormait à ma place, j’imaginais sa tête s’enfonçait dans l’oreiller, ça a le bénéfice d’éviter de regretter.

Cette première année de célibat fût plutôt positive, je me sens mieux, je ris plus souvent, quelques hommes et femmes ont partagé de bons et de mauvais moments avec moi. J’ai désiré, aimé, détesté aussi, j’ai même un peu minci, il faudrait que j’arrête de fumer pour garder encore un peu mes seins, Ça peut toujours servir.

Il est 22h, je souris devant mon écran comme une ado devant snapchat. Je lis les réponses à des questions indiscrètes, j’aime qu’on me raconte, qu’on me détaille et il s’exécute avec la finesse et le piquant des hommes qui savent plaire aux femmes comme moi.
Je suis curieuse d’en savoir plus. Je vais sans doute le regretter, nous sommes trop souvent du même avis. Il vient de me répondre  » Tu es comme moi ! ».

On va se faire du mal et ça pourait être tellement bon quelque part entre L’Isle-sur-la-Sorgue et Toys R Us.

L’Amour en CDD

26 juillet 2015

 Pierrot Le Fou 1965

C’est toujours étrange cette sensation de vivre une liaison à durée limitée.

Tout est joué à l’avance, la rencontre, le pendant et la fin. Pas vraiment de surprise, les jours se passent, on profite de l’instant sans fard, sans jouer le jeu du ménagement ou du ferrage. Ça coule comme un vieux couple, pas vraiment besoin de faire d’effort, on se laisse porter comme un condamné, il n’y a besoin de faire des concessions puisqu’aucun avenir. C’est presque un peu triste, passés les premiers jours de la découverte, la réalité du limité rend les baisers encore brûlants déjà désabusés, les gestes tendres et fréquents prennent un rythme plus distants au fil des moments comme pour se préparer à la séparation qui approche. C’est plaisant puis ça devient vite pesant, comme un chewing-gum qu’on adore qui perd petit à petit son goût.

Il était 20h il y a 15 jours, sur cette terrasse minérale une énième apéro avec ce que la ville compte de jeunes et jolies, il est arrivé et nous avons mis quelques minutes à nous reconnaître, je cherchais un jeune homme seul et lui une blonde avec un chapeau, il était accompagné et moi tête nue. Les premières heures furent consacrées à l’observation, de regards en coin aux paroles mesurées, l’approche. Ça aurait pu s’arrêter là, un passage du virtuel au réel comme il s’en passe des milliers pas vraiment décevant ni très engageant. Les heures ont passé, les jours, les déjeuners, les soirées, les dîners, les rires, les discussions tournent en confidences, l’envie de partager et de vivre le moment sans promesses ni projections. Un début sans fin et vice versa.

Il est 22h47, nous sommes 9 jours plus tard, il est toujours là presque devenu un intime, vivant avec moi, dans un peu plus de 24h nous ne nous reverrons peut-être jamais plus, je ressens ce petit pincement comme le dernier jour des vacances qui commencent réellement quand il partira. De doux moments entre deux inconnus qui vont retourner à leur quotidien l’un sans l’autre. Le temps et la distance vont-ils effacer le manque ? Si manque il y a, les jours prochains nous le diront. Je crois que nous nous sommes formatés à cette éventualité comme pour se protéger.

Offrir sans attendre en retour. C’est peut-être ça aimer… Même si c’est éphémère.

Les Amoureux de l’éphémère.
 

Miss Pan

20 juillet 2015

  Anita Pallenberg & The Rolling Stones

Aussi longtemps que je m’en souvienne, je suis entourée de vingtenaires.

Des filles, souvent des garçons, peut-être mon humeur changeante, mon humour de camionneur, mon attitude mi maman mi gamine… Je ne sais pas vraiment pourquoi. je ne m’en plains pas, leur présence m’amuse et me réconforte.
Ils avaient 25 ans quand j’en avais 15, je partais avec eux le soir sur Saint Florent danser à la Conca d’oro en Buggy vert, ma langue était alors mon seul organe pénétrant. Aujourd’hui encore c’est mon anti-oxydant, mon placebo de fréquenter des Peter Pan et des Fée Clochette, passer du temps avec eux me rassure puis m’angoisse encore plus de vieillir inexorablement. Du chaud, du froid mais surtout pas du tiède.
En parlant de tiède, j’ai toujours eu, un souci avec les post-trentenaires, ce besoin de construire, de réassurance, de stabilité, de confort et pourtant j’ai suivi ce chemin tout tracé comme un petit soldat. Ce qui est normal dans tout ça, c’est qu’évidemment je suis attirée par ce qui m’excède.

En attendant, je pars sur un coup de tête me baigner au Bestouan en vieille 1100 GSX bleue et son beau trentenaire, pour garder cette sensation d’être toujours une ado, attirée par ce qu’il ne faut pas et avoir cette envie de plaquer ses fesses sous l’eau puis de se défiler comme une anguille.

Il doit bien y en avoir un qui me ressemble, un comme moi, un adulte terrible mais avec une barbe rousse.

Évidemment que si.

 
Elle est magnifique cette fille, être à son bras te rend instantanément plus intéressant. Comme une belle parure, c’est ton faire-valoir, elle te donne de l’assurance, elle te rend encore plus fort et beau. C’est le symbole de la réussite, ce que les autres voient de toi, tu parles, tu es l’ami de tous, tu n’as plus de retenu, rien ne te semble impossible, tu n’as peur de personne, tu roules vite, tu consommes beaucoup, tu brûles tout. Tu crois la posséder et elle sait t’en donner l’illusion.

Les heures passent, les semaines, les mois, elle est toujours aussi belle, toute de blanc vêtue, une tête d’ange, un corps de déesse et toi tu commences à transpirer, beaucoup, à t’agiter, tu deviens gênant, incohérent. Je ne sais pas si tu t’en rends compte qu’elle est entrain de te vampiriser, de tout te pomper. Je ne sais comment te le dire, alors je te l’écris parcequ’à ma façon je t’aime que je sais que tu ne me m’ecouteras pas, que tu as cette sensation de maîtriser cette chose. Oui c’est une chose, cette fille n’est pas humaine, son cœur est en poudre et ce n’est que vers le fond qu’elle peut t’attirer même si sa douce apparence te fait croire le contraire.

… Une grande solitude.

Solitude accompagnée 

13 juillet 2015

 
© Matthew Oliver CalviOnTheRocks

Calvi c’est fini, je suis dans mon lit, je fais défiler les photos en attendant que mon cerveau décide enfin de déclarer forfait. Je suis de ces personnes qui n’arrivent jamais à s’arrêter, alors je me lève en pleine nuit pour aller danser des heures et essayer d’exténuer cette chose qui me possède.

Il est 2h je suis collée aux baffles à en devenir sourde, il y a ce garçon souriant à côté de moi, nous sommes contre la barrière, j’ai la tête baissée, les yeux fermés, mon visage fouetté par mes cheveux au rythme de Ready for the floor. Le son me transperce, il irradie tout mon corps, le point G atteind, j’ouvre ma bouche pour trouver un peu d’air. J’aime cet état de trance, sans alcool, sans substances, juste de bonnes vibrations, la musique comme seule drogue, puissante, euphorisante, jouissive.

Il est presque 4h, je n’arrête pas j’en veux encore, comme une nymphomane je cherche un nouveau plaisir, il y a ces mini cabanes installées à l’entrée du festival, je me faufile, bras levés, la nuque trempée, les boots blanchies de poussière, j’ai envie d’y laisser ma peau, je colle mon ventre contre les platines, un Jésus blond envoie de la deep house, il fait tellement chaud, peut-être 40 personnes dans 12 mètres carrés, je suffoque mais plus rien n’a d’importance. je sens les seins chauds de BB derrière qui tambourinent mon dos, je suis bien, je ne veux pas que ça s’arrête. Les gens crient autour n’ayant que le son comme seul Dieu.

Il est 6h, je suis scotchée contre le mur à la droite d’Etienne, son Hashtag My Ass met d’accord la foule compacte, je dégouline sans bouger une oreille, autour ça saute dans tout les sens, il faut que je sorte de là, impossible, je suis crucifiée, seule, entourée de centaines d’inconnus.

Ma solitude prend fin, je marche sur les pavés qui me mènent à mon hôtel, il est 8h, je ne sens plus mon corps, je croise une tribu d’indiens surexcités, je suis prête à les suivre, remonter vers la citadelle, mais non je m’effondre, juste assez d’énergie pour rentrer. Je finis ces 24h, le cerveau rassasié, allongée sur mon lit, en fond sonore le ronronnement de la clim, je m’apaise enfin, des mains me caressent, ce ne sont pas celles de ma belle amie mais d’inconnus au visage peint qui dansaient avec moi, je rêve que je fais l’amour avec cette marée humaine. Il y a des plumes, des yeux qui pétillent, des corps doux et dorés.

Il est midi, je jouis. Seule.

Calvi Sans Rose

4 juillet 2015

 

Instagram @alhabama_duel

Ces moments qui se ponctuent de l’observation d’inconnus, il y a quelques jours cette blonde en robe verte, aujourd’hui le nouveau a une chemise en jeans mal boutonnée. Il était seul à pieds au milieu de cette cohue de voitures familiales, écouteurs vissés aux oreilles, ébouriffé, l’air ailleurs, loin. Je l’ai tout de suite remarqué, son allure différente, un négligé subtil, bien loin des pantacourts alentour, il fumait, il était 6h30 du matin, sans doute pas encore couché, un gros sac kaki à ses pieds, il n’arrêtait pas de bailler.

Il est a quelques mètres à ma gauche, allongé sur un transat, comme moi, il somnole autour d’une piscine de miasmes. Des boucles châtains autour d’un visage d’ange, une belle bouche, une légère barbe, je n’ai pas encore vu ses yeux, je les imagine noirs en amande, je ne sais pas, je suis myope et j’ai encore oublié mes lunettes.

Je vais donc passé ces 5 nuits à danser , à ne rien voir passer 3 mètres, j’aime ça, le monde flou autour, l’imagination est tellement plus agréable que la réalité. C’est ma drogue, vivre dans le brouillard.

L’inconnu s’est réveillé, il se lève, passe devant moi, son corps est mince, on devine une musculature de sportif, il est jeune, peut-être 27 ans, il revient avec deux cafés, il s’assoit à côté de moi et me propose le deuxième. Je souris, j’accepte. Nicolas et toi ? Tu vas au festival ? Tu es seule ? La conversation débute par de simples questions, puis il me raconte, pourquoi il voyage seul, j’écoute. La traversée passe finalement tres vite, 7h, le temps de se raconter une partie de nos vies.

Il est 14h. L’inconnu ne l’est plu. Ses yeux étaient finalement verts et sa dernière petite amie s’appelait Rose.

Calvi On The Rocks, sans Rose.

L’été meurtrier 

30 juin 2015

  Instagram @ alhabama_duel
Je ne sais pas pourquoi je pense à ce film, à cette robe rouge, au mal que peut faire une femme, à l’amour fou, à l’amour à sens unique, à Mister Iceberg… Conséquences ou vérités ? Modestie ou vanité ? Blond ou brun ? 
J’ai le choix. Il est 20h et je suis en avance, même pour un rendez-vous improvisé.

Je suis de ces personnes à l’apparence déconstruite, construite sur des fondations stables. Ce soir, c’étaient des sessùn de 5 cm. Je suis de ces femmes à l’attitude instable, maîtrisant sa deuxième vie comme un contre-maître teuton. Je ne suis qu’une image futile parfaitement structurée. Je ne parle pas de cette partie de ma vie, ça n’intéresse personne une vie de femme normale.

Il est 20h30, il fait peut être 33 degrés, nous sommes un mardi soir dans une grande ville française, l’inauguration de cette boutique a du succès, il y a beaucoup de blondes sur les trottoirs. Nous fumons à l’extérieur, le temps de faire le nombre de bises qui font l’endroit.
Il est 21h30, je dîne seule, en attendant que la machine à laver finisse d’essorer, de la bohémienne et du riz en lisant du John Fante. 
L’été est là, je pars bientôt, je vais laisser ma panoplie stable une quinzaine de jours, juste le temps de me faire un peu peur.

La rhétorique est toujours la même, j’ai envie d’autres choses, je ne sais pas vraiment de quoi, alors je fonce dans le carrelage.

Mister Iceberg aime l’amour on the rocks

J’ai lu ce livre il y a longtemps, j’en ai un souvenir flou du pire, et intense du meilleur comme une partie de mon week-end. Oublier le pire et n’apprécier que le meilleur. Pas de demi-teinte, ces 48h furent totalement folles.
Je suis montée dans le grand huit de toutes la gamme des sensations, de la jouissance extrême au dégoût ultime. Vivre sa vie comme on dévore des séries en deux jours.

Un vendredi soir qui devait être le calme prélude à un samedi de fête, les deux nuits furent démentes, irréelles comme cette maison dans les arbres surplombant l’immense miroir bleu noir où se reflétait la lune. Des beautés sensuelles, un mélange de simplicité au style sûr soupoudré de bons mots hyper sexués, des femmes immenses qui dansent comme possédées, des pygmalions autour prêts à jouir dessus sans retenu. Des envies de mélanges improbables des huîtres au wasabi, des corps étrangers qui s’enlacent, des discussions farfelues autour d’une immense paella, des pêches à l’anis, des baisers au goût de gingembre.

Je sautillais heureuse, oubliant ce pire que je venais de vivre quelques heures plus tôt, oubliant tout.

Dans ces moments intenses de vie, il me plait de me poser quelques minutes, j’ai mon dos contre le mur entre deux portes, je regarde deux marches plus bas ce patchwork de personnalités quasi impossible à réunir un même soir. Je ferme les yeux et j’imprime au fond de mon cerveau, ce beau moment, ces gens talentueux, tous un peu fous. Le temps passe tellement vite que parfois de vivre les choses sans pause, sans les fixer, on a du mal à vraiment les apprécier pour se les remémorer plus tard.

Il est 23h, les invités sont tous face à la mer, le ciel gronde de mille couleurs, je suis cachée derrière l’homme à la jeunesse éternelle, je ne prends pas de photo… Je ferme mes yeux.

Merci Fanou

I miss you – The Rolling Stones

Photographe Sev Prothon Instagram @siropderue

Qui est cette fille ?

Je la connais mais je n’arrive plus à me souvenir d’où, elle est différente donc remarquable, j’essaie de trouver puis mon cerveau est happé ailleurs.

Je n‘étais pas revenue depuis l’été 2009 peut-être 2010, l’endroit n’a pas vraiment changé, comme si la nuit s’était arrêtée à la fin des années 90 au bord de l’eau, entourée de tamaris, une buvette repeinte et quelques fauteuils en plastiques blancs.

Je suis arrivée vers 20h, une amie à chaque bras, aussi différente l’une que l’autre. Notre trio passerait très bien dans une vidéo Xart, un mélange racial doux et hétéroclite mais là n’est pas le propos.

Ce fût un long mercredi soir de retrouvailles, si l’on devait mesurer la qualité d’une soirée au nombre de bises, ce serait sans doute l’inauguration de l’année. Je cache mon regard fatigué au milieu des quelques jeunes barbus qui étaient sûrement mineurs il y a 5 ans. J’ai cette sensation que tout ce que la ville compte d’oiseaux de nuit avait donné rendez-vous à son amour de vacances. Rêvée complétement idéalisée, comme si le temps n’avait pas d’emprise sur elle, comme cette belle blonde en robe verte, à la beauté surannée, sans âge que l’on croit connaître. Elle dansait sur la piste sertie de lampions multicolores face au plus beau couché de soleil d’Instagram. J’avais envie d’aller lui parler, j’avais envie de m’enivrer et qu’on aille finir nos verres sur la digue.

Rien n’a vraiment changé mais moi j’ai vieilli… J’ai tiré une dernière fois sur la cigarette de la jeunesse éternelle. Tellement heureuse de la revoir mais avec ce petit goût différent.

« Quand aujourd’hui est d’un autre temps, demain sera sans doute meilleur. » J’ai des pensées complètement abscons en allant travailler en métro, puisqu’ici c’est la guerre des Rose qui se transforme en Games Of Thrones du transport urbain.

Je mets mes écouteurs ! Fuck !

White Riot – The Clash

  Photographe Sev Prothon Instagram @siropderue 

 Photographe Sev Prothon Instagram @siropderue

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