http://instagram.com/charleenweiss

Le désir se nourrit de la frustration…
Ma vie est devenue une mauvaise comédie romantique.
Je n’écris plus, on me dit que j’ai l’air heureuse.
J’étais une célibataire toujours accompagnée, je suis maintenant bien plus souvent seule ce qui est paradoxale.
La monogamie, la fidélité, la stabilité demandent des concessions notamment celle d’attendre les moments où deux plannings trouvent une pause.

Alors je passe mon temps à avoir envie de lui, à imaginer ce que l’on va pouvoir faire, à me souvenir des dernières heures passées ensemble, à regretter celles qui passent trop vites, une série de moments sans lui pleine de son odeur.
Il y a juste cette incapacité totale à vivre l’instant présent même heureux, même intense, j’ai cette fâcheuse manie à vivre dans le passé et même dans l’avenir. On me parle, je suis ailleurs, avec lui. Et quand il est là, je disparais comme engloutie pour mieux me souvenir plus tard. J’aime nourrir mon être de ces moments comme s’ils étaient les derniers, comme si j’allais le quitter. Je suis une ogresse, je suis barbe bleue, je suis dans l’excès.

J’ai ce refrain dans la tête, je vous épargne Indochine.
Mon cœur est en guimauve, je n’ai vraiment aucune empathie pour ce que je deviens. Ne t’en fais pas, ça ne durera pas.
En attendant je relis La prospérité du vice.

« Quand j’avais 15 ans, il m’arrivait de me plaindre du manque d’attention de mes petits copains, plus préoccupés par leur KTM que par mes petites fesses.
Quand j’avais 20 ans, il m’arrivait de me plaindre de la jalousie de mon premier amoureux qui m’empêchait de porter des tenues sexy et qui m’a remplacée par une fille qui l’était bien plus.
Quand j’avais 25 ans, il m’arrivait de me demander si un jour j’allais enfin rencontrer un homme stable alors que je passais mon temps à minauder devant serveur, chanteur… et autres DJ à la petite notoriété locale.
Quand j’avais 30 ans il m’arrivait de me plaindre du manque d’engagement de celui que j’avais désigné comme l’homme de ma vie, le père de mes futurs enfants, mon nouveau père… Qui passait son temps à me couvrir de cadeaux, de voyages. Mais moi je ne voulais qu’une seule chose ou plutôt plusieurs qui crient, qui pleurent, qui mangent et qui chient.
Quand j’avais 35 ans, il m’arrivait de me plaindre du manque d’attention de ce même homme tous les soirs présent depuis plus de 10 ans. »

Quand j’ai eu 40 ans, il m’arrivait de penser à ces 25 années de vie amoureuse, familiale pleine et intense et j’avais cette sensation bizarre que le meilleur était passé, alors que je n’avais fait que râler.
En 2012, je suis partie de chez moi et un nouveau chapitre s’est ouvert… Depuis vous suivez mes aventures, mes projets, mes amours, mes désamours, la vie de mon double Alabama… Je vais bientôt avoir 47 ans, je n’écris plus en ce moment , j’ai peur de n’avoir plus aucune raison de me plaindre.
C’est peut-être ça être bien, vivre pour soi sans attendre que le Bonheur, l’Amour viennent des autres, de l’autre… Juste avoir envie de partager ses bons moments avec eux, avec vous, avec Lui.

La solitude des gens trop entourés.

Il est 18:08 nous sommes le 1er janvier, j’ai passé ces derniers jours à manger, boire et rire. Je me retrouve seule, plus personne ne partage ces moments de solitude avec moi la plupart du temps. Le faux célibat a beaucoup d’avantages mais quelques inconvénients, on ne peut rien promettre ni projeter avec l’autre, rien n’est prévisible, rien n’est acquis, tout se joue dans l’instant.

Je ne sais plus ce que je veux vraiment, je serais mariée, en couple je voudrais sans doute ce que j’ai maintenant. L’alternative existe-t-elle ? Se contenter de ce qu’on a, envoyer un message sans attendre de réponse, juste ce plaisir égoïste de penser à quelqu’un, de combler ce vide qui est en nous… Toi, Moi, Tous, sans exception, avoir toujours envie d’une autre nuance, celle qu’on a déjà vécue ou celle que l’on fantasme.

J’ai un plaisir simple dans ma tête mais mille mauvaises pensées se battent ces soirs où je doute de tout.

Partir quelques jours, une ville, une île, un village, peu m’importe, juste des visages inconnus autour.

« Il a fallu que je connaisse 

Ce que la vie a de meilleur, 

Quand deux corps jouent de leur bonheur 

Et sans fin s’unissent et renaissent. »

La possibilité d’une île M. Houellebecq

Correspondance imaginaire…

20 décembre 2016

« Me voilà terré depuis des semaines dans cette forêt enchantée. L’épaisse ramure des arbres empêche la lumière d’y pénétrer. À terre, des milliers de limaces trainent lourdement leurs masses informes autour de mes pieds. Alors que le temps s’envole, je fais du surplace. Ironie du sort, leur bile vient pommader la crevasse des mes artères. Mon regard se plonge dans la cécité d’un passé encore intime. Mémoire de ces éclats comme de ces calvaires. 
Les nouvelles se font rare tandis que mon deuil fait le mort. Mais sa légende elle, continuer de se raconter. Plus vulnérable peut-être, mais toujours aussi glamour et mystérieuse. Et puis un matin, c’est le tonnerre gronde au réveil. Elle a rencontré un autre homme. Il aurait son âge et une situation… Autant de détails insignifiants qui en fin de compte pourraient se montrer rassurants. Étrangement, je n’y crois pas un mot. 
Un éclair de lucidité s’empare de moi, pour en avoir le cœur net, je décide de foutre le camp de ce merdier. Il est 22h passée, nous sommes à l’aube de la trêve hivernale. Je guète la fenêtre de sa chambre depuis le trottoir d’en face. Cette nuit là, elle a laissé les rideaux grands ouverts. J’aperçois alors la silhouette virile de son nouvel amant. Sa plastique rappelle celles des statues grecques antiques. La beauté d’un dieu et tout aussi jeune que moi.
L’éphèbe est nu comme un ver, toutefois coiffé d’un masque vénitien. Un oreiller est soigneusement disposé au sol, sur lequel les genoux de l’Aphrodite viennent se planter. La distance est trop importante pour voir en détail, mais l’expression de son visage laisse deviner qu’un sexe vigoureux est profondément enfoui dans sa gorge. 
Tandis qu’elle vit d’un autre que moi, un goût d’acier se dépose sur ma langue. Ce spectacle manigancé et pervers me fait prendre conscience qu’auprès d’elle, j’avais cessé de me questionner. Mon être atteignait des sommets de plénitude. J’ai perdu la gâchette, mais à l’heure qu’il est, j’ai peine à voir que mon soleil s’éteint au fur et à mesure de ces mots qui s’écoulent. Pourtant, je m’obstine à croire que notre romance irrationnelle est destinée sans même qu’elle ne s’écroule. » K 

Entre deux 

12 décembre 2016

Le doute s’installe entre deux moments de certitude, d’un côté je sais qu’il n’est pas fait pour moi, trop tout, de l’autre mon regard est ailleurs et c’est déjà suffisant pour réaliser qu’il était temps de lui dire.

Être entre deux moments, hommes, envies… Être dans cet état incertain, jouer au poker, prendre un risque, lâcher prise sans avoir de point d’assurage. Je peux tout perdre, finir dans le vide et j’aime presque cette sensation de vertige. Je suis curieuse et j’ai peur. Arracher un coeur tout en douceur, caresser l’autre violemment.

Ce début de semaine est d’un calme plat après un week-end sur des montagnes russes. Alors je vous écris des instantanés de vie pour me souvenir plus tard.

La vérité comme la réalité sont ailleurs. Ici ce ne sont que des autoportraits de ressentis.

Quitte moi

11 décembre 2016

@nightydrunkgirls

Je pourrais vous écrire que tout va bien puisque les apparences le prouvent. Je n’ai pas les moyens de me plaindre, il n’y a rien de grave dans ma vie en ce moment. Peut-être quelques futiles contrariétés dues à un ego surdimensionné, pas de quoi écrire un roman.

Et pourtant.

Le sourire n’est que de circonstance, les rires des leurres, il y a quelque chose qui tambourine dans mon cerveau, cette conversation que je dois avoir, cette décision que je dois prendre. Je n’y arrive pas, j’ai peur que ce soit pire après, j’ai peur de le regretter, je suis lâche. Alors je fais ce qu’il y a de détestable, je laisse pourrir la situation, en espérant que l’autre fasse le sale boulot.

La petite robe rouge 

8 novembre 2016

Je portais une robe rouge ce jour là, sans elle peut-être que tu ne m’aurais jamais remarquée.

Sa couleur, symbole de cette liaison passionnelle. Du désir, cette robe est devenue la représentation du dégoût. Celui que l’on ressent une fois qu’il n’y a plus d’amour.
Cette sensation étrange d’être critiquée pour les mêmes raisons pour lesquelles on a été aimée.

Ton mec qui bavait sur ton décolleté en t’attendant des heures en bas de chez ta mère qui trouve tes retards intolérables quand on s’habille si peu.

Ton amie qui était hilare en t’écoutant raconter tes dernières frasques sexuelles qui est offusquée parce que tu es rentrée à 11h du mat.

Tes enfants qui ne te laissaient pas respirer qui prennent la maison pour un hôtel.

Il y a ce sourire bienveillant qui accompagne parfois la critique et ce regard fuyant des gens qui disent des gentillesses. Entre les deux, mon coeur ne balance pas, à choisir je préfère une vérité qui fâche que l’hypocrisie. Il n’y a pas de demi-mesure, par ici, pas de vaseline, ça fera mal. Il paraît qu’il y en a qui aime ça.

Chacun ses goûts, alors évitons de baver sur ceux des autres. La journée est longue quand on se pose trop de questions, encore la preuve qu’on ne change pas avec l’expérience. On encaisse juste un peu mieux,

les coups bas.

Baudelaire’s pillow

1 novembre 2016


« Ce matin, l’oreiller de Baudelaire longe à même le sol, il est raide et poisseux. Un mégot surconsommé pèse encore au bout de mes lèvres, j’ai le geste lent et la pensée en cendre. Cette semaine a duré une saison. Jusqu’à présent, j’étais parvenu à faire abstraction. Sa voix suave décrit l’épaisse fumée de la solitude qui nous enveloppe. J’évite de peu l’asphyxie. Inconcevable d’ignorer que sa folie s’est trouvée être ma seule réalité. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Mon esprit devient une toile sur laquelle un Miró fiévreux vient dépeindre la constellation de nos souvenirs. Son absence à invoqué des démons jaloux et inquiets. Ils incendient notre chef d’oeuvre qui laisse place à une solitude menaçante mais sublime. Car lorsque mes désirs s’évadent, un sentiment apaisé s’empare de moi. À l’heure qu’il est, je ne sais pour quelle raison, j’ose encore espérer, qu’un jour ses baisers me délesteront du noir de mes rêves. » K.

L’homme pansement 

30 octobre 2016

Vers 5h du matin, il ne reste plus que quelques trentenaires au comptoir qui vont rentrer sur la pointe des pieds, des filles avec les yeux dans le vide. Mes amis sont assis sur un canapé au fond du club, la lumière rouge leur donne presque bonne mine. J’ai du mal à me faufiler à travers la masse grouillante des danseurs. Mon Perier a fini sur mes collants, j’ai envie de rentrer, j’ai juste assez de lucidité pour commander un uber, je vais repartir seule. Je n’ai pas réussi à boire assez pour me laisser aller à la facilité, à mettre ma langue dans une bouche trop jeune mais juste assez inexpérimentée pour être excitante . Un seul mot à dire pourtant, un oui pour finir avec ce beau brun.

Il y a le désir qui se nourrit d’échanges et de promesses, il y a l’excitation de la rencontre, un poignet que l’on attrape, un corps que l’on serre cheveux au vent, le danger était de le suivre. Improvisons. Tout cela finit souvent de la même façon, par une décharge de pulsions, et tant pis s’il faut vite oublier pour ne pas trop culpabiliser. 

Se prouver que l’on plait toujours même si c’est à un autre, que tout est possible. C’est souvent le seul rémède.

J’ai mis un beau pansement sur ma plaie. Je suis presque guérie. Ça c’était vendredi.

Samedi, j’ai dansé avec mon ennemi évidemment il est blond.

crossfitepsilon.com

17h.

Il y a cette ambiance pleine de testostérone quand on rentre, les mûrs sont blancs partout des barres, des poids, des anneaux, des liens, passée la première appréhension de la fille qui ne se sent pas à sa place, il y a finalement bien plus de muscles que de douces effluves ici, la féminité n’est qu’une option, pour 9€ j’ai presque des couilles pendant une heure.

Il y a très peu de charge sur ma barre alors au début je me surprends à mater en biais ces corps athlétiques, ces épaules parfaites et même le cul de la prof mais à la fin de l’échauffement déjà, j’étais aveugle et sourde, il ne restait de moi qu’un cœur qui battait trop fort, plus rien n’avait plus d’importance que reprendre mon souffle. Le superbe brun à ma droite était devenu transparent, je n’entendais que des hurlements et des barres retombées sur le sol.

Pourtant au début je n’avais qu’une envie, communiquer en cherchant du regard le moindre sourire, m’intégrer, prête à rire de leur trait d’humour, cette complicité sportive virile caractéristique ponctuant chaque nouvel exercice. Ces mecs sont encore plein de vie et je suis sans doute déjà morte au 5ème box jump.

Je finis ou plutôt je bâcle la fin de la séance, le visage écarlate, je ne ressemble plus à grand chose avec l’espoir de me rattraper sur la plage dans 9 mois. En attendant je sais que demain j’aurai du mal à marcher, je me demande dans quel état va être la fille qui était en face de moi, elle a vraiment bossé elle.

18h30, Je suis hors de tout, réel, virtuel, je pense plus à rien, enfin.

Il est temps de retrouver le sourire, le reste devrait revenir avec.

Les Volutes du manque

23 octobre 2016

The NightyDrunkLovers 

Mes journées et mes nuits sont des enchaînements de vies, je m’épuise sans arriver au but, ne plus penser. Cela va faire une semaine que je regarde deux phrases anodines sans savoir quel sens leur donner. Pourquoi répondre â quelqu’un qui n’attend plus de réponse. Le manque est là, il remplit mes pensées, je tourne ces 7 derniers mois dans tous les sens, en me convaincant que je fais le bon choix, celui de la distance, du silence pansement. Je baigne dans un état qui oscille entre euphorie et pessimisme en fond sonore cette fausse histoire que j’ai aimé vivre sans y croire. Je redoute la suite, ma cigarette se consume sur le bord de la fenêtre, il pleut dehors, j’ai froid, je repense à toute cette complicité partie en fumée comme si tous ces moments n’étaient que le fruit de nos imaginations un peu folles. Je suis jalouse de celles qui vont les vivre à ma place, de son désir ravivé par l’éphémère possibilité de la nouveauté.
Je me noie dans ma sueur au milieu d’une foule jeune et moite, danser à en perdre la raison, rire à en oublier l’heure, la date, le lieu où nous étions ensemble partout dans cette putain de ville qui me fait penser à lui à chaque coin de rue.
Partir quelques jours serait peut être un meilleur placebo.

10:34

13 octobre 2016

Instagram @jasonleeparry

Je ne sais pas trop par quoi commencer, il y a beaucoup à dire sur ces derniers jours. Mes mondes parallèles vont trop vite, la réalité, la famille, les amis, le travail d’un côté, la virtualité, les échanges, les rencontres, la curiosité de l’autre. Et au milieu, il y avait un lien, une complicité, un désir, un plaisir. Il n’y a plus rien depuis quelques jours.

Quand il n’y a pas de couple, il n’y a pas de rupture.

Il y a ce silence, léger au début puis au fil des jours de plus en plus lourd presque bruyant. Je me sens vide, j’ai envie d’en parler mais je n’arrive pas à expliquer, j’ai envie de pleurer mais les larmes noient mon cerveau. Je me sentais lasse de cette distance, après l’âge, les kilomètres n’ont pas arrangé les choses.

À croire que la flamme s’est éteinte d’un simple claquement de porte, d’un revers de la main. Une fausse liberté, un faux couple immergé par une simple goutte d’eau.

J’ai envie de m’approcher du bord à nouveau, ressentir ce souffle, l’ivresse, le vertige. Plonger.

Rose anthracite

9 octobre 2016

Tout allait plutôt trés bien, c’était quelques minutes avant le faux drame, la dispute à 100 mètres du Paradis, comme une fracture de fatigue mais c’est mon cœur s’est fissuré.

Il y a eu la joie de se revoir, l’ivresse, Paris la nuit, les pas rapides, ce petit air vif assorti aux mots, la fuite, Pigalle toute seule, la peur, les retrouvailles, l’apaisement, les rires, la complicité, le sexe entre Zola et Cezanne, les projets et beaucoup de uber, tous ces moments parfaitement dosés qui font que malgré toutes nos différences, 7 mois plus tard, on continue à ne pas y croire, à savoir qu’il n’y a aucun avenir, juste des amoureux de l’éphémère qui se sont trouvés.

Le soleil illuminait son visage dans cette brasserie en face de la gare, je l’écoutais m’expliquer tout ce que je sais déjà. Il me dit sa crainte, de lui de moi, de ce Nous qui n’existe pas. Il me décrit ce qu’il ressent sans savoir que c’est de moi qu’il parle, je suis lui, je suis comme lui, personne ne pourra l’aimer et le comprendre mieux que moi. Ce qu’il aime, ce qu’il craint, je le vis aussi. Je le quitte sur un coup de tête, il me quitte sur une parole malheureuse, nous nous retrouvons sur des malentendus.

Il est tard, le tgv va rentrer en gare, j’ai ce goût de sauce aigre-douce à la bouche d’un week-end passé trop vite. J’ai cette sensation que c’était notre dernière fois comme depuis le début.

Ce soir je suis lasse de ces éternelles fins.

Comme un dimanche soir

2 octobre 2016

Instagram @alabama_duel

Il est 19h59, tu manges deux tranches de jambon, tu vas fumer la dernière clope que tu avais posée parce que tu savais que ton paquet serait vide et le tabac fermé, tu viens d’envoyer un message à un ami qui a la peau douce, sans attendre de réponse. C’est dimanche soir. Ce soir qui ressemble à un premier janvier aux bonnes résolutions veines.

C’est peut-être dans ces moments là où il nous reste une once d’envie d’être à nouveau deux, de se blottir contre l’autre sur le canapé pour regarder une série en savourant cette tisane et ce bout de chocolat déposé sur la table basse. On a tous ces petits rituels, des décalcomanies qu’on reproduit à quelques détails près. Avec moi c’était un bout de chocolat et une pipe peut être qu’avec lui ce sera une galette et une sodomie. Je ne veux pas savoir. Il vaut mieux ne pas savoir, il vaut mieux tout effacer, tout couper, se protéger. Pas pour se protéger de l’autre, juste de soi, de cette envie qu’on a de lui dire des horreurs, de le mitrailler de messages, de partir en pleine nuit pour planter comme un con devant sa porte.

Pour éviter tout ça, tout se ridicule qu’on réalise bien trop tard quand on rencontre le nouveau et qu’on passe enfin à autre chose.

Je ne sais pas vous mais moi le dimanche soir je suis comme tout le monde. Alors j’écris faute de pouvoir jouer à la kiné. Comprends qui sait.

Bonne nuit chéri.

© Marsatac 

Un soir tard, comme beaucoup d’entre nous, j’échange avec plus qu’un ami d’infortune des musiques, c’est la drague 2.0. Je clique sur la vidéo d’Odezenne, un groupe que je connaissais à peine. Apparaît en lettres phosphorescentes un JE VEUX TE BAISER… Un message qui a le mérite d’être clair. Intriguée par les paroles crues en total contraste avec un clip qui relate l’amour pur d’adolescents durant une soirée un peu folle, il fallait que j’en sache un peu plus. Je me retrouve donc au bar pro de Marsatac, vendredi dernier, j’ai le trac, je vais interviewer dans moins d’une heure ces trois trentenaires aux allures d’éternels adolescents pour le site Les Marseillaises.

Odezenne c’est 3 personnalités, 3 amis d’enfance qui en sont déjà à 4 albums, une douzaine de clips et de nombreuses heures sur scène où ils sont intenables. Je reviens de la Cartonnerie, transpirante, essoufflée. Ces mecs dégagent une énergie folle et au début j’étais stressée pour eux ils ont eu la lourde responsabilité d’ouvrir Marsatac. 
La meute des chiens et des loups était présente dés 21h30 tous crocs dehors pour recevoir Alix avec son mini Bob rouge, Jaco méconnaissable sans son bonnet, sans barbe, sans ses cheveux longs à la Serpico et enfin Mattia tout en finesse, tout trois totalement survoltés sur scène. Un concert attendu, un public qui connaissait leur répertoire, chantant en cœur « je veux ton cul, ton cul, ton cul… ». Mais Odezenne ce n’est pas que quelques titres provocateurs, sexuels et des rimes drôles, c’est aussi un univers très noir, engagé et parfois même désabusé qui peut parler du refus de la paternité comme dans « bouche à lèvres » qui passent des mots doux aux mots troubles dans « souffle le vent » ou « un corps à prendre ». Totalement conquise par ces garçons au charme rugueux, de vrais oxymores à la sensibilité à vif. Quand on sort d’un concert d’Odezenne, c’est comme après une bonne baise, avec du tendre, du dur et même un peu de hardcore, la fin comme une éjaculation de mots, de cris et de lumière. Merci les gars, c’était très bon.
Et mon interview bien moins intense que ce que j’ai vécu dans la fosse. J’ai fait l’impasse, j’avais qu’envie fumer une cigarette et m’endormir près de vous.

L’insoutenable beauté 

19 septembre 2016

Les rencontres d’Arles – Dominic Nahr 

Je suis rentrée dans la première salle d’exposition, au hasard, le cœur léger, le sourire aux lèvres et le corps encore chaud. Une petite salle vétuste, les murs recouverts des traces d’hivers humides et d’étés caniculaires, les murs d’une vieille bâtisse arlésienne.

La photo était en face de moi, immense ou sur un tout petit bout de mur, je ne sais plus, je ne voyais plus rien d’autre sans pouvoir la regarder, j’ai détourné instantanément mes yeux qui se remplissaient de larmes. Jamais une photo ne m’a fait un tel effet, la mort, la puanteur, l’atroce, ce qu’il restait d’un homme flottant dans l’eau symbolisant toute l’horreur de la guerre.  J’étais tétanisée, comme une enfant qui n’arrive pas à regarder un film d’horreur et qui a tellement envie de se rapprocher pour voir de plus près tous les détails de ce corps en décomposition. Je n’ai pas pu, même pas le prendre en photo comme je l’ai fait pour toutes les autres, les heures qui ont suivi.

Les gens passaient sans vraiment voir ce cadavre si réel, magnifique puis quelques mètres plus loin ils riaient sur les photos de saucisses en guise de nez. Un parcours, comme des montagnes russes.

J’ai continué ma visite avec ce goût de la mort sans jamais trouver aussi fort même si certaines œuvres étaient aussi belles.

Eaux troubles 

16 septembre 2016

Instagram @paris_obsessions

Je le croise souvent le soir assez tard.

Il a ce sourire en coin des hommes qui sont habitués à être l’objet de toutes les attentions pas que féminines.

Il est peut être 22h il plante son regard noir dans le mien et avec un ton anodin balance un « j’ai envie baiser sans avoir envie d’attendre ! ».

Cette exclamation ne me concerne pas, nous le savons. Je dois faire partie de ces femmes à qui l’on parle comme à un copain de chambré.

Autour de moi, les liaisons n’ont plus rien de cohérent, les célibataires sont fidèles, les femmes mariées ont compris qu’il valait mieux avoir un coup d’avance et on trouve presque plus facilement l’Amour sur Tinder.

Ce soir je dîne chez des recomposés, plus frais qu’un jeune couple à qui tout souri. Je me rappelle ces périodes de doutes où je l’écoutais des heures entre désespoir et certitude, chaque jour la situation basculait d’un côté puis de l’autre. Les retrouvailles, les projections, l’envie si grande d’être ensemble juste pouvoir se balader dans la rue normalement, le lendemain, les pleurs sans véritable raison, juste un mot qui fait déborder toute cette frustration. Imaginer l’autre dans ses bras à lui, l’imaginer elle, libre entourée des autres. Un long métrage dans une seule journée.

En attendant je vis ma fausse idylle sans avenir comme si le futur nous appartenait.

Dimanche Arles.

Ce qu’il y a de bien quand on ne se voit jamais c’est qu’on a très envie de baiser.

Il paraît qu’il va pleuvoir, j’espère que la piscine de l’hôtel sera au moins photogénique.

 

Plaisir coupable

28 août 2016

Instagram @regards_coupables

Écrire pour ne pas commettre l’irréparable.

L’envie d’évacuer ce trop plein d’émotions, de sensations, jamais du bien-être, toujours quelque chose d’oppressant.

Il n’y a pas un bruit autour de moi, le vacarme de la solitude d’un dimanche soir à la fin de l’été, seule dans cet appartement fait pour la vie à plusieurs. Tout est rangé, les appareils ménagers vidés, les tabourets de la cuisine alignés, mon sac à l’entrée, les clés sur le comptoir, un peu de monnaie, rien ne traîne. Je suis une vieille fille qui ne l’a jamais été. L’écran noir de la télé me fait face, j’y vois mon reflet, ce petit visage fatigué d’un week-end remplit de rires, mes vêtements dans la panière sentent le tabac, mes cheveux sont encore humides, je fume la cigarette rescapée que j’avais laissée sur la cheminée vendredi en sachant que je la trouverais vers 20h30 pour la fumer avec toi. Inhaler et t’entendre me raconter tes projets aurait été plaisant durant cette minute, je n’aime pas fumer seule.

Je t’imagine tel que tu te décris dans ton dernier message, pédalant dans les rues parisiennes pour rentrer vite avant qu’il ne fasse trop sombre. Je passe mon temps à penser à ce que tu dois faire comme pour le vivre un peu près de toi. J’ai ces pensées coupables qui extrapolent. Mon ennuie a beaucoup trop d’imagination.

Je cherche des destinations, des hôtels faits pour nos ébats et nos débats, nos retrouvailles comme d’éternelles fiançailles. Rien de concret, pas de long terme, pas d’union, l’amour du début sans fin ni fond.
Tu tournes en rond dans mon cerveau et c’est tellement bon cette sensation. Je ne sais pas comment font ceux qui ne pensent jamais à l’autre qui ne réfléchissent pas sans cesse comment le retrouver et le surprendre.
Le plaisir est tellement plus fort quand il se lit dans les yeux de l’être tant désiré.

La douleur innocente de la frustration pour quelques minutes d’un plaisir coupable.

Je vis pleinement le manque. 

Indécente pudeur

25 août 2016

Photographe Cass Bird 

Il suffit parfois d’un espace aussi large qu’un fil pour passer de la pudeur à l’impudeur, de l’érotisme à la pornographie, d’un extrême à l’autre.

Je mesure 1m68, je pèse 55kg, je chausse du 38, je suis châtain, mes yeux sont noisettes… Je suis une française mélangée ordinaire, née à Marseille parce que ma mère d’origine bretonne n’a pas voulu accoucher sur l’île où est né mon père Corse. J’ai une Soeur plus jeune et une demie-sœur colombienne. J’ai été en couple 15 ans avec le père de mes enfants, un garçon de 15 ans et une fille de bientôt 12… Ce que je viens d’écrire est pour moi plus précieux que les 700 textes que j’ai écrit ici. Je suis une femme moyenne avec un goût prononcé pour la provocation, à la fois exhibitionniste et extrêmement pudique, paradoxale comme beaucoup d’entre nous.

Je suis en admiration depuis plusieurs jours devant cette photo que je trouve à la fois très belle et dérangeante. Ce corps fin limite androgyne qui tient du bout des doigts un symbole à la fois concret et abstrait de la féminité, de l’intime. Il y a sans doute plusieurs messages, interprétations ou juste une simple provocation de l’artiste.

Il fallait que je partage avec vous cette image, j’y ai trouvé le symbol de ce que je ressens quand j’écris. Les mots me permettent de me livrer tout en gardant pour moi la vérité. Je navigue entre pudeur et impudeur, entre réalité et fiction ou l’inverse.

Seul le plaisir compte et j’espère le vôtre.


Les messages en pleine nuit, cela pourrait nous réjouir le matin au réveil. Cela pourrait. La preuve que les vacances sont bel et bien terminées, on dort profondément quand l’écran de notre téléphone s’allume. 

Des reliquats d’un temps où on les attendait ces invitations nocturnes, le plaisir de l’instant se concrétisait entre 2 et 3 heures du matin, le 5 à 7 des célibataires. Une pulsion entendue entre personnes bien sous tout rapports, quasi inoffensives presque insoupçonnables. 

C’était il y a un an et quelques jours, il a débarqué, fidèle à son apparence trompeuse, le sourire carnassier, la tenue et le bronzage parfaits. Trop beau pour être vrai. Une sorte de mirage en plein désert affectif, deux solitudes après des vacances post rupture. Nous nous sommes assis au pied du lit sur des coussins devenus rochers polis par les vagues. Plus aucune notion du temps, pas un bruit, juste nos chuchotements sans véritable raison, la situation interdite qui ne trompe personne. Nous savions tous les deux pourquoi il était là, on faisait juste durer la conversation comme on monte l’escalier pour prolonger le désir. Quand il s’est assis en face de moi dans la baignoire, il était un autre, plus grand, encore plus beau. Baiser comme deux amis, un jeu de rôle.

Il est reparti avant que le jour ne se lève. C’est une version, il y en a eu d’autres.

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