Itinéraire amoureux
2 avril 2012
Recevoir un message, regarder son téléphone plusieurs minutes, écrire une réponse, l’effacer. Voilà ce que nous sommes capables de faire, peut-être parce que ce message nous ne l’attendions pas ou plus. Il n’y a finalement pas de secret, il suffit de se dire que cette position d’attente n’est pas ce que nous désirons. Pourquoi persister et chercher la difficulté, le dédain, se faire malmener l’amour propre. Pourquoi être triste, inquiet pour quelqu’un qui se trouve toujours des excuses imbuvables.
Ce n’est jamais simple tant que ce n’est pas authentique, l’amour ne se pose pas toutes ces questions, ne manipule ni ne manigance, ne calcule rien, il se vit sans réfléchir. Je suis bien, j’ai envie de te voir, je t’appelle, je te réponds… On s’aime.
Il y a 22 ans, je fête mes 20 ans, nous sommes sur une petite barque de pêcheur amarrée à la Baie des Singes.
Il y a 17 ans, je fête mes 25 ans, nous sommes au Bal à Saint Tropez.
Il y a 15 ans, je fête mes 27 ans, nous sommes dans un vieux garage à bateaux au Bain des Dames.
A ces trois moments de ma vie, je n’avais aucun doute, j’étais amoureuse.
Dans moins de deux mois, je vais fêter mes 42 ans.
"Souvent femme varie bien fol qui s’y fie"
26 mars 2012
Crying doesn’ t solve anything
Avant je fumais.
Avant une de mes obsessions était "quand est-ce que j’ai un déplacement sur Paris", c’était ma bouffée d’oxygène, mon bol d’air, ma soupape. 24 voire 48 h pour moi, une fois la corvée professionnelle terminée. Aller faire les boutiques, boire un verre, dîner, rencontrer de nouvelles personnes, avoir des surprises, en faire. C’était bien, j’en avais envie, j’en avais besoin. Dans quelques jours, je dois repartir pour un énième déplacement et ça me donne le cafard.
Maintenant que je suis libre, l’envie de refumer m’est passée et avec elle ce besoin de brûler mes ailes.
J’envisage de faire l’aller retour dans la journée. Totalement impensable, il y a à peine quelques semaines.
Je rentre, je fais du sport, je prépare le dîner en souriant, je prends même du plaisir à faire les devoirs avec mes enfants.
Il manquerait plus que j’apprécie la sodomie et je serais devenue… véritablement une autre.
Je lis "Les femmes et l’amour" en ce moment… Ce blog risque de mal tourner.
La tête à l’envers, rien n’est clair
21 mars 2012
Il existe des hommes qui ne comprennent rien aux femmes, ils font tout de travers et d’autres pour lesquels on se demande encore pourquoi ils attirent autant.
Il y a ceux qui déballent trop vite, sentiments, compliments, cadeaux… Jusqu’à l’étouffement et parfois même le dégoût du trop. Il y a ceux qui n’osent rien, pas par manque d’envie juste d’un minimum de confiance ou d’audace. Il y a ceux qui font ni trop ni pas assez mais qui sont tout de même transparents, inexistants, fades même si leur beauté pourrait les sauver. Il y a ceux qui ont tout pour les autres mais dont on ne voudra jamais.
En vous détaillant cette liste, totalement subjective, je pense à ceux qui ont croisé mon chemin ou celui de mes amies. Les uns me plaisaient mais pas à elles et vice versa, accumulant défauts et qualités. L’attirance et ses lois sont finalement sans rapport avec le savoir-faire amoureux, le physique, la situation, l’humour et bien d’autres choses. Même un homme qui ne comprend rien aux femmes qui fait tout de travers en bien ou mal, consciemment ou non, peut être aimé et bien plus que celui qui le mérite. c’est ainsi, l’Amour est totalement aveugle.
Hier je te lèche la joue sans raison. Aujourd’hui j’attends une réponse à mes questions. Demain je peux être indifférente.
Tout aussi inexplicables les raisons du désamour sont tapies dans l’ombre.
Solitude en amateur
17 mars 2012
Parce que je n’utilise ma raison que pour mes deux rôles principaux, au lieu de passer ma soirée sur Cdiscount pour trouver un lave-vaisselle, hier soir je cherchais des maillots de bain pour Calvi On The Rocks. Comme la majorité des femmes, je suis multi-tâches, j’ai simplement une grosse préférence pour les choses superficielles.
Les Blondes parfaites et moi
15 mars 2012
Photographe Laurence Von Thomas
Finalement je n’ai pas été une bonne fille, ni une bonne amie, pas même une bonne maman et encore moins une bonne épouse.
Je suis le Calimero des blondes à forte poitrine.
Sur les photos, on voit une belle jeune femme, c’est l’été, elle est bronzée, souriante. Ma curiosité me pousse à tout regarder, on y voit ses vacances, ses enfants, son mari, sa vie qui ressemble à la mienne, avant, celle que j’aurais pu afficher sur l’album d’un réseau social quelconque. Les sourires, les glaces qui coulent sur les tee-shirts, les repas entre amis à visages découverts, les vacances au ski et l’été en Espagne, en Corse. Cette femme heureuse, ça pourrait être moi. Les paramètres, les ingrédients, les données, appelez ça comme vous voulez, sont les mêmes. La seule chose de ratée dans ce casting parfait, c’est moi ou plutôt c’était moi.
J’ai déjeuné avec l’homme qui m’a supportée 15 ans ce midi, un tête-à tête d’un père et d’une mère qui essaient de prendre soin de leurs enfants, qui décident ensemble des décisions importantes. Entre nous il reste l’affection et l’amour pour eux. J’avais envie de pleurer quand la médecin nous a dit qu’elle était contente de nous voir réunis à ce rendez-vous.
Durant le déjeuner, je le regardais et je repensais à ces matins où je venais de rentrer complètement ivre d’une jeunesse qui ne reviendra pas. Ces matins, enfouie sous la couette, honteuse, malheureuse, effrontée, en totale opposition contre un homme qui ne voulait que mon bien. Je repensais à tout ça et j’ai eu envie de lui demander pardon.
Je n’ai rien dit, j’ai souri et j’ai essayé de ne pas mettre mon coude sur la table. Il déteste ça.
Peut-être qu’un jour, il sera fier de moi. Ou juste heureux, loin de moi. Ce serait déjà merveilleux.
La fragilité des apparences
5 mars 2012
Les gens heureux n’ont finalement pas grand chose à raconter, je ne suis pas une exception.
Le goût d’ici à maintenant la saveur d’ailleurs, je vis l’imparfait ce que j’avais imaginé, fantasmé, rêvé les dernières années de ma vie de famille parfaite. Je voulais être libre, je le suis, je peux même me permettre de me plaindre ou d’être malheureuse, on pourrait finir par me croire. Mes posts se raréfient, après des années à noicir un quotidien, j’en oubliais presque de le vivre, enfermée dans cette chambre comme si j’avais 14 ans. La lâcheté d’une femme qui ne prenait plus ses responsabilités qui attendait que l’autre décide à sa place. Je suis toujours surprise, à quelques exceptions très vite oubliées, de la bienveillance des hommes à mon égard. Ils me voient peut-être fragile comme tous ces colliers colorés que j’aime accumuler autour de mon cou.
J’ai fermé tous mes sens aux tentations, supprimé numéro de téléphone et autres liens invisibles. Restent que ceux qui ont mon affection et mon amour. Éliminer le superflu, se consacrer aux essentiels ma chair et mes amis.
Ils seront là vendredi autour de moi et quelques sandwichs club, cocktails secrets et sucettes au coco nutella glacées. Je fête ma nouvelle vie sans celui qui en sera toujours l’homme.
C’est ainsi. Heureux séparés pour ne jamais finir par se détester. Heureux cachés pour continuer à s’aimer. Ne jamais atteindre le plaisir pour garder le désir. Toute cette expérience amoureuse qui devrait nous apprendre, nous protéger. Et sans cesse nous retombons en amour. Et sans cesse nous espérons le rencontrer.
Le mien arborera peut-être un tee-shirt bleu assorti à ses yeux.
Une blonde n’en cache pas toujours une autre
1 mars 2012
J’ai cassé mon luminaire fait de néons et je m’en fous.
Déjà plusieurs semaines que je vis seule la moitié du temps. J’alterne toujours entre deux panoplies mais maintenant c’est officiel. Je n’ai pas grand chose à en dire si ce n’est que je me sens bien à temps complet. C’est étrange, ma vie au quotidien est plus difficile mais j’ai cette sensation de plénitude même si chaque soir je dois me souvenir de l’endroit où j’ai garé ma voiture. J’étais à peine contrariée, ce mardi matin en allant la chercher à la fourrière. J’ai ce sourire niais, une cheville foulée, un compte à découvert et la vaisselle à faire tous les soirs. Je me sens bien et j’ai toujours mauvais caractère.
L’appartement a été silencieux un peu plus tard, vacances scolaires obligent. Je suis maintenant toute seule à boire une tisane au thym alors qu’on m’imagine sans doute à profiter différemment de ce nouvel appartement et de toutes ces soirées à l’autorisation nocturne illimitée. Tout ça existe mais la vérité est ailleurs et je la vis.
Je suis devenue Daisy et j’adore ça.
Le ciel azuré vire au mauve
24 février 2012
Monika Traikov sur Rastignac Blog
Ils sont de ceux se levant un matin et qui, en 2 secondes, trouvent une raison de fuir le bonheur alors qu’il n’y a que des raisons de rester.
Ils sont de ceux qui rient en pleurant et qui pleurent en riant. Ils sont de ceux auxquels on ne peut se fier, non qu’ils trompent plus que les autres, juste ceux qui se font d’abord beaucoup plus de mal, tout seul.
Il y a cette situation où ils poussent l’autre contre un mur en plaquant leur torse contre celui de l’être aimé. Un plaisir intense. Puis ils se retournent brusquement et se mettent à courir, à fuir sans prétexte. Ils réalisent à quelques métres, il est trop tard, le mal est fait.
"Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve. Que le ciel azuré ne vire au mauve. Penser ou passer à autre chose. Vaudrait mieux."
Dream
22 février 2012
Mon corps semble, au-delà de l’excitation, l’apaiser. Mes formes, ma gestuelle, ma peau… Je ne sais pas trop, peut-être un mélange de notes maternelles. Je reste allongée, décoiffée, le corps encore chaud et humide, silencieuse j’écoute son passé, ses projets, sa faim et ses compliments. Je me sens bien, sereine même s’ il n’y a pas vraiment d’avenir entre nous. La construction, la stabilité, toutes ses choses que je désirais tant il y a quelques années, je les ai eues, j’en ai usées et abusées. Tout cela ne me motive plus. Je rêve d’insouciance, de cheveux au vent sur une Vespa dans les rues de Rome, de longues promenades à Central Park, de déjeuners au bord de l’eau sous les tamaris et de dîners arrosés au Fiumicicoli. Tout ça ne durera peut-être que quelques semaines au mieux des mois.
Je veux des bonheurs à durée limitée, avec un homme qui me dit sans cesse que je suis belle même si c’est sans lendemain.
Chacun la sienne et les salopes seront bien gardées
9 février 2012
C’est étrange cette capacité qu’a l’homme à mettre les femmes dans des cases, dans tous les sens du terme.
Il y a la jeune fille pure qu’il coince après une boom et qui le sucera consciencieusement quelques années collège. Puis la jeune étudiante au sourire angélique qui est saoule dès qu’elle a bu deux tequilas rapido, celle-là, il la présente à ses parents. Un peu plus tard, la stagiaire ou la jeune recrue fraîchement diplômée et ses petites joues toutes roses, il a envie de lui faire un bébé. Vers la trentaine, il a bien profité, il regarde l’amie de sa soeur, celle qui est assise qui parle doucement et qui n’a pas eu trop d’amants. Ça c’est la case, filles biens.
Il y a la petite brune qui répond effrontément au prof d’anglais, celle qui bastonne les garçons qui porte des doc Martens. La fille qui arrive les cheveux en pétard dans l’amphi qui sent encore la vodka de la soirée infirmières de la veille. Face au patron, assise les jambes et le décolleté incendiaire, cette jeune femme très sexy mais sans doute un peu conne, celle qui ne peut que coucher pour réussir. Puis il y a la Milf, la Cougar, la Piranha… j’en passe et des bonnes pires. Ça c’est la case, mauvaises filles.
Si tu savais comme les apparences sont trompeuses, si tu savais ce qu’est capable de faire à ton meilleur ami ta soi-disant "fille bien" et a contrario tout le bonheur que pourrait te donner une "mauvaise fille".
"Il faut toujours donner sa chance au produit" une inconnue ivre vers 4h, 24 Quai de Rive-Neuve.
Rebotini pur beurre
7 février 2012
Enfermée deux jours avec des joueurs de Wii démoniaques dans mon nouvel appartement, voilà mon week-end.
La nuit tombée, des amies bienveillantes venaient me sortir de cette ambiance enfantine et nos discussions me ramenaient rapidement à la dure réalité de la vie des adultes médisants, jaloux et cruels.
Avant quand on jugeait ma personnalité ou ma façon de vivre, je rétorquais effrontément que j’étais en couple depuis 15 ans que j’avais deux enfants, du boulot, une baraque et que je n’avais de leçons à recevoir de personne. Surtout de ceux qui n’étaient pas dans la même situation. Maintenant quand on me renvoie à la figure mes défauts et mon comportement, j’ai évidemment encore un peu de repartie mais je sens bien au fond de moi que cette femme fière et sûre d’elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. J’avoue, je me sens faible, vulnérable… Un peu perdue.
J’étais seule hier soir, je suis rentrée vers 18h, j’ai pris une douche, mangé un quignon de pain qui restait et un mini morceau de Comté. J’étais au lit à 20h sans tv, sans enfants, sans mari, sans amis, sans amant et j’ai pleuré.
Samedi soir, il y avait une soirée à laquelle j’aurais sûrement été si j’étais encore en couple. Je serais rentrée ivre et j’aurais mis deux jours à m’en remettre. Au lieu de ce forever young pathétique que je reprendrai bien assez tôt, je me suis couchée un peu après minuit après avoir fait des pâtes à la vodka pour mes jolies invitées.
Arnaud Rebotini n’a pas fait le poids face aux sablés au beurre des soeurs Yakuza.
Ce que veulent les moches
1 février 2012
Photographe Alison Brady
Ce que je veux entendre, ce que les femmes comme moi aiment entendre, c’est : "Ce que tu es belle ! Tu me rends dingue !"
Voilà ce n’est pas bien compliqué ! Je ne suis pas compliquée !
Ni "Je t’aime" ni "Tu es intelligente" ni "Tu es brillante" ni "tu es gentille" ni "tu es drôle" ni "tes cannelloni brocciu menthe sont délicieux" non juste cette phrase même si ce n’est pas vrai, même si c’est juste pour me chopper quelques heures, quelques semaines, ne me prendre qu’en levrette ou un coussin sur la tête.
Je me sens très belle en ce moment.
Rencontre sérendipiteuse
30 janvier 2012
Artiste Leif Podhajsky - Mountain
Ce week-end n’a été qu’une succession de quiproquos, d’imprévus, de circonstances malheureuses pour aboutir au final à 48h de pur bonheur. De ces rencontres étranges qui commencent sur un malentendu il y a quelques semaines puis de concours de circonstances improbables en fusion de disponibilités, au final de l’ happenstance servi avec un plateau de coquillages un dimanche après-midi. Un concentré de moments heureux, sereins et surtout inattendus. J’en ai presque culpabisé quand mes enfants sont rentrés dimanche soir. Et puis non, je me suis assise sur le tapis de leur chambre et j’étais encore plus heureuse d’être avec eux. Cette nouvelle situation sociale n’est pas honteuse surtout si au final je ne la regrette pas.
Cette année, je ne partirai donc pas skier en famille en Italie.
Cette année, j’ai 20 ans et j’improvise.
New-York, Palm Springs… Mon lit
27 janvier 2012
Sunrise at Ace Hotel Palm Springs, by Jordan Iverson
Il est presque 7h, je reçois des nouvelles du bout du monde comme je regarde un épisode d’une série américaine, scotchée dans mon lit, je m’imagine dans ces endroits baignés de lumière rose. Petits messages laconiques pour me dire que tout va bien qu’il fait beau que le mobilier de l’hôtel me plairait. C’est un peu Taylor qui envoie des sms à Amber, il est 22h sous le soleil d’Hidden Palms.
Ici les choses se passent, bizarrement, les sollicitations de la femme mariée se sont brusquement arrêtées comme si une réelle rencontre soit beaucoup plus difficile à assumer que des messages prometteurs. Ça ne m’étonne pas, à croire que l’on ressent mon besoin de savourer le calme de mon nouvel appartement.
Je continue de poster mes nouvelles acquisitions sur Instagram, avant c’étaient des soirées, des dessous, des robes ou des bijoux. Maintenant ce sont des luminaires.
Certains doivent regretter l’ennui exhibitionniste de Madame Bovary 2.0.
Caprice d’indépendance
25 janvier 2012
Photographe Lukasz Wierzbowski
Il aura donc fallu que j’ai le droit de tout faire pour ne plus en avoir envie.
Être d’une banale connerie jusqu’au bout. Mes échanges virtuels deviennent quasi inexistants, ma présence sur les réseaux sociaux s’étiole, je suis très peu sortie, je bois plus de jus de fruits frais que de vodka Get… Maintenant que je vis seule, je me rapproche dangereusement de l’attitude d’une adulte responsable. C’est désespérant comme je suis prévisible.
Mon ex-mari m’imagine sans doute en petite tenue entourée de bellâtres, buvant du champagne. J’ai la tête de celle et le sourire qui va avec, laissant penser que c’est peut-être le cas. Il ne faudrait pas qu’il me voie buvant ma tisane au thym, les yeux pleins de larmes, rageant devant mes radiateurs improgrammables. Il ne faut surtout pas.
J’ai une réputation sulfureuse à tenir. Il ne me reste donc plus qu’à faire croire que j’ai fait le bon choix.
Je vais m’acheter des porte-jarretelles.
Bonheur passé
19 janvier 2012
Tristesse contemporaine – I didn’t know (Dirty Pschent)
Tu crois que tu vas bien parce que tu le dis ? Tu crois que vous vous aimez parce que vous ne vous disputez pas ? Tu crois que tu peux oublier parce que tu as tout effacé ? Tu crois que la fuite est une solution ? Pour toi ? Egoïstement surement.
Elle t’a couru après dans cette petite rue sombre, l’envie à peine couverte, elle avait froid. Tremblante, elle s’est approchée, ses lèvres étaient glacées sous ses cheveux couleur de jais, un peu emmêlés. J’avais, 20 ans et je vous observais, ce baiser a duré des heures, des années, il est toujours dans mes souvenirs pleins de rancœur. Je t’aimais, je l’aimais, pour être près de toi, pour être entre vous, pour exister.
Je suis si triste. Cette chanson a remué la vase de ces souvenirs quasi estompés. Une musique, un refrain, une odeur, une couleur, une photo, quelques mots, ton silence, le moindre détail et je pense à ces mois où tu ne voulais être qu’en moi.
Aujourd’hui, je ne suis qu’une tristesse contemporaine pleine de regret de ce bonheur passé. Tu ne reviendras pas. C’est ton choix.
Complaintes amoureuses
18 janvier 2012
Photographe Frederike Helwig
Quand j’avais 15 ans, il m’arrivait de me plaindre du manque d’attention de mes petits copains, plus préoccupés par leur KTM que par mes petites fesses.
Quand j’avais 20 ans, il m’arrivait de me plaindre de la jalousie de mon premier amoureux qui m’empêchait de porter des tenues sexy et qui m’a remplacée par la barwoman toujours à moitié à poil d’un Club minable.
Quand j’avais 25 ans, il m’arrivait de me demander si un jour j’allais enfin rencontrer un homme stable alors que je passais mon temps à minauder devant serveur, chanteur… et autres DJ à la petite notoriété régionale.
Quand j’avais 30 ans il m’arrivait de me plaindre du manque d’engagement de celui que j’avais désigné comme l’homme de ma vie, le père de mes enfants, mon nouveau père… Qui passait son temps à me couvrir de cadeaux, de voyages. Mais moi je ne voulais qu’une seule chose ou plutôt plusieurs qui crient, qui pleurent, qui mangent et qui chient.
Quand j’avais 35 ans, il m’arrivait de me plaindre du manque d’attention de ce même homme tous les soirs présent depuis plus de 10 ans.
Depuis que j’ai 40 ans, il m’arrive de penser à ces 20 années de vie amoureuse, familiale pleine et intense.
Dans quelques jours, je vais partir de chez moi, un nouveau chapitre s’ouvre.
Et j’ai cette sensation bizarre que le meilleur est passé, alors que je n’ai fait que râler.
J’ai peur de n’avoir plus aucune raison de me plaindre…
Les salop(e)s au coeur d’artichaut
17 janvier 2012
Photographe Manon Von Der Zwaal
Il veut te voir très souvent, il te parle déjà d’un week-end dans une capitale européenne, il te présente à ses amis, il t’a même offert un joli bracelet, tu reçois des mots doux dès qu’il se lève, il te donne des petits surnoms mignons, il n’a que des compliments… Puis un jour sans véritable raison au mieux il te téléphone pour te dire qu’il s’est remis avec son ex ou au pire il ne répond même plus à tes messages.
Des récits comme celui-la, nous en avons tous entendu des centaines, des hommes et des femmes complètement désemparés de se retrouver du jour au lendemain devant une personne différente de celle qu’il avait quittée la veille après une bon dîner ou une bonne baise, un joli voyage ou une courte escapade. Qu’est qui a bien pu se passer pour un changement d’attitude aussi radical ?! On n’a beau se triturer le cerveau, on ne comprend pas. Cette fois pourtant, on ne s’était pas emballée, on n’avait pas mis la pression, on n’a été royal, on était parfaitement épilée… Mais pourquoi il ou elle a changé d’avis si brusquement ?! Il peut y avoir plusieurs raisons, parfois même des sincères, un proche mourant, une maladie fulgurante, la fin du monde… Mais la plupart du temps ce ne sont que de banals "mythomanes amoureux", les spécialistes du Space Mountain sentimental. Avec eux, ça part à 400, tu n’as pas le temps de dire "peut-être" qu’ils sont déjà à Rome pour les plus "saint-d’esprit", devant l’autel pour les plus barjots.
Il n’y a pas de précautions à prendre ou de recettes miracles pour les éviter…
Nous en sommes tous là un jour, une fois victime ou le lendemain bourreau, héros d’un John Gray et autres Beigbeder.
Petits meurtres entre inconnus
16 janvier 2012
Photographe Clément Jolin
Premier samedi, première invitation officiellement célibataire toujours un peu dépendante.
Il y a dans ce bel appartement, une quinzaine de personnes se connaissant ou s’appréciant quelques heures autour de notre hôte, le dénominateur commun de ces jeunes adultes sociables et responsables tout du moins la première heure. Le style des invités est assez décontracté, ici pas de tenues ostentatoires, clinquantes. Tout est simple et de bon goût, seule la petite touche sudiste des intonations pourrait faire comprendre que nous ne sommes pas à Paris. Je détonnais avec mon haut trop vert, jusqu’à ce moment entendu où l’on sort le mixeur où les mélanges font basculer l’ambiance, où chacun se désinhibe, où les jeunes filles aux chignons romantiques, toutes de Sessùn vêtues, ondulent comme des lap danseuses en mixant des vinyles introuvables.
Un peu à l’écart, assises sur le canapé, scotchées devant un énième épisode d’un Saw 3D aussi minable que les autres, sans le son ça passe encore, il y a deux potiches. Ma jeune et jolie amie et moi. Les autres doivent se demander, ou même pas, ce que ce bi-nôme improbable fait là. Nous n’avons rien en commun ni avec eux ni toutes les deux.
Au milieu de tout ça, il y a des regards qui se croisent et des complicités secrètes, comme un baiser volé à la sortie d’un café, il y a des talons trop hauts et un jeans trop serré pour plaire en ce faisant passer pour une autre. Les années collèges, c’était samedi soir à cette soirée qui aurait sans doute pu se terminer comme la première, sur ce canapé à m’endormir comme une adolescente qui a fumé son premier tarpé.
Je suis rentrée vers trois heures, après m’être échappée pour voir ce concert trop court, fraîche et mal coiffée. Je continue à vivre dans notre maison alors mes sorties nocturnes sont toujours limitées.
Je joue encore un peu à Cendrillon qui a très envie de se choper Boucle d’or.
It is what it is
15 janvier 2012
La mauvaise nouvelle est arrivée par sms à 10h46 vendredi… ce "on est recalé" m’a vexée.
Evidemment en bonne caractérielle, susceptible et autres qualités, j’ai désactivé ce blog, maudit Canal Plus et son putain de bon projet trilogie . Et puis le week-end est passé, les amis ont trouvé les mots.
En attendant le Divin connard a écrit et ça m’a donné envie de reprendre.
Demain je vous raconte ma soirée SAW.



















