Orange Mécanique – Stanley Kubrick

A l’attention de Tout le plaisir est pour moi

Photographe Ellen Von Unwerth

Il est arrivé à 23h26, le bloggueur pas que "parisien".

Souriant et de noir vêtu, fidèle à la représentation enrichie par quelques mois d’échanges. A des années lumières d’une rencontre à l’aveugle, d’un tête-à-tête fantasmé, ou de jeux dangereux déconseillés aux âmes sensibles… Une rencontre simple, sans stresse, sans jugement. Nous avions annoncé notre intention de passer un début de soirée meurtrier en attendant son arrivée, quelques verres de rosé plus tard, nous voici au bout du quai, hilares. Je crois qu’il a confirmé son impression, la première seconde fatale, sur l’état d’avancement de notre alcoolémie à la vue des mms envoyés durant les 3 heures de son trajet. Cet homme est courageux, nous aurions pu finir en cellule de dégrisement à chaque virage ou mieux, les 4 fers en l’air, même pas pour baiser, un comble. Une bande de fous. Tous parents de jeunes enfants, c’est lamentable vraiment.

Il savait qu’il passerait un début de nuit sur la terrasse d’un bar bruyant, entouré d’une bande représentative de presque toutes les couleurs de cheveux possibles. Je crois qu’il n’a pas été déçu. J’étais la châtain.

Nous l’avons raccompagné à son hôtel , à 2h32, sain et fatigué.

Le lendemain midi, un wok poulpe déjeune en face d’une salad’protéinée, entourés de jolies boutiques et d’une faune bigarrée.

Il fait beau durant cette petite pause entre deux vies de famille et affinités. Quand je le regarde, c’est mon quotidien que j’écoute. Tout ça mérite une chanson pour ton dangereux périple.

 

(humeur du jour)#4

7 mai 2010

Photographe Lina Scheynius

Sébastien Schuller – Weeping Willow

Sébastien Schuller – Duel au Soleil

Sex@mour

6 mai 2010

Hier soir, tranquillement installée sous la couette, j’entendais au loin le Vieux-Port prendre feu, imperturbable je sirotais une tisane en surfant sur mes blogs et sites préférés, je suis tombée pas vraiment par hasard sur cette interview de Jean-Claude Kaufmann titillé par l’excellente Pascale Clark, j’étais une inconditionnelle de son émission sur Canal + "En aparté". Alors, une fois n’est pas coutume, j’ai envie de discuter avec vous sur ce sujet en off  ou ici peu importe, et aussi en profiter pour faire connaissance avec ceux qui me lisent en silence habituellement. J’irai acheter son livre ce week-end et pas seulement parcequ’il cite plusieurs fois le meilleur d’entre nous et bien trop rare sur son blog, l’inimitable  Divin Connard

 

 

Il y a une fille, cette fille que je croise souvent la nuit. Léa.

Elle est un peu barmaid, un peu DJ, un peu serveuse, beaucoup paumée. Quand je fumais, nous ne nous disions pas bonjour mais nous discutions souvent sous les néons rouges. Elle me regarde toujours comme si j’étais un homme et je ne sais pas pourquoi ça façon de minauder fait mouiller mon cerveau. Elle était là hier soir, derrière ses platines. Passer trois heures avec 3 connards du siège était presque une agréable soirée.

Hier soir, je ne suis pas rentrée chez moi, il me fallait expressément aller chercher les parisiens à la gare et les promener. On ne discute pas un ordre même si on a deux enfants et un mari qui rentre tard. "Tout est une question d’organisation ma chère"  dit le grand chef divorcé trois fois. Un exemple à suivre, un sage cet homme.

Il est 21h. Je suis dans ce mi-restaurant mi-bar de nuit où j’ai mes mauvaises habitudes. La DJ semble étonnée de me voir un mardi soir accompagnée d’hommes. Elle est plutôt habituée au mercredi entre filles. Je lui chuchote un "c’est professionnel", elle me regarde avec des yeux qui me plaignent et me plaisent. Je n’ai pas envie de manger, je suis fatiguée et je sais déjà que je vais m’ennuyer. Les hommes entre eux, c’est sûrement mieux quand je ne suis pas là.

Les parisiens ont préfèré venir dans le sud plutôt que l’inverse habituel. Ils voulaient profiter de la plage, il pleut toute la semaine, c’est un peu ma vengeance. Heureusement, ils ne sont pas trop difficiles mes parisiens, tant qu’il y a de la Zahia à reluquer sinon le reste du temps,  ils le passent le nez dans leur téléphone. Ils mangent vite "elle est bonne celle-la", ils boivent vite "ouch la paire de nibards", parlent exclusivement d’eux, de leurs vies merveilleuses dans la plus belle ville du monde, avec leurs femmes élégantes et leurs bambins bien élevés qu’ils ne voient qu’une heure par jour. Ils sont vraiment pas comme nous, ils portent des costumes, alors ici tout le monde les regarde. Moi j’essaie tant bien que mal de rester attentive et cette Léa en face qui n’arrête pas de me sourire. Elle est vraiment exquise cette petite salope. J’ai presque 40 ans, la sensation d’avoir une bite à la place du cerveau. C’est lamentable mais c’est bon quand même.

A minuit, j’étais contente de rentrée chez moi en me disant que la soirée de jeudi serait à nouveau sur le thème d’un Paris-Tijuana mais cette fois ce ne sera pas professionnel et ce bloggueur parisien je l’attends avec impatience, comme un peu de soleil en ces jours bien gris.

Il est presque une heure, je suis allongée sur mon lit, avec cette obsession saphique plein la tête et Lui qui dort paisiblement à ma droite, sans se douter du mauvais coton que file sa femme. A moins qu’il en rêve.

 

Baise low-tech

4 mai 2010

Souviens-toi… L’été dernier. Souviens-toi de la première fois où j’ai dormi toute la nuit avec toi. Il n’y avait pas eu de prémices pixelisées et surtout bien plus que 140 caractères entre nous. On s’était rencontré aux Catalans, à Porto-Pollo ou à St Malo. C’était quelques baisers au bout de la plage, au bal des pompiers ou chez tonton Dédé. Cela en faisait des mois d’attente,  des lettres et des centaines heures passées dans la cabine téléphonique en bas de chez moi, tout ça parce que tu m’avais léchée minutieusement les seins.

Les poumons serrés dans l’ascenseur ou la cage d’escalier. Il est enfin arrivé ce petit matin d’automne, elle est enfin arrivée cette angoisse des retrouvailles, ce premier souffle fluoré. Les regards quand la porte s’ouvre, cette jolie horreur d’avoir peur. Tes mains sur mes tempes palpitantes, la façon dont tu les as descendues doucement le long de mes cheveux, de mes bras puis tu m’as serrée un peu fort, dehors il pleut et on s’en fout. On s’est embrassé, longuement, on a joué avec nos langues, nos lèvres, nos dents, il y avait de la salive d’envie. Beaucoup, ça coulait de partout et on s’en fout. C’était bon de faire durer la précipitation.

Je m’attendais a de la baise pure et dure, j’appréhendais tes lèvres, tes mots  et ce genre de choses introductives. Et en fait, il s’est passé l’inverse, un peu, beaucoup sans folie. Je me souviens que j’ai aimé t’avoir encore habillé contre une moi nue, et te sentir. C’était très excitant cet avant, cette odeur d’agrumes. Après c’était étrange, maintenant je sais pourquoi. Sans doute qu’on était trop jeunes, trop pressés, trop intimidés, trop cons aussi.

Aujourd’hui, j’aimerais que tu sois là,  à mes côtés, et sans hésiter je recommencerais cette malheureuse pipe jusqu’au-boutiste au risque que tu ne puisses pas me baiser comme cet été du genre dernier. Et puis il y a eu toutes ces premières fois où tu t’es magistralement rattrapé à peine étions-nous réveillés. Même plus comestibles avec nos regards gonflés, nos teints transparents, nos cheveux emmêlés et nos haleines chiffonnées et on s’en foutait.

Ces fois là, tu ne m’as pas ratée, de vraies bonnes baises à l’ancienne.

(humeur du jour)#3

4 mai 2010

(j’ai faim)#1

3 mai 2010

Marilyn Minter – Green Pink Caviar

(humeur du jour)#2

3 mai 2010

Au fond du couloir

2 mai 2010

Photographe  David Luraschi

Nous sommes dimanche soir, j’ai une envie de cigarette démoniaque, c’est de sa faute. Je bois une infusion au thym pour compenser.

Ma vie sexuelle a repris son rythme normal depuis samedi matin, un moment de faiblesse commun. Plus de 20 jours sans sexe conjugal c’était presque un record.

Les discussions du week-end ont eu pour thème exclusif  : "l’infidélité".

Un grand débat sur la plage, dès vendredi après-midi (oui les nichons sudistes commencent le week-end le vendredi) entre deux tartinages d’Hawaiin Tropic et des pains bagnat dégoulinants sur nos serviettes, j’ai eu la bonne idée de leur lire un article du dernier Elle, intitulé " On se trompe sur l’infidélité". Evidemment, entre nous les avis divergent, les parcours de vie sont différents, les exemples toujours probants, entre deux éclats de rire, des larmes coulent.  Ce qui est étonnant, ce sont celles mariées depuis plus de 10 ans qui ne croient plus en la fidélité. Moi je dis toujours que ceux qui n’ont pas dépassé les trois ans de vie commune n’ont pas droit à la parole sur "l’adultère". Ben quoi c’est facile d’être fidéles quand on change souvent non ?!

L’article décrit plusieurs sortes d’infidélités "par principe","par vengeance", "l’infidélité expérience" qui caractérise les amours de jeunesse, le besoin d’aller voir ailleurs sans nécessairement être insatisfait ou désamoureux, "l’infidélité instrumentale" qui est l’élément pour se donner le courage de quitter ou le prétexte et enfin "l’infidélité calculée" que je croise le plus souvent. Celle "qui a parfois lieu quand les hommes se trouvent dans un tel état de dépendance domestique que rien, pas même le désamour, ne semble pouvoir les faire décoller du confort conjugal". Il l’attribut plus généralement aux hommes mais je crois qu’elle est mixte et paritaire quand on a des enfants. Tout cela est bien triste. Banalement raisonnable et ça m’angoisse profondément en ce dimanche soir

Et puis j’ai lu ce post "Le charme discret"  j’ai souri et même ri.

Nous cherchons tous quelque chose d’inaccessible. Je ne sais pas si c’est rassurant de le lire sur de nombreux blogs et chez lui aussi.

Les choses ont commencé au bar de l’hôtel, ambiance calme et tamisée d’un milieu de semaine professionnelle.

Toutes deux assises sur les tabourets du comptoir. Nous sommes si différentes, les cheveux, la silhouette, la tenue, un verre de rouge pour Miss Hua, un verre de blanc pour moi, rien ne semble nous rapprocher à première vue. Nous attendons pourtant avec une envie complice notre rendez-vous secret.

Je savais qu’elle entretenait des échanges virtuels avec cet Homme depuis quelques mois sans ambiguïté affichée, ils s’étaient rencontrés deux fois et avaient été irréversiblement attirés dès le premier soir, comme une évidence après un dîner isoupçonnable quasi vertueux et un dernier verre prémédité en toute connivence. Elle le décrivait comme un hédoniste charmeur et arrogant, joueur impétueux. Je la sentais admirative et fatalement éprise.Profondément éperdue. J’avais hâte de le rencontrer. Il était 21h, un sms nous annonçait son arrivée imminente. Nous avons pivoté pour faire face à l’entrée. Il avançait maintenant vers nous et je sentais le trac qui me chauffait les joues, signe que j’étais impressionnée. Il était là, devant nous, il souriait, Miss Hua nous présenta. J’ai aimé instantanément son aisance, son sourire, son regard espiègle et le dîner qui suivit le quart d’heure que nous avions passé à faire connaissance, fût léger et naturel comme si nous étions trois amis de toujours. Tout invitait à un glissement des sens, des envies. Elle avait oublié de me dire qu’il avait de trés belles mains ce à quoi je suis toujours sensible. L’Homme ne perdait rien de notre complicité, de nos bouts de peaux visibles, de nos yeux pétillants et il s’est montré attentif, curieux de tout. Surtout de nous. Les contradictions se révèlent souvent pleines de bonnes surprises. Le cognac servi en digestif m’amena à cette petite provocation de me rapprocher du visage de Miss Hua tout en regardant l’Homme droit dans les yeux. Je l’ai embrassée sans me soucier des regards autour, comme un signal, un feu vert. J’étais bien. Confiante.

Il était presque 2h du matin. Sur le chemin entre le restaurant et le bar de l’hôtel, un ascenseur. Nos talons s’enfoncent dans l’épaisse moquette. L’Homme ose, il nous propose deux alternatives ; le cocktail au bar ou le champagne dans la chambre. Miss Hua et moi, sans un regard, nous nous dirigeons vers l’ascenseur. La porte se referme, l’Homme nous fait face et là, commence ce que nous avions prévu : Miss Hua et l’Homme vont baiser devant moi.

Nous sommes dans la chambre depuis 10mn, nous posons nos coupes sur une tablette en silence, tout est entendu, je me dirige vers le fauteuil placé en retrait dans un des angles de la chambre. Seul le lit est éclairé par des masques qui donnent une ambiance irréelle bleutée. Je suis une femme invisible et la scène se poursuit comme si je n’étais pas là. L’Homme  et Miss hua se font face, ils s’embrassent, il enlève sa chemise, la pose près de moi, je sens instantanément cet effluve à la fraîcheur boisée et élégante reconnaissable entre mille. Je porte le tissu à mon visage, j’adore ce parfum. L’Homme poursuit en déboutonnant le chemisier transparent que portait Miss Hua, il fait glisser sa jupe, je vois le rebondi de ses mini fesses entre le noir de ses bas et de son caraco. Il l’embrasse dans le cou en regardant vers moi. Je ne bouge pas, tétanisée, j’ai extrêmement chaud. Miss Hua est maintenant assise sur le bord du lit, elle me sourit, l’Homme en profite pour sortir son sexe et se place à hauteur de son visage, elle se tourne vers lui et se retrouve la bouche contre son gland. Il bande fort, je suis impressionnée quand elle engloutit son sexe presque en entier avec une facilité surhumaine. Je ne perds pas une seconde du spectacle, j’ai enlevé ma robe, je porte des dessous violets, mes jambes sont écartées, d’une main j’agrippe mon sein gauche, de l’autre j’effleure mon sexe au rythme des va-et-vient de cette pipe magnétisante.

J’observe,  je jouis des yeux, les choses s’enchaînent comme une danse chorégraphiée, c’est maintenant au tour de l’Homme de se transformer en chat, il s’agenouille près du lit, la tête entre les jambes repliées de Miss Hua que j’entends gémir. Sa langue lape le liquide luisant, il aspire, lèche, mordille, cela dure, il est inépuisable, je vois les mains de Miss Hua appuyer avec force sur sa nuque, l’Homme se dégage et se relève. L’Homme se place devant moi, il me regarde, mes cuisses  sont calées sur les accoudoirs du fauteuil, moi habituellement si pudique, je me fous de ce qu’il peut bien voir, il me tend une main. Je me lève, je suis debout, nous sommes devant le lit, Miss Hua semble en transe, son sexe est rouge et gonflé, son petit trou est pris de spasmes, l’Homme a sa bite à la main. Sans le lui demander, Miss Hua se redresse et se place dos à nous en levrette. De ses deux mains elle écarte son cul, la scène est obscène et terriblement excitante. L’homme caresse la peau caramel de Miss Hua puis il commence par claquer sa fesse droite de plus en plus fort. Miss Hua est cambrée au maximum. Il vient d’humidifier deux de ses doigts et les fait glisser dans son trou serré.

Regarde bien maintenant comment je vais enculer ta copine et comme elle va aimer ça. Miss Hua a poussé un cri libérateur.

Je suis maintenant allongée à côté. Entre pandémonium et Eden fantasmagorique, mes pensées se perdent à mesure que mon excitation, de les sentir si près, se fait de plus en plus puissante. J’entends le souffle de Miss Hua en me caressant. La suite s’est diluée dans un brouillard de sons et de gestes. J’ai été pénétrée par plusieurs jouissances foudroyantes, les leurs, les miennes.

Je ne sais pas quelle heure il peut bien être. La chambre est plongée dans le noir total, j’entends le bruit de l’eau mêlé aux rires de Miss Hua et de l’Homme dans la salle de bain. Je suis allongée, le corsage défait, incapable du moindre geste, épuisée, comme une illusion suspendue entre deux vies.

Un fantasme déguisé en réalité ou en doux rêve ? Qui sait !

* Eros – Le périlleux enchaînement des choses – Michelangelo Antonioni

Pigalle Express

29 avril 2010

Dès que j’te vois…

Miss Hua m’avait dit, tu verras tu ne le regretteras pas, ça va t’emflammer le moral

Je venais de passer 45 minutes au téléphone avec elle, à lui confier mes doutes et mon désir éteint. Plusieurs jours entre culpabilité  et énervement,  à me poser des questions sur une attitude qui n’aura jamais d’explication. Selon elle, il était temps que je passe à autre chose. Je me suis mise à pleurer sous la douche, l’eau cachait le son de mes pitoyables sanglots. Quand c’est bruyant, après ça va toujours mieux.

Elle m’avait donnée des envies de lâcher-prise, comme un passage obligé pour mieux apprécier la sereine réalité. Mais pas d’escapade possible puisque je n’avais pas de déplacement prévu. Et puis sans l’attendre, une convocation, une réunion, un alibi parfait, une arrivée en gare vers 9h, et une grande brune toute en jambes pour m’accueillir au bout du quai.

24h en semi-liberté avec une Miss Hua à la détermination contagieuse.

Quelques bises et compliments plus tard, côte à côte, assises dans un taxi, passé le temps de l’agréable surprise, nous nous scrutons : La robe, le jean, le sac, les chaussures, les bijoux, le maquillage, le vernis, autant de détails qui font un tout. Nos valeurs réduites à quelques artifices. Et j’imagine déjà son sexe joliment épilé.

Elle donne une adresse au chauffeur, le Paradis des provinciales pressées de se damner… J’en ai essayé une vingtaine, des talons de 12, 10, 8, en noir, rouge, chair… Titi, Anna, Pass Pass, Fernando, Banana et les fameuses Pigalle…  aucune ne m’allait, mon côté pouff ‘ en a pris un coup. En ressortant de la boutique, j’étais dépitée , elle m’a prise par la taille, en tapant ses petites fesses contre ma hanche, on s’en fiche, n’importe qui peut en porter… Oui je sais mais ... Tu sais les chaussures, c’est un peu comme les Hommes, on veut toutes celui qui ne nous convient pas, surtout s’il s’affiche avec beaucoup d’autres filles… Désirer ce que l’on ne peut avoir, avec avidité, c’est un peu notre leitmotiv à toutes, et je ne suis surtout pas différente.

Il faisait un temps magnifique, nous avions parcouru des dizaines de rues et finalement contente de ne pas porter de chaussures neuves.

Il était déjà tard, il ne nous restait plus qu’une petite heure pour nous préparer.

Nous avions un rendez-vous secret au restaurant de l’hôtel.

Une rencontre avec un Homme à la réputation mystérieuse… Attractive.

(humeur noctambule)#1

29 avril 2010

 

Maison Close

26 avril 2010

Elle m’avait dit, tu verras c’est une Maison bien tenue,  pour les grandes personnes.

Il doit être 1h02, la jeune amie blonde à la cuisse fusellée qui m’accompagne fume une dernière cigarette. Nous sommes garées dans une allée face à une bâtisse sombre, perdue au fin fond de la campagne aixoise. A chaque fois que la porte s’ouvre pour laisser passer de jeunes oiseaux de nuit, nous entendons les décibels annoncés pour un public averti. Nous sommes rieuses, correctement allumées et les yeux effrontément brillants. La soirée attendra encore quelques minutes.  Blondie sent bon le sexe, comme une autorisation. J’ose ma main sur sa cuisse nue. Elle me sourit. Elle prend un peu fort mon  poignet, et me guide en remontant, elle écarte ses cuisses, et fait glisser son cul vers le bord du siège. Elle ne parle plus, elle a les yeux fermés, sa peau est chaude, deux de mes doigts sont posés contre ses lèvres toute douces et humides. Elle tourne son visage vers moi, elle ouvre ses paupières, ses yeux bleus me fixent, elle ne sourit plus, je porte mes phalanges à ma bouche et je la goûte, sans baisser le regard. J’ai faim en vrai et d’elle encore plus. Je pose ma bouche contre la sienne, je la lèche comme si c’était son sexe au bout de ma langue. Je m’enivre de son odeur. Elle plonge ses mains sous mon débardeur et m’attire vers elle, je sors ses seins de son bustier, nos corps sont maintenant l’un contre l’autre, la chaleur de sa poitrine m’envahit. J’ai envie de ses doigts en moi, partout, devant, derrière et surtout bien profondément. Mon sexe coule. Un bruit, une violente lumière nous surprennent, le vigile de la soirée a braqué sa lampe sur nous. Je retourne brusquement sur le siège conducteur, elle me demande de rallumer le contact, elle ouvre la vitre. Notre folle nuit peut commencer.

Le soleil vient de se lever, nous sommes toutes les deux complétement déconnectées, silencieuses et très mal coiffées. Les chocolats au lait des 2G sont délicieux. Il est maintenant l’heure de se transformer en mères de famille respectables. Enormes lunettes noires indispensables.

(humeur du jour)#1

26 avril 2010

 

Manque éternel

23 avril 2010

La porte d’entrée vient de claquer, nous sommes toutes les trois en chemise de nuit dans le couloir qui donne aux chambres.

Si petites et si frêles que nous rentrons dans la largeur de l’embrasure, nous pleurons. Mes souvenirs sur ce sentiment d’abandon ne commencent que vers l’âge de 6 ans, avant je ne me souviens plus. Notre vie de famille est normale mais nous ne vivons pas avec nos parents, ils venaient nous voir un peu à l’improviste, ils restaient quelques jours. Parfois il n’y avait que notre mère et c’était bien là le principal. Elle était toujours parfaite, elle ne s’énervait jamais et sentait Shalimar comme toute les mamans. Avant qu’elle ne reparte, je parfumais mon coussin. Le soir je m’endormais en imaginant les moments précieux, Ensemble.

Ce sentiment intense et douloureux de se sentir abandonnée, j’ai grandi avec. Je le gère à ma façon, toujours violemment les premières heures, puis les jours, les semaines, les mois, les années passent. Le temps efface le manque, la douleur. Le quotidien reprend toujours le dessus.

Il arrive toujours un jour, où je n’y pense plus. Même à eux. Même s’ils me manquent terriblement.

Ce matin, je me suis levée sans checker mes mails, flux, tweets. J’ai tiré les rideaux, il pleuvait. Je me suis retournée vers lui et il m’a demandée si j’allais travailler. J’ai souri, j’étais bien.

Nous avons passé notre journée ensemble. Comme nous le faisions avant.

Je crois que nous ne finirons pas notre vie côte à côte. Ce n’est pas bien grave finalement, le principal nous le vivons Ensemble.

gOOd

22 avril 2010

Photographe Lauren Dukoff

 

Tout à commencer sur un coup de fil, et j’ai fini plus tôt à commander une bière japonaise avec ma Blonde démoniaque en contre-jour. J’aime bien son whaouh quand elle me voit débarquer mal coiffée, ça me met tout de suite en condition. Et puis nos téléphones se mettent à vibrer. On migre vers le Crystal, il est 20h, mon meilleur ami, sa J&J femme nous attendent, tournée de cocktails aux noms importables. Arrivent les prévues et les imprévus, il est un peu plus de 21h et la table réservée pour 3 et finalement dressée pour 9. Le reste, des discussions interminables rendues inaudibles par les rires d’une bande d’amis survoltés. J’ai passé 4 heures dans les années 90. Je crois que nous aurons toujours des 20 ans alcoolisés.

La photo au-dessus n’a rien à voir avec mon post mais j’ai eu un petit béguin ce matin. Devendra avec les cheveux courts et ce perf Rodarte, c’est juste un sourire Blissful dès 8h, le cerveau toujours imbibé. C’est juste sans commentaire.

Je suis une silencieuse positive. Comprends qui peut.

Les mâles à chimères

21 avril 2010

Tu me demandais hier, mon avis sur le bonheur

Cette nuit, je suis partie.

C’était le bonheur, un bonheur intense qui ne dura que quelques jours. 10 jours.  Ce n’était même pas une question d’Amour, juste une folle envie.

Imagine un Road Trip, deux hommes, une femme dans le désert. Des étendues à perte de vue. Sans savoir où l’on va, sans savoir où l’on est, sans horaire et sans contrainte. Toute la journée sur les routes sans fin, les cheveux au vent et l’infini comme destination, plus de téléphone, plus d’ordi, plus de télé, plus de carrière, plus de compte à rendre, plus de famille, plus d’argent à gagner, plus rien que nos corps alanguis sur de moches couvre lits de Motel sans étoile.

A faire l’amour et immortaliser l’instant.

Je me suis réveillée en sursaut. J’ai refermé doucement la malle à chimères sans le réveiller, j’avais envie de l’embrasser mais je crois qu’il n’aurait pas compris, on ne peut pas aimer l’un en rêvant ça. Je suis descendue sur la pointe des pieds vivre ma jolie petite vie en priant de ne jamais regretter de n’avoir goûter au MayFly. 

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