Le ciel azuré vire au mauve
24 février 2012
Monika Traikov sur Rastignac Blog
Ils sont de ceux se levant un matin et qui, en 2 secondes, trouvent une raison de fuir le bonheur alors qu’il n’y a que des raisons de rester.
Ils sont de ceux qui rient en pleurant et qui pleurent en riant. Ils sont de ceux auxquels on ne peut se fier, non qu’ils trompent plus que les autres, juste ceux qui se font d’abord beaucoup plus de mal, tout seul.
Il y a cette situation où ils poussent l’autre contre un mur en plaquant leur torse contre celui de l’être aimé. Un plaisir intense. Puis ils se retournent brusquement et se mettent à courir, à fuir sans prétexte. Ils réalisent à quelques métres, il est trop tard, le mal est fait.
"Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve. Que le ciel azuré ne vire au mauve. Penser ou passer à autre chose. Vaudrait mieux."
Dream
22 février 2012
Mon corps semble, au-delà de l’excitation, l’apaiser. Mes formes, ma gestuelle, ma peau… Je ne sais pas trop, peut-être un mélange de notes maternelles. Je reste allongée, décoiffée, le corps encore chaud et humide, silencieuse j’écoute son passé, ses projets, sa faim et ses compliments. Je me sens bien, sereine même s’ il n’y a pas vraiment d’avenir entre nous. La construction, la stabilité, toutes ses choses que je désirais tant il y a quelques années, je les ai eues, j’en ai usées et abusées. Tout cela ne me motive plus. Je rêve d’insouciance, de cheveux au vent sur une Vespa dans les rues de Rome, de longues promenades à Central Park, de déjeuners au bord de l’eau sous les tamaris et de dîners arrosés au Fiumicicoli. Tout ça ne durera peut-être que quelques semaines au mieux des mois.
Je veux des bonheurs à durée limitée, avec un homme qui me dit sans cesse que je suis belle même si c’est sans lendemain.
Chacun la sienne et les salopes seront bien gardées
9 février 2012
C’est étrange cette capacité qu’a l’homme à mettre les femmes dans des cases, dans tous les sens du terme.
Il y a la jeune fille pure qu’il coince après une boom et qui le sucera consciencieusement quelques années collège. Puis la jeune étudiante au sourire angélique qui est saoule dès qu’elle a bu deux tequilas rapido, celle-là, il la présente à ses parents. Un peu plus tard, la stagiaire ou la jeune recrue fraîchement diplômée et ses petites joues toutes roses, il a envie de lui faire un bébé. Vers la trentaine, il a bien profité, il regarde l’amie de sa soeur, celle qui est assise qui parle doucement et qui n’a pas eu trop d’amants. Ça c’est la case, filles biens.
Il y a la petite brune qui répond effrontément au prof d’anglais, celle qui bastonne les garçons qui porte des doc Martens. La fille qui arrive les cheveux en pétard dans l’amphi qui sent encore la vodka de la soirée infirmières de la veille. Face au patron, assise les jambes et le décolleté incendiaire, cette jeune femme très sexy mais sans doute un peu conne, celle qui ne peut que coucher pour réussir. Puis il y a la Milf, la Cougar, la Piranha… j’en passe et des bonnes pires. Ça c’est la case, mauvaises filles.
Si tu savais comme les apparences sont trompeuses, si tu savais ce qu’est capable de faire à ton meilleur ami ta soi-disant "fille bien" et a contrario tout le bonheur que pourrait te donner une "mauvaise fille".
"Il faut toujours donner sa chance au produit" une inconnue ivre vers 4h, 24 Quai de Rive-Neuve.
Rebotini pur beurre
7 février 2012
Enfermée deux jours avec des joueurs de Wii démoniaques dans mon nouvel appartement, voilà mon week-end.
La nuit tombée, des amies bienveillantes venaient me sortir de cette ambiance enfantine et nos discussions me ramenaient rapidement à la dure réalité de la vie des adultes médisants, jaloux et cruels.
Avant quand on jugeait ma personnalité ou ma façon de vivre, je rétorquais effrontément que j’étais en couple depuis 15 ans que j’avais deux enfants, du boulot, une baraque et que je n’avais de leçons à recevoir de personne. Surtout de ceux qui n’étaient pas dans la même situation. Maintenant quand on me renvoie à la figure mes défauts et mon comportement, j’ai évidemment encore un peu de repartie mais je sens bien au fond de moi que cette femme fière et sûre d’elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. J’avoue, je me sens faible, vulnérable… Un peu perdue.
J’étais seule hier soir, je suis rentrée vers 18h, j’ai pris une douche, mangé un quignon de pain qui restait et un mini morceau de Comté. J’étais au lit à 20h sans tv, sans enfants, sans mari, sans amis, sans amant et j’ai pleuré.
Samedi soir, il y avait une soirée à laquelle j’aurais sûrement été si j’étais encore en couple. Je serais rentrée ivre et j’aurais mis deux jours à m’en remettre. Au lieu de ce forever young pathétique que je reprendrai bien assez tôt, je me suis couchée un peu après minuit après avoir fait des pâtes à la vodka pour mes jolies invitées.
Arnaud Rebotini n’a pas fait le poids face aux sablés au beurre des soeurs Yakuza.
Ce que veulent les moches
1 février 2012
Photographe Alison Brady
Ce que je veux entendre, ce que les femmes comme moi aiment entendre, c’est : "Ce que tu es belle ! Tu me rends dingue !"
Voilà ce n’est pas bien compliqué ! Je ne suis pas compliquée !
Ni "Je t’aime" ni "Tu es intelligente" ni "Tu es brillante" ni "tu es gentille" ni "tu es drôle" ni "tes cannelloni brocciu menthe sont délicieux" non juste cette phrase même si ce n’est pas vrai, même si c’est juste pour me chopper quelques heures, quelques semaines, ne me prendre qu’en levrette ou un coussin sur la tête.
Je me sens très belle en ce moment.







