Complaintes amoureuses
18 janvier 2012
Photographe Frederike Helwig
Quand j’avais 15 ans, il m’arrivait de me plaindre du manque d’attention de mes petits copains, plus préoccupés par leur KTM que par mes petites fesses.
Quand j’avais 20 ans, il m’arrivait de me plaindre de la jalousie de mon premier amoureux qui m’empêchait de porter des tenues sexy et qui m’a remplacée par la barwoman toujours à moitié à poil d’un Club minable.
Quand j’avais 25 ans, il m’arrivait de me demander si un jour j’allais enfin rencontrer un homme stable alors que je passais mon temps à minauder devant serveur, chanteur… et autres DJ à la petite notoriété régionale.
Quand j’avais 30 ans il m’arrivait de me plaindre du manque d’engagement de celui que j’avais désigné comme l’homme de ma vie, le père de mes enfants, mon nouveau père… Qui passait son temps à me couvrir de cadeaux, de voyages. Mais moi je ne voulais qu’une seule chose ou plutôt plusieurs qui crient, qui pleurent, qui mangent et qui chient.
Quand j’avais 35 ans, il m’arrivait de me plaindre du manque d’attention de ce même homme tous les soirs présent depuis plus de 10 ans.
Depuis que j’ai 40 ans, il m’arrive de penser à ces 20 années de vie amoureuse, familiale pleine et intense.
Dans quelques jours, je vais partir de chez moi, un nouveau chapitre s’ouvre.
Et j’ai cette sensation bizarre que le meilleur est passé, alors que je n’ai fait que râler.
J’ai peur de n’avoir plus aucune raison de me plaindre…


