Rencontre culte

29 septembre 2011

Une nuit, un jeune homme m’a fait une jolie proposition … Avec comme seule indication "Belle Campagne". Je signe l’édito du dernier Kultorama. Merci Matthieu

 

 

Un silence qui ne dit rien

22 septembre 2011

Je me sens bien.

Les vacances sont un vieux souvenir sauf  hier soir en vidant mon sac de plage, il restait un peu de sable comme ces quelques flashs au fond de mon cerveau. Je l’ai nettoyé puis rangé, aligné avec tous ceux que je ne mets plus. Comme ces contacts à gauche de ma messagerie gmail auxquels je ne porte plus d’attention. Il ne faut pas que les choses arrivent plusieurs fois pour me décourager, une seule suffit. Je me complais dans ce silence exogène de plénitude apparente, je continue chaque soir vers 20h à m’allonger quelques minutes sur mon lit à contempler les reflets de la lumière extérieure devenue artificielle  sur le mur.  Toutes mes bonnes résolutions datent d’un temps où je n’avais pas d’iphone.

J’ai toujours Rome en tête. Comme un espoir qui n’a qu’un seul chemin.

Mélange des genres

15 septembre 2011

Photographe Sonya Kozlova

La banalité n’a plus de fond.

Comme toutes les personnes qui n’ont pas de vrais problèmes, elles se plaignent. Face à la maladie, les drames, la mort, la plupart resteront dignes et là, depuis quelques semaines encore bronzées de leurs vacances, elles balancent de longs monologues dans toutes les salles d’attente, comptoirs de commerces divers et autres salons de coiffure sur le vide de leurs existences pleine de petites contraintes.

Il est 7h35, je suis déjà dans les embouteillages, je regarde désespérée la poussière sous le pare-brise avant de ma Fiat 500. Je suis une caricature de blonde à qui il ne manque même pas un amant. Je fais tourner mon alliance autour de mon annulaire, en matant effrontément le jeune homme sur la Vespa bleu pâle qui vient de s’arrêter à ma hauteur. J’ai envie de partir à Rome. J’ai envie de partir à Rome. Tu entends ?! Toi ! Oui toi le père de famille respectable qui me lit tous les jours qui prie que sa femme ne me ressemble jamais… prends des billets, un bel hôtel et emmène-la ! Ne me remercie pas !

C’est toujours quand l’autre n’est plus là, volontairement ou non que l’on mesure son attachement. Je ne dis pas Amour, je n’y crois plus.

Photographe Sunny Suits

Les cheveux blonds d’une femme sans âge me frôlent. Je me retourne, je la suis du regard, j’ai cru  la reconnaître mais ce n’est pas elle. Je viens d’arriver au Silencio, tout le monde s’y presse depuis son ouverture mercredi, j’y retrouve mes amis, ma tête est ailleurs avec elle dans une dimension qui m’échappe. Je viens d’avoir 24 ans et je ne sais déjà plus dans combien de bouches a été engloutie ma queue depuis que je suis arrivé sur Paris. Je vis dans un bel appartement, sous les plafonds d’un autre temps des inconnus souvent avec un e passent des soirées sur mon canapé parce que je déteste manger mes sushis seul. Je suis envoûté par une émotion légère comme un soleil radieux comme disait Higelin. Je suis envoûté par une femme que je ne connais pas, ni belle ni laide, sans visage. Juste un rire à des centaines de kilomètres, juste un parfum que je devine, juste des épaules recouvertes de boucles à la couleur indéfinissable. Je suis envoûté, je pense tout le temps à elle, je rêve d’elle, je la veux, j’ai envie de lui faire l’amour depuis des mois . Partout où je me trouve, je la cherche. J’imagine notre rencontre loin, hors du temps. Lui voler un baiser et lui tirer les cheveux jusqu’à ce qu’elle devienne chauve.

Cette nuit, après-minuit, j’aimerais être avec elle et la regarder dormir, la tête au-milieu du lit. Et ça me rendrait fou. Au lieu de celà, ivre de champagne et de frustration, je finirai allongé au milieu de la rue ou dans le lit d’une très belle inconnue avec qui je serai le pire des goujats…

Juste parce qu’elle a les cheveux lisses.

[MyArtPrism] #EllenVonUnwerth

12 septembre 2011

 "La possibilité de vivre commence dans le regard de l’autre." Extrait Les Particules élémentaires M. Houellebecq

http://cryingdoesntsolveanything.com/

"J’étais très amoureuse de mon mari. Je caressais, je léchais son sexe avec vénération ; j’aimais le sentir en moi. J’étais fière de provoquer ses érections, j’avais une photo de son sexe dressé dans mon portefeuille ; pour moi c’était comme une image pieuse, lui donner du plaisir était ma plus grande joie. Finalement, il m’a quittée pour une plus jeune." Extrait Les Particules Elémentaires de M. Houellebecq

«Notre malheur n’atteint son plus haut point que lorsque a été envisagée, suffisamment proche, la possibilité pratique du bonheur" Extrait Les Particules Elémentaires M.Houellebecq

Hypothèse d’Everett

5 septembre 2011

Photographe Matt Jones

Je ne sais plus vraiment comment cela a commencé. Quand deux imaginaires se rencontrent, il y a finalement peu de chance qu’un jour quelque chose se concrétise. Nous suivons nos vies de loin sans vraiment savoir ce qui s’y passe tout en connaissant des détails cachés, des secrets. Il est 7 h et je reçois des messages qui me racontent un autre amour. Je suis une éponge qui se gonfle de vos vies puis je viens ici vider ce trop plein de sentiments. Des histoires parallèles, une même réalité et ses multiples interprétations.

Les mots se collent les uns sur les autres, interpellent, rappellent… Une fois de plus, le héros de mon histoire est interchangeable. Tu es un homme, tu es marié avec des enfants et tu crois te reconnaître. Tu as 20 ans, tu vis seule avec ton chat et tu t’y vois. Ici ou à des milliers de kilomètres, ce que je raconte, ressens est finalement si banal.

Le soleil va bientôt se lever, au même moment, tu es peut-être allongé sur un trottoir parisien, ivre de rires et moi, je vais faire la rentrée des classes, je regarde mes enfants préparer leurs affaires. Il est bien loin le temps où ma seule préoccupation était la couleur de mon vernis chaque matin. C’était une autre dimension, un autre temps.

Aujourd’hui je vis en vrai.

Demain je relis les Particules Elémentaires. S’échapper.

Confidence pour confidence

2 septembre 2011

L’instinct ne se trompe que très rarement.

Parfois un beau sourire, des manières, des compliments comme une jolie tenue font illusion quelques temps. Il y a souvent des paroles, des signes qui vous font relever un sourcil, grimacer voire grincer des dents mais vous êtes sous le charme. Et passent les jours, les semaines, les années à vivre, chérir, aimer sans voir le mensonge et l’hypocrisie. On vous le dit, on vous le prouve, vous êtes même face à face mais rien n’y fait. Vous êtes aveugles et sourds. Vous êtes attachés, amoureux, en amitié … appelez ça comme vous voulez. Vous êtes en confiance, vous faites des confidences.

Un jour, un simple détail et tout bascule. Et il n’y a plus de recours ni de retour en arrière. Et le comble dans tout ça, c’est lorsque vous regardez les réactions de l’autre à votre silence en réalisant qu’il n’attendait que ça. Les lâches adorent se poser en victimes.

A tous mes défauts, je rajouterais bien patience et gentillesse.

 

Danse avec moi

1 septembre 2011

Il s’allonge sur le lit et fume une cigarette. Dans quelques heures, il repart travailler. Ils ont fait l’amour comme on règle une facture sur un coin de table, régulièrement et conscensieusement. Le devoir conjugal d’un couple sans histoire.
Des premières années de leur amour insouciant, il ne reste que deux silhouettes que le temps épargne pour l’instant. Il a l’allure d’un chanteur de Rock, elle a les cheveux des groupies autour.

Heart and soul, baby there is no goal.
Turn the lights on bright, you’re a rock and roll star.

Il y a cette peur dans tout ce confort, cette angoisse au milieu d’une organisation sans faille. Ne plus rien ressentir de trouble et enivrant. Rêver de fièvre et de sang. Le matin ou le soir en rentrant, s’imaginer partir et tout quitter. En avoir honte.

Feel my love, commin from the heavens above.
When my eyes meet your eyes, they know it’s true.

"Dis mon amour pourquoi tu ne me vois plus ? Tu attends sans doute que je détruise tout pour ouvrir les yeux…" La porte vient de claquer, il n’a pas du l’entendre, je crois qu’elle l’a fait exprès…

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