Elle ne le connait pas. Elle ne l’a jamais touché. Il joue avec elle, ses humeurs, son ennuie. Il verse du miel un peu chaud sur son ventre, il le lèche, le lendemain une douche froide tôt le matin. Il danse autour de son envie, il part au bout du monde, il lui envoie des photos de filles magnifiques qu’elle imagine contre son torse nu. Il la croit forte, insensible, habituée à ces jeux pervers. Il oublie qu’elle se cache derrière un personnage qui n’est pas elle. Il oublie trop souvent.

Je suis assise au bord de l’eau, ma vie autour semble idéale. Il n’y a rien dans le dossier à charges, c’est juste moi qui cloche au milieu.

Barbie croit qu’elle veut s’échapper de sa prison en plaqué, en fait elle est juste accro aux portes qui lui claquent au nez après avoir monté l’escalier.

Barbie est une héroïne "à la puissance singulière qui se compose de la réalité de la force et de l’apparence de la faiblesse." Une héroïne digne d’un roman de Victor Hugo. Une Juliette Drouet blonde et siliconée.

Transhumance

27 juin 2011

Photo originale sur Anaïs & Pedro

Je passe mon week-end de Cabane en buvette, de Cabanon en terrasse, de piscine à la plage, des talons aux spartiates. Ma peau se dore, mon degrés d’alcoolémie ne baisse pas. Je suis malade mais je n’arrête jamais. Il faut y être et j’y suis. Arrive le dimanche soir avec son tas de fringues au pied du lit, le poulet rôti et les chips grasses. Il va falloir reprendre une vie normale, lundi est déjà là. Il y a ceux qui enchaînent, qui dorment ou qui changent de panoplie, je suis dans la troisième catégorie.

Vendredi nuit, un joli restaurant, un dîner entre nous, le clan Yakuza s’est réuni une dernière fois, elles rentrent après le dîner et je me retrouve avec des sms en attente. Je file au bout de la ville, écumer les bars où je ne suis pas la bienvenue, qu’importe je paie en Reine. Départ, il est déjà très tard et je me retrouve avec 5 paires de couilles et autant de pack de bières dans la petite voiture, il y en a pour tous les goûts, le mien est ailleurs… Loin.

La suite n’est que le passage dans des endroits cachés, ambiancés, bondés… où je n’ai fait que danser.

 

#Rêveuses

20 juin 2011

Photographe Neil Krug

Une après-midi sur une terrasse. Deux amies.

J’ai passé 4 heures assise devant un café froid. Je l’écoutais me raconter son histoire d’Amour. La première fois qu’ils se sont croisés, où, quand, comment. Ce qu’elle a pensé de lui, de son physique, ce qu’elle a ressenti, l’évidence de ce sentiment qui ne se pose plus de questions. Elle est mariée, elle a deux enfants, il est célibataire. Elle est célibataire, il est marié et sa femme attend le troisième. Elle est mariée et mère, il est marié et père. Dans ces trois configurations, l’Amour n’est pas facile à vivre parfois et puis à certains moments il est arrangeant. Il y a des multiples états, des rires, des joies, des pleurs, de l’angoisse, de la tristesse… Et au final un seul élément commun : l’intensité de l’excitation, du désir, du manque. L’Impossible, l’innaccessible, le difficile, le compliqué donnent envie de plus, de voir, de posséder et parfois de tout détruire pour tout reconstruire.

Elle a quitté son mari, elle a décidé de faire un troisième enfant avec celui qu’elle aime et qui voulait être père. Elle s’était jurée qu’elle n’en ferait plus, elle a quitté sa maison et tous les souvenirs qui vont avec. Elle était débordée, ses enfants, son commerce, son ex-mari anéanti, ses amis circonspects devant ce nouvel Amour qui allait trop vite. Ce nouvel Amour inconnu, plus jeune, intrigant.

Elle, elle s’en foutait de tout. De toutes les mises en garde, les critiques, les menaces…

Un soir, elle est parti en plein repas familial, elle l’a rejoint. Elle m’a tout dit. Et moi je me suis mise à pleurer.

[Crush] #Short

16 juin 2011

Rendez-vous

14 juin 2011

Cinemagraph Jamie Beck & Kevin Burg

Il est 8h. Je suis assise à la terrasse de ce café habituellement pleine de lycéens.

J’attends un pseudo avec qui j’échange depuis de nombreux mois. Je ne sais pas vraiment ce qui me fait me retrouver là. Je ne connais pas son physique ni même le son de sa voix, juste un tumblr alimenté de photos et des mails. Je ne suis même pas sûre que ce soit un homme. Ce sont ses mots qui sont le seul et unique appât qui me font me retrouver là, au milieu de personne à attendre un inconnu. Il est 8h10, dans 5 mn il devrait être là, s’il n’est pas là je me dis que je pars. Je suis extrêmement stressée, j’ai renversé mon café, j’ai envie d’une cigarette, j’ai mal au ventre, je me sens nulle, moche et pourtant il est 8h25 et je suis toujours sur cette chaise. Le serveur me regarde bizarrement.

Il est 9h. Il n’est pas venu.

Je suis rentrée chez moi. C’est samedi matin, les enfants dorment. Mon mari est devant la machine à café, sans se retourner, il me dit :

Tu rentres bien tôt ?!

Nathalie n’est pas venue, la petite était malade, on ira acheter ces chaussures ensemble une autre fois…

Ah ! ok ! … Au fait ma chérie, arrête de me prendre pour un con, ton rendez-vous c’était moi, alors comme prévu on part dans 1 mois en vacances, on ne peut pas faire autrement mais en septembre nous nous séparons. Le cinéma a assez duré.

Comme à la fin d’un bon film dramatique je me suis retenue de pleurer.

On m’avait dit que le Zèbre finissait mal, j’aurais mieux fait d’aller voir l’Amant de Lady Chaterley.

Photographe Elliott Erwin

Passer son dimanche, face à la mer, à pleurer derrière une paire de lunettes.

Autour le bruit du bonheur familial d’une plage où tout est dans le rang, aligné comme les transats au cordeau. Nous sommes au milieu et à l’image des autres nous paraissons heureux. Les enfants jouent et s’envoient du sable dans la figure. Les femmes portent des maillots très chers mais pas autant que leurs nouveaux seins. Les hommes dorment, lisent ou checkent leurs mails… Bref ils ne sont pas là. Rien ne change, d’année en année sauf le nombre de rides sur mon visage et l’affaissement de mes seuls atouts.

J’ai un mari différent qui a l’attitude de la mère parfaite que je devrais être. Moi je n’aspire qu’à une vie de bohème et je pleure pour oublier mon semblant de conformisme. Ceux qui me connaissent bien disent que j’ai eu tout ce que je voulais que je suis une insatisfaite chronique et ceux qui ne me connaissent pas confirment ou disent pire … Ce serait donc vrai que je ne regarde que mon nombril. C’est certain que Oui. 

Alors je sors beaucoup trop pour me donner l’illusion que je suis toujours fraîche, belle et libre. Je m’entoure de jeunes beautés qui ont l’intelligence de me faire croire que je suis une des leurs. Et m’entendre dire vers une heure du mat d’une bouche masculine la pire des choses… La vêrité… oui je suis blonde et oui je suis vieille.

Je sais je suis en boucle. Je ne tiens finalement pas ma promesse. je n’arrête pas.

 

Emmène-moi…

8 juin 2011

Photographe Erica Fava

Je suis accoudée au comptoir du Dancing où il faut être vu ou assise boulevard Herriot entre midi et deux… Je les observe.

Lili, Marion, Lou, Marie, Eve et toutes les autres. Elles sont pour la plupart vraiment très belles, la beauté du Diable comme on dit… Elles portent des mini-shorts en jeans élimés, des collants déchirés mais des Wolford s’il vous plait, elles regardent mon sac Dreyfuss ou mes talons Chloé, elles savent, je sais… On se voit sans se connaître. J’étais Elles, elles seront sans doute un jour Moi. Je me vois en Elles, elles me parlent tout bas, de leurs amours pour ce Dj, oui tu sais Bruno … De ce manager, oui tu sais Hugo… De ce beau gosse, oui tu sais Pédro… Elles parlent, elles racontent… Ils paradent. Ce petit monde, entre Paname et Tijuana, s’échange des fluides aussi facilement que des flux. De quelques mots sur twitter à de nombreux verres de vodkas. D’un peu de salive à un week-end dans un lit. Tout est si simple, jeune et en musique.

En écoutant leurs conversations ce midi, je revoyais ma bande d’amies du temps que les moins de vingt ans connaissent forcément pas si différemment aujourd’hui… Nous étions perdues, nous avions 16 peut-être 17 ans. Ceux que nous regardions énamourées allaient au Duke à côté des cinémas porno… Ils écoutaient The Cure, The Clash, The Sex Pistols… Ils nous mataient de haut et nous baisaient en douce. Leurs vraies copines avaient plus de 25 ans et ça nous faisait marrer. Aujourd’hui, nous irions sans doute dans des Skins Party, dans des afters d’appartement à la vue imprenable … Ce qui au final n’empêche pas de réussir sa vie ou de crever jeune… C’est pas mal aussi.

Turbo Recordings/Turbo101-Borderline-Stay

Don Juan 1973 _ Roger Vadim

Elle est arrivée à l’heure la Grande Poupée, elle n’a pas vraiment changé juste les cheveux un peu plus courts sur ses jambes toujours aussi longues. 4 jours sous la pluie, à danser la nuit et s’acheter des fringues la journée, on ne change pas un binôme parfaitement complémentaire. Elle attire, j’observe la parade. Elle ne bronche pas, je vacille au premier verre. Je n’ai plus la foi, Dieu n’est pas une Blonde. Je l’ai longtemps cru.

Il paraît que samedi, elle sera là. J’aurais aimé que tu restes encore un peu ma petite chérie. Danser et boire des vodkas, une religion comme une autre.

 

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