Petite Amazone

4 avril 2011

 

Photographe Guilhem Malissen @pornkid

Mon sein droit avait poussé, pas le gauche.

J’ai 12 ans, je ne sais plus très bien pour quelle raison non fondée, la famille avait décidé de m’envoyer en colonie de vacances plutôt que de partir rejoindre mes cousines avec ma petite soeur au village comme tous les étés.

Je me suis donc retrouvée avec des filles et des garçons de mon âge et d’autres plus âgés au milieu de ce paysage qui n’avait rien de mon maquis natal. Tous les soirs je pleurais. Tous les jours, j’angoissais à l’heure de la baignade, mes longs cheveux châtains placés du côté gauche pour cacher ce sein inexistant. Les jours de pluie, j’étais contente, je portais un K-way blanc et les autres m’appelaient "La Blanche" ça me plaisait bien, à l’époque je détestais mon vrai prénom.

Chaque soir, les filles de 14 ans expliquaient à celles de mon âge comme rouler des pelles aux garçons, elles fumaient en cachette et leurs langues avaient le goût du tabac, c’était écoeurant.

Le dernier soir avant le départ, nous avons dormi sur la plage, à la belle étoile, autour du feu de camp chacun mettait en pratique l’entraînement intense de la semaine pour tourner sa langue dans le bon sens.

Pierre a caressé mon sein droit, tripoté mon clitoris, j’ai joui accompagné pour la première fois et la seule chose dont je me souviens vraiment c’est que sa langue n’avait pas du tout le goût du tabac.

Je ne suis plus jamais retournée en colonie.

MyArtPrism #JoSchwab

4 avril 2011

J’ai passé la soirée, les yeux fermés à danser.

Je n’avais pas envie de sourire ni de parler pour ne rien dire à des personnes que je vois chaque semaine et dont je ne me souviens jamais du prénom. La curiosité toisait en puissance l’anonymat hier nuit. Il faisait extrêmement chaud, plusieurs mondes, des clans réunis autour de meneurs plus que discrets. Les filles étaient jolies et dédaigneuses comme les hommes aiment qu’elles soient. Moi je suis tout l’inverse alors je danse. Finalement être venue accompagnée à au moins l’avantage de me muscler les cuisses.

Aujourd’hui, il faisait très beau, j’ai donc très peu dormi pour éviter que ma famille et mes amis ne me renient. J’étais allongée, une bonne partie de l’après-midi, sur un transat, j’écoutais en fond les rires qui ponctuaient des discussions animées. Je somnolais en pensant à ce qui me tente. Dites à une adolescente de ne pas faire quelque chose et c’est évidemment la seule chose qui l’obsède.

Mon obsession est un homme qui n’est que virtuel. Et me donne ce sourire niais qu’arborent ceux confrontés à la tentation juste avant le péché.

Je crois qu’il va me falloir couper la tête du serpent. 

 

 Tracks La Dame Noir

Sorties Alternées

1 avril 2011

Photographe Scott W H Young

Il est 5h du matin, je suis rentrée depuis bientôt 3h, il n’est toujours pas là.

Je suis allongée, pas vraiment soucieuse, juste peut-être un peu de culpabilité judéo et d’excitation chrétienne. Je ne devais pas sortir, juste un dîner dans ce restaurant où les notables de la ville ont leurs habitudes. Une tenue légèrement transparente, aux motifs slaves, une allure à qui l’on donnerait le Bon Dieu sans confession, le décolleté est caché, la longueur de la robe validée, les talons ne sont pas trop hauts. Seul mon regard et mes cheveux jamais coiffés pourraient en dire long, pour ceux qui savent reconnaître les êtres comme moi.

Cela fait longtemps que le pacte moral a été signé, nous nous sommes habitués à nos étranges conceptions de la vie, à force de concessions et de négociations, un équilibre sur le long terme fait le ciment de notre couple, aux yeux du monde, bancal.

Hier nuit, nous étions tout deux dehors, lui avec ses amis, moi avec les miens, nos enfants bien au chaud, couchés tôt. Nous nous sommes croisés, salués comme de vieilles connaissances. Puis perdus du regard vers minuit, chacun ayant envie d’ailleurs, sans surveillance bienveillante.

Je passe le reste de la nuit à écouter des jeunes hommes qui me donnent un sourire que bien des jeunes filles reprouvent du regard. Si elles savaient comment elles vont devenir, une fois qu’elles auront construit ce que j’ai. Elles effaceraient sans doute leurs mauvaises pensées conventionnelles à mon égard.

5h10, j’entends la porte du garage s’ouvrir. Elle est sans doute quelque part entrain de dormir ou de se coucher celle qui va me le prendre. Je ne sais même pas si ça m’angoisse, m’énerve ou me rend heureuse pour lui.

La porte grince. Je ferme les yeux, sereine, en attendant que tout s’effondre.

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