Satanico Pandemonium
30 avril 2011
La soirée commence comme un mauvais film de série B. Je rejoins une jeune femme qui pourrait être ma fille et je sais que tout ça risque de mal se terminer.
Il fait encore jour, nous avons rendez-vous dans l’antre d’une bande de vampires, Vlad et sa horde d’Erzsébet. J’ai peur d’être à nouveau aspirée par ce monde que j’ai quitté il y a longtemps. L’appartement est spacieux et clair, insoupçonnable. Il y a toujours un éclair de stupeur quand des êtres que tout oppose se retrouvent face à face. Le canapé immaculé est confortable, je bois du rosé dans un joli verre, l’ambiance s’installe doucement, les rires font échos aux verres qui tintent. Des nymphes tout en jambes et shorts en jeans élimés arrivent et marquent leur territoire d’un seul regard. La relève est là, nous partons.
Les lieux se succèdent, les mêmes têtes à des heures différentes, ici on fréquente les endroits au nombre de bises que l’on va faire. Personne ne s’apprécie vraiment mais tout le monde me sourit. La Dame pas encore noir(e) de monde nous joue du Mr Carter et ça nous change, Natasha n’est pas arrivée, je suis pressée de la rencontrer. Mes pas de danse sont hésitants, l’alcool n’a pas encore joué son seul rôle, me faire oublier que je devrais rentrer chez moi. L’endroit d’amour se tinte de désamours, les corps ne se frôlent plus, ils s’entrechoquent. Les choses vont bientôt se poursuivre ailleurs, la course à rebours vers l’autorisation conjugale approche. Il faut tout voir, tout faire, vite. La cavale continue, couloir interminable, relents d’une jeunesse lointaine. J’ai 20 ans, première salle à droite, je rentre à l’école d’architecture dans quelques semaines, je vomis au rythme de Californication mais ce n’était pas encore une série bandante. Cette nuit j’ai 40 ans et je croise des têtes qui existaient déjà. Le concert commence We play We are, la tête me tourne, je danse sans réaliser les conséquences d’un déhanché comme une invitation. Mon corps ce n’est plus moi et mon esprit est ailleurs, là où mon dévolu s’est porté il y a quelques semaines. Je ferme les yeux, une nuée de jeunes femmes me protègent de son regard. Il est là. L’objet de ma mystérieuse attention.
Il est presque 5h. Cendrillon sent un cou et s’échappe.
La vie fantasmée vs la vie réelle, éternel recommencement. Je viens de recevoir un message à une heure inhabituelle. Je suis troublée, tout se mélange, tout devient flou.
Envie de calme_au_soleil.
L’ennui d’une femme est un avertissement…
25 avril 2011
Imbroglio
22 avril 2011
La porte de l’ascenseur se referme… Il se faufile au dernier moment… Instinctivement, je sais que c’est lui … 5ème s’il vous plaît !
La scène devait commencer comme cela, une rencontre fortuite avec un homme du hasard, un soir après un dîner passé seule au bar du Mama Shelter. Décrire mon attente d’un rendez-vous qui n’est jamais arrivé, les vodkas cucumber pour oublier. Tous ces hommes en costume accrochés à leur téléphone, tous ces groupes qui rient fort, toutes ces jeunes filles immensément belles et moi au milieu. Je ne suis pas très à l’aise, le tabouret est très haut, ma jupe est trop courte, j’ai mis des bas et ce fût comme tout le reste, une très mauvaise idée. Il y a bien ce barbu en face de moi, seul lui aussi, il ne m’a pas regardé une seule fois sur les deux heures passées l’un en face de l’autre. Le zinc du bar est remplacé par un comptoir lumineux, passé 30 ans cela donne juste un air fatigué à tout le monde. Il y a cet immense baby-foot et ses jeunes hommes qui s’agitent autour, ça m’occupe un peu. Les barmen sont de jolis garçons mais ils trop débordés pour devenir intéressants. Je décide de faire ce qu’une femme n’entreprend jamais à moins que ce ne soit son métier. Je me lève, je longe le comptoir pour m’asseoir à la droite du mystèrieux barbu. Il me regarde m’asseoir, je lui souris, il acquiesce d’un rictus étrange. Je sais qu’il a compris, il sait que je sais qu’il a compris. Je commande deux verres. Pour me remercier il pose sa main sur ma cuisse.
Il doit être 1h45, le bar de l’hôtel va bientôt fermer. Je pose le porte-cartes de ma chambre ROOM52 sur le comptoir, je le récupère, je me lève, je traverse le restaurant sombre et vide. Je suis devant les ascenseurs, les portes s’ouvrent, j’insère ma carte.
La porte de l’ascenseur se referme… Il se faufile au dernier moment… Instinctivement, je sais que c’est lui … 5ème s’il vous plaît !
La scène ne continue pas, elle ne se finit pas… C’est juste la nuit imaginaire de deux vagabonds célestes.
[Crush] #Barbus
20 avril 2011
Innocents aux mains pleines
19 avril 2011
Je suis allée à cette soirée sans motivation, pas vraiment habillée pour séduire. Je suis sortie du bar, il faisait chaud à l’intérieur, il commençait à y avoir cette odeur âcre, piquante, caractéristique. Depuis le 1er janvier 2008, la vie la nuit se passe sous des bâches à côté de chauffages extérieurs. Je ne fume plus alors je sors parce que quand je n’ai pas trop bu, je trouve que les autres puent.
J’avais mis ce jean Scotch&Soda qui m’allait plutôt bien quand j’étais très mince maintenant je porte une chemise qui couvre subtilement mes fesses de quadra, je sors mon verre à la main, le regard fuyant, je le vois, il est assis sur la terrasse, un peu à l’écart, il téléphone. Je tatycharde, je trouve heureusement le regard d’une copine qui attend son sandwich au kebab d’à côté. Il continue à me fixer en biais, je m’assieds sur une chaise en face de lui, je ne sais pas pourquoi je fais ça, je sors mon téléphone, toujours cette histoire de contenance, je fais défiler n’importe quoi, je ne lis pas, je fais semblant d’attendre ceux qui avaient faim. Je vois une ombre approcher, il s’est levé, il avance vers moi, dans ma tête c’est le stress, il fait quoi là ?! Il vient me parler ?! Non, il me frôle, un réflexe malheureux ou heureux ?!
Deux versions. La vraie. L’imaginaire.
J’attrape son avant-bras, il me tire vers lui, je me lève. Tout s’arrête, il n’y a plus des dizaines de personnes qui nous connaissent. Justes deux mots Tu viens ? Je ne réponds pas, je souris. Il marche vers les voitures garées de l’autre côté de la rue. Je le suis toujours silencieuse. J’ai chaud, il fait froid. Il ouvre la portière de sa voiture, je monte côté passager, il s’assied et démarre. Nous avons roulé peut-être une demi-heure sans parler, la musique était douce. Au milieu de la Gineste, il s’est garé. Je me suis laissé faire, tout, sans bruit, juste quelques souffles en accéléré quand ses mains ont effleuré mes seins. Je ne fermais pas les yeux, cette envie de ne rien rater, de tout apprécier, la moindre petite goutte de buée qui dessinait mon plaisir. j’ai creusé mes reins, contracté mes cuisses et je ne sais plus par quel miracle je n’ai jamais été aussi souple. Mon cul sur sa queue, mes cheveux contre le pare-brise, mes mains agrippées à tout ce qu’elles trouvaient. J’ai joui comme ça dans cette position improbable avec le levier de vitesses qui m’arrachait le mollet gauche.
Il doit être 6 heures du matin. Les vitres ruissellent, laissant apparaître ce qu’il faut cacher.
Nous rentrons chez nous avant que nos enfants ne se réveillent. Il est bientôt 7 heures.
Autarcie
19 avril 2011
Illustrateur JAN HÅKON ROBSON
Je rate tout. J’ai la sensation de ne pas être une bonne maman, une femme aimante ni une maîtresse enthousiaste. Rien ne me va, j’ai atteint la limite pour tout, trop de satisfaction devenue dégoût.
Hier soir, je lui balance mon mal être comme tous les ans à la même période, je lui dis que rien ne va que je veux retrouver ma liberté, il me démontre que j’ai tort. Je me calme en me disant que les vacances en Corse vont me soulager que je prendrai une décision en septembre. Moi qui déteste remettre les choses à plus tard, je ne fais que ça pour ce problème uniquement.
J’ai toujours eu, ce petit dictateur dans ma tête, cette petite fille capricieuse et égoïste qui ne pense qu’à son cul et comment elle va pouvoir le faire bronzer.
J’ai pris la décision de ne plus sortir la nuit quelques temps. On verra bien si ça change quelque chose. Je lui faisais justement remarquer que nos amis divorcés étaient de ceux qui ne sortaient jamais et encore moins séparément. Il a souri.
Finir comme tous ces couples sclérosés ou explosés, je préfère encore passer pour une salope de mère de famille.
L’envie, ce vice contraire à tout amour
18 avril 2011
« L’inconnu, c’est toujours excitant… » David Lynch
17 avril 2011
Coupez-moi la tête
17 avril 2011

Il n’y a pas si longtemps mon visage était anonyme, seulement quelques fidèles tombeaux connaissaient ma véritable identité. Je naviguais en toute liberté, j’observais, je riais, je dansais sans craindre d’être reconnue, je rentrais d’une soirée un peu trop arrosée et je racontais ici mes lendemains nauséeux. J’avais la critique facile et l’autodérision compensatrice. Hier, j’ai passé la nuit à me sentir observée, à me demander si ce regard insistant, ce sourire ou cette main qui a effleuré mon dos étaient des signes de reconnaissance. Je me sentais mal, je suis sortie prendre l’air, ça n’allait pas, rien n’allait. Je me suis rapprochée d’une groupe de connaissances pour me donner une consistance, je ne fume plus alors je parle aux autres.
Cette nuit, je suis rentrée chez moi tôt pour une permission qui m’était accordée pour bien plus tard, je suis surtout rentrée sobre, ajustée presque bien coiffée. Mon imagination a poursuivi la soirée d’une autre façon. M’échapper, me cacher, être retrouvée plutôt que de subir la dure réalité d’un " Je ne te connais pas " dit par un regard déçu.
1-1 . La balle est perdue. La partie interrompue.
(humeur noctambule) #ForeverYoung
16 avril 2011
(humeur du jour) #clever
13 avril 2011
"Ils sont partis en voyage d’affaires"
12 avril 2011
Photographie The Selby Book
Quand je suis dans cet état rien ne passe, la moindre plaisanterie peut finir en drame.
J’ai envie de pleurer, aucune larme ne coule, j’ai envie de crier, aucun son ne sort, j’ai envie de faire quelque chose, je reste des heures sans bouger, assise là où l’angoisse est survenue. Je bug.
Il suffit d’un rien. Ce matin, je me suis levée tôt, de bonne humeur, souriante, je suis descendue pieds nus prendre mon thé sur la terrasse face aux bambous, les enfants dormaient encore, la maison était silencieuse, calme, c’est tellement rare. J’appréciais le moment. Je faisais défiler les mentions de la nuit sur mon iphone, je répondais aux mails, j’étais vraiment bien. Je souriais en lisant mes followers, l’un d’entre eux partait encore en voyage, je me suis alors demandée pourquoi il ne répondait plus quand je le mentionnais en me disant que ce n’était pas bien grave finalement et puis j’ai cliqué là où il n’aurait pas fallu, j’ai vu qu’il ne me suivait plus. Dans l’absolu, ce n’est rien, il n’est rien, un parmi beaucoup d’autres. C’est vrai qu’il y a quelques mois nous avions beaucoup échangé puis il était passé sans doute à une autre, la source des proies est intarrissable sur les internets. C’était après avoir envoyé des photos de mon visage qu’il était devenu silencieux, j’en ai conclu qu’il devait me trouver moche. Je ne me suis pas formalisée, on ne peut pas plaire à tout le monde. Mais ce deuxième coup bas, je ne sais pas pourquoi m’a fait plus de mal, j’ai ressenti cette douleur, cette boule sous la poitrine. je me suis sentie toute fragile, frêle, tremblante comme il y a longtemps quand mes parents partaient précipitamment un dimanche soir dans leur bolide jaune pour courir l’aventure durant de longues semaines. Je suis redevenue en une seconde cette petite fille qui se sentait abandonnée, cachée sous la table du salon, en pleurs. Evidemment comme eux à l’époque, il en a nullement conscience (que Dieu lui pardonne mais j’espère bien qu’une belle petite salope va lui faire péter son coeur, de jeune parisien prétentieux).
Cette journée s’est ensuite passée le plus normalement du monde, un dossier à rendre, une réunion interminable, un déjeuner avec ma meilleure amie dans une brasserie en bord de mer et puis cette envie d’écrire en DM à l’inconnu reconnu. En me disant que si je reste bien cachée, il ne m’abandonnera pas, Lui.
"26 degrès, envie de plage"
Vous êtes des centaines, chaque jour un peu plus nombreux à venir lire des morceaux de ma vie tellement banale. Je n’ai pas du tout l’intention de supprimer cet espace. Un jour pourtant il le faudra.
Casual Sex… Virtual
11 avril 2011
Photographe Hedi Slimane
Les hommes de mon attention ont disparu, les uns après les autres, ici ou ailleurs, certains frappés de lassitude, découragés d’autres volontairement ignorés ou plus du tout sollicités. Il me fallait faire le vide, ce manège avait assez tourné.
J’ai donc été, au choix et dans le désordre, silencieuse, odieuse, ennuyeuse et emmerdeuse. Tous ont lâché prise assez facilement ce qui me conforte dans ma démarche d’assainissement.
Il en reste un, un serpent ou plutôt une anguille savoureuse.
Je ne veux rien savoir de lui. Tout imaginer.
C’est mon #CasualSexVirtual
TodayIsAGoodDay #Diversité
11 avril 2011
MyArtPrism #John Kacere
11 avril 2011
(humeur du jour) #Mélancolie
6 avril 2011
TodayIsAGoodDay #RyanMcGinley
6 avril 2011
Est-ce que j’ai une tête de sardine ?!
5 avril 2011
Photographe German Saez
J’ai passé une nuit horrible. A me tortiller des heures sur mon lit sans trouver le sommeil.
Comment peut-on à mon âge, dans ma situation, se mettre dans un état pareil pour quelqu’un dont on ne connait finalement pas grand chose. J’ai vraiment un souci affectif. Je ne peux pas m’empêcher de m’attacher aux personnes avec qui j’échange. J’ai parfois cette sensation désagréable d’être gardée au chaud en attendant mieux. C’est vrai que nous sommes tous, plus ou moins logés à la même enseigne, je parle un peu avec l’un puis avec l’autre et toi tu fais pareil, on appelle ça, les réseaux sociaux. Tant que l’on ne s’en cache pas, finalement c’est assez sain, ou non, mais quand même plus ou moins clair.
Hier soir, je me retrouve à lire les messages de quelqu’un qui me reproche mon manque d’intérêt à son égard alors qu’il pue l’envie pour une autre. Je veux bien faire un peu abstraction mais il y a des limites, je ne suis pas là pour répondre quand monsieur s’ennuie de l’objet de son attention.
Cet échange qui s’est mal terminé m’a fait penser à cette vieille histoire. Un soir le jeune homme avec qui je formais un bébé-couple m’annonce qu’il souhaite me quitter et me balance la bouche en coeur " tu vois, j’aimerais te mettre dans une petite boîte que tu puisses m’attendre et je reviendrai dans quelques années…" Je n’ai rien dit ou juste un "Ok Salut !" en claquant la porte. Deux mois plus tard, une fois qu’il avait trempé son biscuit un peu partout, il est revenu. Evidemment je l’ai envoyé balader.
Ce petit con pensait sans doute que j’étais une sardine.













































































































































































































