Miss Nobody
22 mars 2011
Photographe Milan Vikmirovic
La vie. Le choix de Sophie. L’effet papillon.
Oui je me répète, oui mon blog bégaye.
Oui ma vie est faite de rencontres, de parenthèses qui s’ouvrent puis se referment, oui je vis assez mal les fins. Je ne supporte pas que les choses se terminent qu’elles s’effilochent, je ne supporte pas que l’on m’abandonne alors je détruis, je quitte, je fuis avant (quand c’est encore intense et bon). Pour ne pas être déçue, je préfère m’imposer la douleur, le manque (et finalement idéaliser). Je me sens en insécurité en permanence, je sais que cela m’empêche de vivre les choses sereinement mais aussi d’en augmenter l’intensité, peut-être que l’homme qui vit avec moi en profite au même titre qu’il en souffre. J’ai cette peur irrationnelle d’être abandonnée, tout en faisant tout pour qu’il le fasse. Il ne le fait pas. J’ai un besoin d’affection flagrant, mon enfance, mon éducation expliquent parfaitement cela. Et je reproduis le schéma, je ne suis pas affectueuse… je sais être douce et tendre mais je me reprends rapidement assimilant cela à de la mièvrerie. Je suis une frustrée consentante. En recréant avec Lui, Eux, cet état d’abandon originel, je me complais à plonger tête la première dans cette frustration. Qui au final me fait bander (La vulgarité donne souvent mieux "à voir").
Alors, certains diront que je suis limite Boderline parce que cette femme que je qualifie de banale a des humeurs changeantes, un manque de confiance couplé d’un narcissisme puissant, des relations humaines jamais sereines et cerise sur le gâteau un comportement auto-agressif. A tout cela Messieurs les procureurs, je dis " Oui, je suis coupable" mais le vrai responsable c’est ce connard d’Oedipe.
Ma mère était une femme parfaite. Juste qu’elle n’a jamais été une maman. Et j’ai toujours cru que j’étais la cause de son désinvestissement maternel. Il paraît que je me réfugie dans des conduites d’échec pour soulager ma culpabilité. Une blessure narcissique qui se manifeste par une affectivité à fleur de peau et vous pouvez me donner tout l’amour du monde qu’il sera toujours insuffisant pour combler mon manque d’amour primitif.
"Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve" est l’hymne de ceux qui sont comme moi. Des enfants abandonniques. Toujours entre une quête insatiable d’attention, d’amour et un rejet destiné à détruire toute relation pouvant déboucher sur un éventuel nouvel abandon.
Sinon là, tout de suite, je vais aller manger au Spok. J’ai faim.



