Montre-moi

15 juin 2010

Photographe Brigitte Heinsch

Je pense à ça quand il pleut, encore plus que les autres jours. C’est un flux continu dans mon cerveau déjà bien encombré quand le soleil brille. J’écarte les cuisses, à la limite de la douleur, ça étire mes adducteurs et ça me donne envie d’une lente pénétration. Pour me calmer, je pense à des moments particuliers souvent les mêmes pas nécessairement les plus satisfaisants d’ailleurs, étrangement. La frustration m’excite. Les heures passent et la chose monte, elle commence tout en douceur, je choisis mes dessous et je les enfile sur ma peau enduite d’huile sèche. Le rituel est toujours le même,  je suis devant mon miroir, je pixélise les étapes, je m’installe au bord du lit, je fais glisser mes doigts en remontant de ma cheville vers le pli d’une fesse, des mouvements lents, appuyés et circulaires. Je m’assieds, je me cambre, je bascule, je me caresse, je fais sortir un sein de mon tee-shirt, je le presse, je me pince le téton. L’excitation est telle que ça monte très vite. Quand il est là, je lui envoie un mms. Une photo et quelques mots. Monte j’ai envie.

 

L’autre rive

14 juin 2010

 

Pingoo.com

Cette fille dans l’eau ça aurait pu être moi à cette heure.

Je ne devais pas travailler aujourd’hui et puis finalement si. On appelle ça, une obligation professionnelle. Alors je suis là, devant cet écran, je viens de finir cette présentation pour mes vieux cons. J’ai enfin fermé cette porte qui est restée trop longtemps ouverte. J’ai envie d’être seule, même pas avec moi.

Je n’évolue pas, Je rêve toujours d’autres rives. c’est ma façon de m’échapper sans bouger, je pense à mes bouffées d’enfance, mes parents me manquent. Je suis dans cet amas de tergiversations, de questions qu’il n’est plus temps de se poser. Je vis à petite échelle, et dans ma tête tout est immense, il n’y a pas de fond, pas de limite, je viens d’avoir 20 ans et je pars faire du surf au bout du monde. Je renonce, imaginant remettre en cause mon autoroute sécurisée, je me leurre derrière ma ceinture bien accrochée. Juste aller voir ailleurs si une autre vie ne m’attendrait pas, prendre un chemin sur le côté. Je plonge dans mes pensées, j’ai le corps chaud et l’envie prête à déborder. Je tripote mon nouveau collier, camisole sentimentale. Je l’aime et le désire celui qui a toujours confiance en moi, celui qui me fait des cadeaux que je ne mérite pas. Je le désire et je l’aime, celui qui ne me voit pas, celui qui m’écrit des mots trop beaux pour être près de moi.

Mon cerveau est infidèle, c’est un fait. Ma chair est faible, c’est un acte. Au milieu, mon coeur balance.

Dans le désordre

13 juin 2010

Je suis rentrée un peu avant le Prince Charmant et bien après Cendrillon.

Ivre.

Sa queue dans ma bouche vers 5h du mat je n’ai plus de frisson.

Le soleil ni la mort ne peuvent se regarder fixement a dit je ne sais plus qui.  Nous ne vivons pas sur la même planète, la mienne est sombre, tourmentée, exacerbée, toujours à fleur de peau, mon gris anthracite se cache derrière un physique enjoué, généreux, souriant, avenant. L’opposé avec sa tête de tueur à gages, immense, impressionnant de simplicité, d’assurance, de vraie fausse mauvaise humeur.  Un duel perpétuel passant de l’ Amour à la Haine sans fondu enchaîné.

Il est 9h30, son réveil vient de sonner et il veut encore baiser. Et moi, je ne suis jamais contrariante pour une seule chose pour le reste c’est lui qui se lèvera pour aller chercher nos enfants dispersés. Je crois que ce train de vie loin de nos apparences nous sied parfaitement. Nous rentrons imbibés, drogués, totalement déchirés. Il n’y a qu’une seule chose de positif dans tout ça, nous sommes d’accord au moins sur ce point. La courbe déclinante a commencé,   il est déjà trop tard pour moi. Lui aura toujours l’avantage. Celui dans le désordre et aux choix,  quelque part entre une bite et le compte en banque qui va avec.

Je suis mauvaise et nocive. Un homme prévenu en vaut deux et s’il est bien nourri, c’est encore mieux.

Mugwump aka Geoffroy ( Kompakt_ Permanent vacation) by Virgo Music

 

(humeur du jour)#20

10 juin 2010

 

 

 

 

Non rien

8 juin 2010

Anna Thomson – Fast Food Fast Women

J’ai l’apparence et la peau dorée de la blonde qui glousse.

Quand on gratte un peu, je me mets à pleurer. Je vais certes. Sans plus, sans moins. Je suis un machin inerte. Un encéphalogramme plat. Désabusée, je n’ai même plus envie de discuter, de m’énerver, je suis à terre, je récupère. Comme mon physique, mon sourire, mes humeurs diurnes ou noctambules ne sont qu’esthétiques, elles ne veulent rien dire.

Il est 9h58, une réunion, je prends des notes, je m’ennuie, je lis des mails, je fais semblant. Le temps est long quand ce qui se passe autour n’a plus beaucoup d’intérêt. Il est 10h, je suis dans ce verre où s’émiette une pilule soporifique. Je suis un reste, quelques apparats de quadra entretenue.

Je suis allée à ce déjeuner hier, rejoindre cet ami de jeunesse, dans la bande c’était le mignon goujat, celui à qui les filles pardonnaient tout. Je n’étais pas arrivée au restaurant que je le regrettais déjà, il a sûrement changé, 17 ans sans le voir, toute une partie de ma vie insouciante et heureuse, la grande villa pas loin de la mer, le petit port de pêche, la vie d’étudiante, serveuse dans une pizzeria l’été. J’étais garée, je me remémorais le passé, je faisais défiler le présent sur mon téléphone,  quelqu’un tape à la vitre. Première impression, seul son regard doux et vicieux n’a pas changé, le reste a grossi, blanchi, vieilli. Deux heures pour manger deux tartes du jour accompagnées de leur salade et deux cafés chacun, il a bu un Orangina comme avant. Il n’a pas vraiment évolué finalement une fois le physique occulté. Même à 40 ans, il ne me plait pas. Un beau jeune homme vieillit mal en général.

J’ai raconté tout ça à monsieur mon mari hier soir. Pour lui, il n’y a aucune équivoque, il veut réussir là où il n’a pas osé plus jeune. Je n’ai rien dit. Qu’on puisse avoir envie de moi me suffit finalement. Passer à l’acte a-t-il un intérêt ? Si ce n’est celui d’avoir toujours envie sexuellement d’un quotidien mariée deux enfants.

Non négligeable ? Chacun son avis. Le mien n’est toujours pas déterminé.

Kill Bill (Soundtrack) (Vol.1) – 01 – Bang Bang (My Baby Shot Me Down) – Nancy Sinatra

Samedi, sur un transat au bord de l’eau, les yeux fermés, cette sensation d’être allongée sur un nuage.

Je n’ai dormi que 3 heures, j’entends mes enfants parlementer pour qui aura la pelle rouge ? Qui creuse le trou ? Six Feet Under en live fait des châteaux de sable. Mon esprit divague, trois jeunes plagistes finissent d’installer les tablettes, les parasols, de ratisser le sable. Chaque année, leurs shorts noirs sont un peu plus courts pour de vieilles rombières, des mères de famille débordées, des éternelles insatisfaites et de jeunes nymphes. Les castes exhibent leur investissement chirurgical, leur famille recomposée, leur tout dernier prince d’un été ou simplement leur nouveau trikini rose. Je vois défiler des cuisses, des flancs, des fesses, des seins, il est 10h, je suis une écologiste corporelle échouée au milieu d’un banc de morues definitivement plus du tout, toujours, de loin ou encore bien bonnes. Je somnole en pensant à la soirée de la veille. Je me revois discuter avec cet homme devant la balustrade en fer forgé de cette terrasse face à un Cap Canaille tout rouge. Le soleil couchant me fait face et je ne vois plus très bien son visage, à moins que ce soit l’effet désiré de ce cocktail au pastis dont je n’ai toujours pas trouvé l’ingrédient mystère. il me parle de sa vie devenue précipitamment bien plus libre, de sa mutation ici dans ce Sud où les filles sont étranges, il me demande si je suis séparée, je lui réponds, il a soif. Je n’ai alors plus quitté le tapis qui servait de piste de danse. Je ne suis pas célibataire alors je me permets des débordements chorégraphiques, ce luxe de pouvoir s’amuser et déplaire. 

En temps réel, aujourd’hui nous sommes un dimanche et j’ai décidé de rester chez moi, au frais, deux journées plein soleil, ma peau de blonde sature. Installée près de la baie vitrée, je vois mon sage reflet, je suis devant mon ordinateur à lire la vie des autres, je m’enduis de biafine en écoutant de la musique, viendront ensuite les autres pensées et le diner bruyant à préparer.

J’ai cette sensation de passer d’un extrême à l’autre. Un grand écart au quotidien. Une délurée à la vie paisible si l’on regarde d’un côté  et de l’autre, une façade lisse au bordel sans nom juste derrière.

L’orage ne va pas tarder à éclater. Un léger frisson remonte le long de ce sillon trop creusé pour être honnête.

Je bois un volluto chantilly, c’est un dimanche sans soleil. 

Bill Withers-Ain’t No Sunshine

(humeur du jour)#19

5 juin 2010

 

(humeur du jour)#18

3 juin 2010

 

(humeur du jour)#17

2 juin 2010

 

Changement d’air

1 juin 2010

 

Il a fait une journée magnifique. J’avais envie de m’aérer.

J’ai annulé ce déjeuner qui ne voulait rien dire. A la place de cette fausse tentation, j’ai proposé à mon amie de promener nos morals dans ces boutiques placebo où un débardeur judicieusement échancré et une  jupe à deux volants rendent le sourire pour 49 €, moins cher qu’un Psy. Deux salades Quinoa et quelques achats indispensables plus tard, je l’écoute me raconter les choses de la vie, la réalité souvent difficile pour beaucoup d’entre nous, je me tais, il serait vraiment mal placé de ressortir ma complainte d’éternelle insatisfaite. Il est presque 17h, nos maris travaillent, nos enfants nous attendent, nous sommes en retard et en parfaites mères indignes nous avons envie de changer de parfum.

J’ai essayé cette eau de cologne, je me suis tout de suite sentie très connard, ça va me plaire de la porter.

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