Pas ce soir

30 juin 2010

Hier, nous sommes rentrés plus tôt, ensemble et c’est rare.

Il a eu ce spectacle, dans cette salle étuve, des poèmes, des chants, des acrobaties, des enfants heureux et des parents qui ont chaud. Il y a eu ce goûter, tous les 4, si on prenait le temps comme dit la chanson. Plus de devoir, pas de repas à préparer, je suis montée prendre une douche, les enfants sont allés jouer, il s’est installé sur le canapé pour regarder ce que tout hétéro de base fait depuis quelques semaines. Moi j’avais envie qu’on me passe de la crème dans le dos, j’avais envie d’avoir la bouche pleine de peau, j’avais envie qu’il enfle entre mes lèvres. Alors je lui ai envoyé un sms. Et il m’a répondue, non pas ce soir.

Je ne l’ai même pas mal pris, j’ai fermé la porte à clef, j’ai enlevé ma serviette, je l’ai posée sur le lit face au miroir, je me suis allongée dessus, j’ai écarté mes cuisses. Je me suis caressée doucement les seins, ça m’a donnée des frissons, mes doigts sont descendus lentement, j’ai relevé mes jambes vers mon buste et j’ai pensé à un autre homme, la tête me tournait au rythme de mes doigts, j’imaginais une queue différente, un goût piquant , une odeur enivrante comme la découverte d’une terre inconnue et j’ai joui. Par surprise. Une bonne surprise.

Il a bien fait de regarder la fin du match. Et puis ce soir aussi et demain, il peut regarder tout ce qu’il veut, moi je m’en fiche, l’été est là, les soirées au bord de la mer, les pieds dans l’eau, à la Buvette Disco, au Cabanon, Au Petit Pavillon et ça me va très bien. Il y a beaucoup de jeunes filles et plein de bambis qui n’aiment pas le foot. Et moi je ne suis pas vraiment à ma place au milieu de cette jeunesse dorée.

Je suis sans doute ridicule mais ce n’est pas bien grave je bois pour oublier et je porte des robes qui scintillent pour compenser. Du sublime au ridicule, il n’y a qu’un pas disait Napoléon. Si je suis les deux ça me va.

(humeur du jour)#25

29 juin 2010

Photographe Lina Scheynius

Parfois je rêve de Barbe Bleue.

Mon esprit se ballade. On m’a encensé  ses mains, sa bouche, ses cheveux,  son regard, sa barbe juvénile et cette particularité étonnante quand on le prend en bouche. Les femmes racontent mieux, les hommes n’ont pas cette mémoire précise du superficiel, disons pas tous. Je suis sensible à ces petites choses que d’autres qualifieront de détails. Alors on me raconte, on me décrit précisemment et je me délecte en écoutant.

Il y a quelques jours, j’ai senti cette chaleur, cette complicité, cela faisait longtemps que je n’avais pas ouvert cette porte. Une voix sans visage ni corps dans mon lit. Les premières secondes, j’étais comme tétanisée. "C’est étrange, cette impression, sur le moment, de vivre quelque chose de totalement hors du monde, du temps, d’unique. Pour s’apercevoir ensuite qu’on est un certain nombre à avoir vécu ça, finalement…" Je lis de belles émotions, au hasard des clics, des mots qui me touchent, qui m’emportent. Je rentre dans des quotidiens qui n’ont rien à voir avec le mien et je me sens alors moins seule.

Je rêve de télétransportation, de Star Trek, de retour vers le futur, de voyage au centre de la terre. Juste pour une heure, Barbe Bleue pourrait être près de moi. Il me chuchoterait un "tu es superbe, ton corps est fait pour être aimé", cette fois, je me permettrais de le croire, cette fois je me laisserais emporter. Il n’y aurait pas de deuxième, de prochaine ou de dernière fois. Barbe Bleue est un héros de science fiction, Barbe Bleue est un collectionneur de moments uniques. De moments sans avenir, un homme du moment, inexorablement. Puisque les femmes autour ne durent qu’un temps, quelques échanges, quelques jours, au mieux quelques semaines, le temps d’un épisode de sa vie. Barbe Bleue indique son mail entre deux banalités puis elles disparaissent toutes, les unes après les autres. Sans exception.

Démonstrations et dissimulations, les jeux de l’Amour et du Hasard.

Les jeux de Barbe Bleue, l’Homme Fatal, collectionneur d’éphémères.

(humeur du jour)#24

28 juin 2010

Charlotte Gainsbourg feat. Beck – Heaven Can Wait

Au présent

26 juin 2010

Aldous Huxley

Pas de plage aujourd’hui, il y a trop de monde le week-end.

Mes enfants invitent leurs copains et copines de classe et moi je fais des gâteaux.

Hier soir, j’alternais les substances licites et illicites dans une robe bustier crème très sobre, devenue vulgaire une fois enfilée. J’ai retrouvé ce corps fin et voluptueux, les femmes n’ont vu que la tenue, les hommes que mes seins. Je ne supporte pas le retour de mes courbes adolescentes, j’ai l’impression de revivre un cauchemar. J’ai détesté cette période où quelques volumes bien placés avaient pris le contrôle de ma paisible vie. Une silhouette de salope, un cerveau d’enfant, des mains, des queues et des hormones ingérables.

Les mamans, les papas défilent dans mon jardin, me laissent leurs enfants sans crainte, sans imaginer qu’il y a quelques heures, je dansais dans une piscine à moitié nue. Aujourd’hui, je vis mon quotidien normal au milieu de ces quelques heures d’extrêmes. Le premier pour me rassurer, les autres pour me motiver. Je suis un tout, un mélange gazeux fait d’eau plate et de bulles qui picotent au palais. Il est 15h, loin des sms, mms, mails et autres échanges prohibés, je me repose, je reprends mon souffle pour plonger toujours plus profond. Je pense à des choses futiles qui n’ont pas beaucoup plus d’importance que cette tenue mais qui font au final toute la différence.

Les hommes ne voient que les apparences, Ils s’étonnent ensuite que les femmes les rendent trompeuses. J’essaie d’être la plus authentique possible avec mes deux mamelles face à l’objet de mon attention ou mon miroir. J’essaie mais je ne réussie pas toujours, pas avec certains, ça me rend triste. Ces hommes là, ne comprennent pas que la mise en évidence de ces artifices n’est qu’une carapace, qu’une protection, qu’un manque de confiance, ils ne voient pas plus loin que du racolage. Mais passons, c’est un débat sans fin et je plaide coupable. La nature m’a gâtée d’un coté, il faut bien que je paie de l’autre.

Il est 15h56, je souris en lisant mon futur impossible me décrire ses belles journées. Je lui envoie mon présent rêveur. Nos vies se conjuguent au passé, nous n’avons aucun avenir ensemble. L’éphémère innaccessible compléte parfaitement le concret qui dort à ma droite. "Le bonheur n’est jamais grandiose" disait Aldous Huxley.

Tout va bien, je nage en plein bonheur minable.

(humeur du jour)#23

26 juin 2010

Risibles Anamours

24 juin 2010

 

Je viens de rentrer ma voiture dans le garage, je vois un filet de lumière sous la porte qui donne dans le salon, j’ouvre. Il est allongé sur le canapé, comateux. Je suis ivre, nous formons un couple extrêmement bien assorti. C’était hier soir.

Cette nuit, ce sera son tour de rentrer bien trop tard pour un père de famille respectable. Je n’ai aucune confiance en lui, un tout petit peu plus qu’en moi tout de même. Cette nuit, je suis la salope qui attend son salaud de mari.

Jimmy Hendrix – Foxy Lady

Personne ne croyait en notre couple, encore moins à notre vie de famille, même pas nous.

Nous avions tout deux juré de ne plus jamais aimer. Ne plus jamais aimer, pour ne plus jamais souffrir.

Nous sommes tombés en Anamour. Au moins celui-là, il dure.

L’Anamour by Serge Gainsbourg

 

 

"Seul le battement à l’unisson du sexe et du coeur peut créer l’extase"

Anaïs Nin

Moment d’inertie

22 juin 2010

En général, le bonheur des autres n’intéresse pas, même pas le tien et encore moins le mien.

Alors, je n’écris presque plus, je vis en souriant. Dans le sud, il fait beau, des nuits juste assez pourvues en tracks maudits, des journées juste assez iodées s’enchaînent. Je suis allongée sur une serviette en éponge épaisse pour ne pas être gênée par les galets de cette plage face au Cap Canaille, j’ai les pieds mouillés à intervalles réguliers par de petites vagues comme une berceuse. Je suis bien, je me sens bien, j’écoute de la musique de midinette. De temps en temps, j’ouvre les yeux, il commence à faire vraiment chaud, je me redresse, je ne remets pas le haut de mon maillot, je vais me baigner, quelques battements de jambes, l’eau est encore froide, c’est agréable, ma chair se tend, le bout de mes seins pointes, ils sont encore un peu jolis comme cela. Je m’enduis d’huile protection 8, ça sent l’été en Corse, ça sent Calvi on the Rocks, ça sent le plaisir. J’ai envie d’un sexe d’homme tendu à lécher, j’ai envie d’un Pourquoi pas.

Il y a là ton allure quand tu marches juste devant, comme dit la chanson. Alors Pourquoi pas. je n’ose pas bouger. J’attends. 

08 Chloé – One Ring Circus

Orange Mécanique – Stanley Kubrick

A l’attention de Tout le plaisir est pour moi

(humeur du jour)#22

17 juin 2010

Non non non

16 juin 2010

Photographe Ole Thomas

Il est midi, le soleil est réapparu et je ris comme une bécasse.

J’ai la tête de la fille heureuse, une masse de boucles blondes farfelues qui accentue la chose, je suis bronzée, je porte un slim trop moulant parce que j’ai pris du cul mais toujours pas repris la cigarette. Ce tee-shirt crème dans une matière fluide légèrement transparente suggère une poitrine pas catholique, je mesure cinq centimètres de plus que l’homme qui est en face de moi mais je triche. Nous déjeunons en tête-à-tête dans un restaurant pas discret du tout. Il me regarde avec tendresse ou envie, finalement ce sera les deux, sans café et l’addition. Il s’imagine peut-être que dans quelques jours si je continue à dire oui à ses invitations, je le sucerai goulument pendant qu’ il me caressera la nuque, puis le mouvement va s’accélérer et je manquerai m’étouffer sa queue au fond de la gorge, un filet de bave coulera sur sa cuisse. Il jouira, il y aura un silence mal à l’aise puis une pensée bruyante. Ne plus jamais se revoir. Non non non je ne le ferai pas.

Non non non non
Je ne veux pas l’oublier
Non non non non
Je ne veux pas m’en passer

J’veux juste aller mal.

Oui c’est ça en fait que je veux vraiment, être fidèle et malheureuse.

 

(humeur du jour)#21

16 juin 2010

 

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