Méthadone
31 mai 2010
Peintre Alexa Meade – Autoportrait
Les mots ne viennent plus aussi facilement, il y a pourtant beaucoup à raconter mais plus grand chose à en dire. Entre blocage et pudeur, les uns penseront que je continue de tourner en rond, d’autres que j’alimente mes secrets de Polichinelle. Au premier regard, je suis la même, avec quelques kilos en plus, ces 5 derniers mois sans cigarette sont une réussite pour celui qui soupèse mes seins en passant ses mains sous mon tee-shirt, ils sont lourds et denses, alors il ferme les yeux sur le gras qui commence à poindre ailleurs. Certains jeans ne me vont plus, voilà une bonne raison pour en acheter d’autres, acheter pour oublier. Oublier, un bon souvenir. N’est-ce pas lamentable d’en arriver là ?! Se forcer à raturer une belle chose. Je me demande encore où est l’erreur.
Une fois la première impression passée, cette image de femme souriante, amicale et accueillante, il y a ce monstre de doutes qui picote. Il y a quelque chose qui revient sans cesse, une attitude que je n’ai pas réussi à comprendre. Comme une aigreur après un excellent plat, qui remonte, me dérange, me pollue l’esprit, m’empêche d’apprécier le dessert. Parce qu’ici, dans ce monde de liens et de clics, il est difficile d’oublier, comme un personnage public que l’on n’a plus envie de voir et dont les frasques sont étalées à la une des magazines people. L’objet du tourment réapparait comme un pop up. Il y a pourtant de bons traitements de substitution. De très beaux même, trop peut-être. J’ai toujours eu un faible pour les mignardises.
Alors loin de cette image sociale, amicale, familiale, il y a toujours cette femme, assise au bord de l’eau, de son lit ou dans sa voiture qui fait défiler des moments, de bons moments et qui ne comprend pas. Elle se passe le film à l’endroit, à l’envers, où est la faute, sa faute ?! Il n’y a rien de pire que de ne pas comprendre, parfois il vaut mieux être coupable, au moins on sait pourquoi on paie. Les faits sont là, l’abcès gonfle, j’ai beau essayer d’ignorer, il ne cesse pas d’exister pour autant.
Je fais des rêves étranges, faussement beaux et véritablement terrifiants. Le matin, je me léve avec le sourire, heureuse que ce ne soit pas ma réalité. J’aime bien me persuader que mes envies, mes craintes, mes fantasmes, mes peurs me sont indispensables mais pas vitales. C’est bien que tout ce petit monde horrible et merveilleux reste dans ma tête ou de l’ordre de l’éphémère, de l’exceptionnel. Et ne m’empêche surtout pas d’avancer. Là, il y a une limite qui a été dépassée, un peu comme le Chat de Cheshire qui serait passé de l’autre côté du miroir. Ce fameux chat qui met parfois la patte sur des questions qui perturbent Alice.
Comme dirait l’Autre " les rêves sont faits pour être rêvés". Oui et aujourd’hui cela m’arrange, demain peut-être que cela me fera à nouveau pleurer. Demain je m’en fous.



