Pigalle Express
29 avril 2010
Miss Hua m’avait dit, tu verras tu ne le regretteras pas, ça va t’emflammer le moral …
Je venais de passer 45 minutes au téléphone avec elle, à lui confier mes doutes et mon désir éteint. Plusieurs jours entre culpabilité et énervement, à me poser des questions sur une attitude qui n’aura jamais d’explication. Selon elle, il était temps que je passe à autre chose. Je me suis mise à pleurer sous la douche, l’eau cachait le son de mes pitoyables sanglots. Quand c’est bruyant, après ça va toujours mieux.
Elle m’avait donnée des envies de lâcher-prise, comme un passage obligé pour mieux apprécier la sereine réalité. Mais pas d’escapade possible puisque je n’avais pas de déplacement prévu. Et puis sans l’attendre, une convocation, une réunion, un alibi parfait, une arrivée en gare vers 9h, et une grande brune toute en jambes pour m’accueillir au bout du quai.
24h en semi-liberté avec une Miss Hua à la détermination contagieuse.
Quelques bises et compliments plus tard, côte à côte, assises dans un taxi, passé le temps de l’agréable surprise, nous nous scrutons : La robe, le jean, le sac, les chaussures, les bijoux, le maquillage, le vernis, autant de détails qui font un tout. Nos valeurs réduites à quelques artifices. Et j’imagine déjà son sexe joliment épilé.
Elle donne une adresse au chauffeur, le Paradis des provinciales pressées de se damner… J’en ai essayé une vingtaine, des talons de 12, 10, 8, en noir, rouge, chair… Titi, Anna, Pass Pass, Fernando, Banana et les fameuses Pigalle… aucune ne m’allait, mon côté pouff ‘ en a pris un coup. En ressortant de la boutique, j’étais dépitée , elle m’a prise par la taille, en tapant ses petites fesses contre ma hanche, on s’en fiche, n’importe qui peut en porter… Oui je sais mais ... Tu sais les chaussures, c’est un peu comme les Hommes, on veut toutes celui qui ne nous convient pas, surtout s’il s’affiche avec beaucoup d’autres filles… Désirer ce que l’on ne peut avoir, avec avidité, c’est un peu notre leitmotiv à toutes, et je ne suis surtout pas différente.
Il faisait un temps magnifique, nous avions parcouru des dizaines de rues et finalement contente de ne pas porter de chaussures neuves.
Il était déjà tard, il ne nous restait plus qu’une petite heure pour nous préparer.
Nous avions un rendez-vous secret au restaurant de l’hôtel.
Une rencontre avec un Homme à la réputation mystérieuse… Attractive.



