En bref

31 décembre 2009

Poster Mossy Tiles

Je suis rentrée tôt, je me suis assoupie sur le canapé quelques minutes et puis à l’instant j’ai eu envie de t’écrire.

C’est dommage que tu ne me lises pas.

J’ai relu quelques posts ici et là, je me suis dis que peut être tu pourrais arriver à me comprendre, à m’aimer.

Je vais aller me préparer dans quelques heures je fêterai cette fin d’année.

Rien n’aura changé.

A demain.

CRYING DOESNT SOLVE ANYTHING
 
En ce moment je change, je mets du vernis coloré sur mes ongles, rouge sang.
 
Il y a quelqu’un quelque part qui a pénétré mon cerveau, mon mari pense que j’ai un amant. Il y a ce mail que j’ai envoyé sans attendre de retour, il y a trois ans, il y a trois mois, il y a trois semaines. L’échange se poursuit, l’émetteur est toujours le même, seul le récepteur change. Différents, ils le sont sans l’être vraiment, des mots simplement puissants pour un dénominateur commun qui ne sera jamais à la hauteur. Alors rapidement mes mots se transforment en photos. Je plafonne en profitant pleinement de ce désir en souffrance tellement bon que le satisfaire serait tout gâcher. Ne pas posséder pour ne surtout pas ôter cet attrait.
 
Restez loin, inaccessibles.
 
Toujours.

Trêves des confisseurs

29 décembre 2009

 
Domicile conjugal – François Truffaut 1970
C’est pourtant simple, le bonheur conjugal, Il suffit que je me lève de bonne humeur que je plaque mes deux bouillottes contre son dos. Et c’est reparti comme si de rien n’était.

Il ne me regarde plus mais il me baise toujours.

 Baiser avec lui comme si j’étais avec un autre dès le début. Il est peut être là, le sésame. Toujours s’abandonner et ne jamais faire confiance, ne jamais lui donner cette certitude que c’est acquis. Mais je ne le fais pas vraiment exprès, je suis ainsi et c’est comme ça depuis toujours et avec tous. Ma sexualité est toujours ailleurs. Mon cerveau ne peut s’en empêcher, il fait sa vie et elle est plutôt malsaine, violente, dérangeante. Mes fantasmes ne sont pas ma réalité, bien au contraire mais sans eux, mon plaisir n’est pas aussi fort. Lui ne cherche plus à comprendre, à régler le problème s’il en est un, il a intégré cette particularité comme moi sa queue. Alors je le suce copieusement pour qu’il oublie tout le fiel qui peut sortir de tant de douceur quand je lui en veux sans véritable raison. Un jour notre attirance physique ne sera plus suffisante, en attendant cette semaine de repos est parfaite. On mange trop, on baise plus, l’accalmie traditionnelle. Se donner encore envie sans changer de partenaire. Un travail a plein temps. Parce qu’imaginer son corps sur, sous, dans une autre me rend dingue. Je n’ai jamais aimé les manèges, le grand huit, la vitesse, le danger et je joue sans cesse à me faire peur. Qui peut comprendre.
 
Hier soir, j’avais envie de lui, j’avais prévu un petit scénario… Je me suis retrouvée toute seule dans mon lit à filmer mon débardeur petit bateau. Il est sorti avec ses copains.
 
La monnaie de ma pièce.
En pleine nuit,
dans une maison obscure, quelque part sur Terre … Ingmar Bergman. 

Dans les yeux

22 décembre 2009

Il y a 20 ans les Ceausescu étaient exécutés, moi je croyais encore aux Contes de Fées.

Le Prince Charmant est rentré cette nuit complétement bourré, les effluves de son corps aviné m’ont réveillée en coeur avec ses ronflements. Ce soir, il va sûrement remettre ça, il est déjà reparti, ses copains expatriés ont tous réussi leur vie professionnelle d’alcoolique mondain et foiré leur vie amoureuse. Il est bien parti pour renforcer les rangs des jeunes papas divorcés qui roulent en bolide rutilant pour compenser leur vie foireuse.

Aujourd’hui, j’ai dépensé un smic en cadeaux, le tiers pour lui et il a mis une demi heure, une fois rentré, pour réaliser que j’avais coupé mes cheveux. Ne soyons pas négative, il avait mis une heure quand j’avais changé de couleur.

Il arrive un temps où le choix du Roi, la jolie voiture, la grande maison et les beaux cadeaux ne suffisent plus.

J’aimerais juste qu’il me regarde un peu.

Rôle de composition (2)

21 décembre 2009

  
 
Je l’aimais (2009) Zabou Breitman
Parfois je me demande s’il y a une autre ? Comment elle est ? S’il la voit souvent ? Quand ? Parce qu’il n’y a pas de raison que ça n’arrive qu’aux autres.

Ce soir, il est dehors, ce n’était pas prévu mais pendant les vacances nombre de ses amis viennent voir leur famille, il y a donc prétexte crédible à sortir.

Il a rejoint un de ceux qui vit à l’étranger qui n’est là que pour quelques jours alors je ne dis rien, je comprends et puis je sais surtout qu’il ne me demande rien quand je sors, il serait mal venu d’empêcher, de poser des questions, de faire ma jalouse. Mais je le suis quand même, en silence.

J’ai quelques ami(e)s qui sont avec des marié(e)s. Nous parlons souvent de cette situation qui pour certains est arrangeante et pour d’autres une véritable souffrance. Attendre sans cesse que l’autre puisse se libérer, faire attention aux sms et au reste, être toujours prudent, à la disposition. Je les écoute et je me dis que je ne supporterais pas de passer toujours après la légitime même pour n’avoir au final que le meilleur. Parce que c’est toujours l’ordinaire qui donne envie une fois qu’on a fait le tour de la baise en cachette toute excitante qu’elle soit, ces petites choses simples, ne serait ce que de pouvoir se promener dans la rue sans crainte, aller au cinéma, se lever le matin ensemble, projeter un week end, un voyage, un simple resto.

Il y a quelques jours, j’ai ressenti cette sensation, j’ai attendu toute une journée la réponse à un simple mail, sans pouvoir savoir autrement que par ce moyen de peur de déranger, de mettre l’autre dans l’embarras. Cela m’a angoissée.

Je n’aimerais pas finalement être à la place de cette fille qui l’attend peut être ce soir, je n’aimerais pas qu’il me baise puis qu’il me laisse pour rentrer chez lui retrouver sa famille.

Je n’aimerais pas être moi dans les deux rôles. Et pourtant ça n’arrive pas qu’aux autres.

Une gélule de trop

18 décembre 2009

Hier soir 19h, je choisis une robe avec un décolleté pour passer ma soirée avec une écharpe autour du cou.

 
Je propose à Monsieur de venir avec nous, n’importe quel homme serait ravi d’être au centre d’une nuée de jeunes femmes dans un endroit bon et beau. Oui tous les hommes sauf quand il s’agit de sa légitime et de ses amies. Il a préféré rester au chaud, la bite à la main sans femme ni enfant, sa soirée idéale.
 
Trois daïquiris fraise plus tard, devant le restaurant il fait un froid polaire, je fume une cigarette en parlant avec des hommes qui ont laissé bibiche devant Grey’s anatomy et qui préféreraient que je me taise en enlevant enfin mon écharpe.
 
Je n’ai dormi que 6 heures, ce matin je constate que les les 30 jours d’oenobiol regard n’ont servi à rien.
 
Il faut que j’arrête de croire à ses conneries cosmétiques… ou simplement arrêter de rentrer tard et imbibée.

Sincérité d’une nuit

17 décembre 2009

Manipulation – M. Langenegger

Je suis rentrée tard cette nuit, toute seule. Le temps court d’un trajet au ralentit, j’avais raisonnablement trop bu.

Rien ne se passe comme prévu ces derniers jours, les grèves, la neige, ces quelques jours sur Paris annulés et cette sortie imprévue qui m’a finalement réconciliée avec ma bonne humeur  et ma nouvelle couleur de cheveux. Je commençais à m’habituer à ne plus venir écrire ici, il y a une vie en dehors de ce blog, du couple, il y a une vie dans ma tête, elle se conjugue avec d’autres hommes que je ne verrais sans doute jamais et qui voient, lisent sur moi bien plus que ceux à côté de qui je dîne chaque soir officiellement ou par hasard.

Hier soir, le hasard avait une tête connue, une barbe de 3 jours et un frère célèbre. Un simple coude contre le mien, un semblant de complicité, un souffle de pourquoi pas, de non possibilité et mon cerveau d’érotomane enchaîne, imagine, extrapole, se retrouve dans une chambre contre un quasi inconnu. Vous êtes libre ce soir ?

J’ai passé une bonne soirée. Ce soir, je remets ça.

Avis de tempête, l’ambiance domestique risque de se dégrader.

Crash Test

8 décembre 2009

Il y a des robes sur mon lit et des chaussures éparpillées tout autour, il y a moi, assise face au miroir, les cheveux enduits d’huile de palme. Je pose du vernis sur mes ongles, j’attends que la deuxième mi-temps se termine.

Il a une heure j’étais dans le salon, je testais une robe. Les hommes assis sur mon canapé sont de bons mâles sensibles et juste assez critiques.

Elle sera noire, pas trop moulante, pas trop courte, juste comme il faut pour rester pimpante mais en vie dans le métro parisien.

En attendant, je vais essayer de ne plus y penser.

15 mn en tête à tête. Ce serait trop bête de tout gâcher pour un manque de confiance en moi.

Je reste superficielle, égocentrique, obnubilée par le regard de l’autre, rien ne sert de vouloir cacher ce naturel tenace, de toutes façons la première impression restera la bonne.

Le sapin était scintillant vers 22h, à 22h27 son sperme coulait le long de mes cuisses.
 
Calme et tradition sont de retour au sein de mon foyer témoin, c’était 14-18 pendant deux jours, le temps d’échapper à un week-end de masse, de Toy’s R us aux galeries surchauffées. Nous nous sommes disputés dès vendredi soir pour des détails qui ne comptent que quand on est en couple depuis trop longtemps. Alors je passe mon samedi toute seule à acheter du futile, il ne sait pas où je suis et doit s’imaginer le pire ou mieux il s’en fout, comme moi la veille quand il a claqué la porte.
 
Je la souhaite à tous, ma vie de couple, sauf à moi durant quelques minutes d’insouciance. Moi je veux une vie de bohème, la tête à l’envers.
 
Ce matin, je bois mon thé en regardant son visage, ses grandes mains tenant fermement son bol, son début de barbe qui blanchit, ses petites rides au coin des yeux. Je retrouve toujours ce savoureux mélange attirant et rassurant. Comment je peux en arriver à le détester si fort quand il me demande simplement « on mange quoi ce soir ? ».

La prospérité du vice

3 décembre 2009

"Pour maintenir des salaires bas, sources de plus-value, le capitalisme a besoin de maintenir une masse de prolétaires sans emplois, qui obligent ceux qui en ont un à accepter un salaire de subsistance. En lieu et place de la pression démographique, le capitalisme substitue une misère construite par lui-même, aux fins de son bon fonctionnement."

Hier matin, je me suis achetée une paire de boots bien trop chère mais je lis Daniel Cohen pour me rattraper.

Hier soir, je suis sortie pour ce dîner hebdomadaire que j’avais un peu délaissé ces derniers temps. Autour de la table les habitués et deux nouveaux, deux opposés en tout, par l’âge, la situation familiale, la profession, le physique. Les deux m’ont plu mais je ne pourrais pas dire pourquoi plus un que l’autre. Et puis finalement, peut être celui qui approche la cinquantaine avec détachement. Quand nous sommes sortis du restaurant, il s’est approché de mon visage pour me dire au revoir, il y avait dans ses yeux le vice de tous les hommes du monde. Ce mec sentait le bon sexe.
 
Il ne manque plus que les hommes des années 60 m’attirent ! Je serai bientôt irrécupérable.
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