Tête en l’air, Amoureuse
19 novembre 2009
Ceux, le temps d’une aventure, quelques mois, des années. Ceux que j’ai fait souffrir et les autres qui ont vengé les premiers. Un équilibre, pas toujours équitable, c’est ainsi.
Je garde en mémoire, les extrêmes évidemment, le tiède je l’oublie rapidement.
Ce soir, je me souviens de David.
David était ni beau, ni laid. David je le trouvais merveilleux. David, c’était le charme du vrai connard. David vivait dans un loft, élevé avec son jeune frère par une célibattante propriétaire d’une très belle boutique de fringues que je ne pouvais m’offrir à l’époque. David n’était pas un copain, c’était le meilleur ami du mec de ma cousine, bref nous fréquentions un peu les mêmes personnes, sans se connaître vraiment. Il avait une aura incroyable, partout où il était on ne voyait que lui, il irradiait. David était un oiseau de nuit, mince voire maigre, de taille moyenne, le teint pâle et les cheveux bruns raides aux épaules, des yeux noirs dédaigneux. Je me souviens que j’avais acheté un disque de Jacques Higelin parce qu’il dansait dessus. Très élégant mais sans l’être trop, toujours de belles pompes, des vêtements sobres où la qualité de la matière est tout de suite une évidence et souvent un jean déchiré. Toujours très entouré, il ne se déplaçait qu’en bande et une fille faisait toujours le pied de grue à côté ou la potiche à son bras. Evidemment ces filles étaient bien plus belles que moi.
J’étais folle de lui, je crois qu’à force, il s’en était aperçu. Une nuit de nouvel an, cela faisait peut être 4 ans que nous gravitions autour du même cercle d’amis. Nous nous sommes embrassés, je ne sais plus comment c’est arrivé mais je me souviens que vers 8h du mat, il m’avait emmené avec ses copains, au Petit Pernod sur le Vieux Port, là où il fallait être pour le petit déjeuner. J’étais sur un petit nuage. Il ne s’est rien passé de plus ce jour là ni plus tard. Il ne m’a jamais appelée.
Je le revois depuis, de temps en temps, il a grossi et sa femme me ressemble en moins bien.
C’est bizarre, je me demande à chaque fois comment je pouvais être si accro.
Amoureux d’une émotion légère comme un soleil radieux…
L’attirance n’a pas de logique et c’est peut-être ça qui est si douloureusement bon. Et ce n’est sûrement pas les non-réponses à quelques sms.



