Night of the Living Dead – George A Romero 1968

Il est 5h05, je viens de rentrer, il dort.

Je fixe le plafond et la soirée défile au rythme de mon mal de tête. Je divague sur ces corps que j’ai frôlés toute la nuit, cette fille moulée dans une combinaison rouge, ce grand brun avec cette allure familiére, je ne les connais pas et j’ai envie d’eux. Là, maintenant.

La soirée était perdue au fin fond d’hangars désaffectés, il y a une centaine d’années la population y trimait, cette nuit leurs petits enfant s’y sont défoncés entre privilégiés black listés. Nous sommes arrivés, il était presque 23 h, une entrée comme à la maison, le loft de ce peintre était immensement poussiéreux, 300 personnes étaient attendues dans ce salon où Monsieur baise Madame devant la colossale cheminée. L’ambiance était étrange, déliquescente, la majorité des convives se connaissent, tous se scrutent comme s’ils allaient se dévorer. Je n’ai quasiment pas dansé, pas bougé, je suis restée scotchée à cet ami d’amie, je me sentais partir, en confiance.

En 48 h, je suis passée d’une bulle à une autre, j’ai les soucis de mon âge de midi à minuit puis les délires enfumés qui eux ne le sont plus.

Je passe mon dimanche devant un tournoi de hand junior, sans dire un mot. Complètement à ma place.

La journée d’hier fût un mi-temps.

Le matin, une réunion en centre ville avec des gens qui parlent le même langage que je ne comprends plus vraiment. J’ai envie de changer, j’ai envie de beaucoup de choses, elles restent à leur place, souvent.
Le déjeuner, avec mon amie, ça je l’ai déjà dit.
L’après-midi, seule, de boutique en boutique, à chercher ce que j’ai déjà au moins en un exemplaire chez moi. Une paire de cuissardes et un mari.

Je suis légèrement myope et je ne porte jamais mes lunettes. Il est 15 h, je vois arriver deux types immenses sur le trottoir d’en face, durant une seconde, je me suis dit, tiens ils sont biens ces mecs. C’était mon mari et son frère.

Je me demande pourquoi je cherche ailleurs ce que j’ai déjà. J’ai cette salope d’envie qui s’accélère depuis quelques jours. Je ne pense plus qu’à ça. Il n’y a plus aucun discernement, aucune logique, aucun entendement même pas la peur pourrait me raisonner. Je suis sous l’effet d’une drogue, injectée dans mes veines depuis des années. Une petite dose de temps en temps, rien de régulier, de prévu. C’est toujours quand je m’y attends le moins que quelques mots, quelques gouttes contaminent toutes mes pensées. Une attraction sans loi, sans Dieu, sans avenir. Il n’y a rien. je ne comprends pas.

Le voir qu’une seule fois, calmer cette douleur, et l’oublier définitivement.

Chemin de petite vie

26 novembre 2009

Il y a des caps.

Le premier baiser maladroit dans la voiture de papa devant le portail familial pour dépasser l’autorisation, c’est enivrant.
La première pipe à l’arrache sur l’autoroute du soleil pour jouer à sa pute, c’est excitant.
La première dispute sans raison pour se réconcilier sous la douche, c’est rassurant
Le premier achat commun pour vivre dans notre appartement, c’est valorisant.
Le premier enfant pour jouer au papa et à la maman, c’est normalisant.

… Et beaucoup de nian nian plus tard, arrive, le cap de trop parce qu’il faut bien un peu de bouleversant.

Aujourd’hui, j’ai déjeuné avec une amie, j’ai écouté avec attention une autre vie.

Pas toujours dans le même ordre, en fait nous avons tous la même, à la fin on crève.

Le dôme du tonnerre

25 novembre 2009

Je suis rentrée vers 17h mais avant j’ai été une très vilaine fille.

Sans embrasser, sans sucer, sans baiser. L’infidélité commence au premier regard, sourire, hochement de tête, doigt sur la touche verte. Une fois que la machine est lancée, on peut reculer l’échéance, retarder, lutter tant qu’on peut. Quand l’improbable commence à répondre aux silences imagés, ça pourrait bien faire mal aux fesses de l’inéluctable qui gardera ses talons hauts. Mais tout ceci n’a aucun sens.

Ce soir, il y a 5 paires de couilles qui hurlent dans mon salon.

Dans une prochaine vie, j’ai envie d’aimer une bite qui déteste le foot.

In bed with

24 novembre 2009

J’ai passé une partie de la journée au lit même pas malade, juste flemmarde.

J’ai lu des dizaines de blogs en mangeant des chamallows, j’ai arrêté en feuilletant le dernier Elle. Vanessa Paradis chantait Joe le taxi et moi je faisais du stop avec ma meilleure amie en bas de la Gineste pour aller me trémousser au Big Ben à Cassis. Il y a 23 ans.

Dans d’autres dimensions, je me suis arrêtée sur le bord d’une route de campagne et 5 minutes plus tard, je regardais les passants emmitouflés sur les champs-Elysées. La magie d’internet. 

Dans quelques semaines, je serai à Paris. Je me demande ce que je vais bien pouvoir porter. Il a l’air de faire froid là-haut.

Rewind

23 novembre 2009

Photographe Irene Anton

Vendredi, le week-end a commencé à 11h30, 23 degrés au soleil de cette habituelle terrasse. Un après-midi en douceur, loin de la tornade de mon banal quotidien qui l’entoure. A peine rentrée et tout s’est accéléré. J’ai passé 2 jours à m’occuper des autres, les enfants, la famille, les amis, une cinquantaine de personnes en 48h, à servir, aimer et passer son dimanche soir à tout ranger. J’ai repris le travail ce matin, je ne suis même pas fatiguée, je me demande parfois comment avec ce planning de mère de famille insoupçonnable, j’ai encore la force de me déhancher toute seule devant mon miroir. Peut-être juste pour cette petite lueur vicieuse qui brille quand je reçois la réponse à mes bêtises d’adolescente attardée ou de pré-quadra en manque d’attention, c’est selon.

Plus il y a de monde autour de moi, plus je recherche ailleurs ce que personne ne pourra jamais me donner. Dix ans en moins.

L’illusion d’être une friandise longuement désirée, m’apaise.

Tête en l’air, Amoureuse

19 novembre 2009

 
Josh Beech par Hedi Slimane
 
Il y a tous ces hommes avant, maintenant et probablement plus tard.

Ceux, le temps d’une aventure, quelques mois, des années. Ceux que j’ai fait souffrir et les autres qui ont vengé les premiers. Un équilibre, pas toujours équitable, c’est ainsi.

Je garde en mémoire, les extrêmes évidemment, le tiède je l’oublie rapidement.

Ce soir, je me souviens de David.

David était ni beau, ni laid. David je le trouvais merveilleux. David, c’était le charme du vrai connard. David vivait dans un loft, élevé avec son jeune frère par une célibattante propriétaire d’une très belle boutique de fringues que je ne pouvais m’offrir à l’époque. David n’était pas un copain, c’était le meilleur ami du mec de ma cousine, bref nous fréquentions un peu les mêmes personnes, sans se connaître vraiment. Il avait une aura incroyable, partout où il était on ne voyait que lui, il irradiait. David était un oiseau de nuit, mince voire maigre, de taille moyenne, le teint pâle et les cheveux bruns raides aux épaules, des yeux noirs dédaigneux. Je me souviens que j’avais acheté un disque de Jacques Higelin parce qu’il dansait dessus. Très élégant mais sans l’être trop, toujours de belles pompes, des vêtements sobres où la qualité de la matière est tout de suite une évidence et souvent un jean déchiré. Toujours très entouré, il ne se déplaçait qu’en bande et une fille faisait toujours le pied de grue à côté ou la potiche à son bras. Evidemment ces filles étaient bien plus belles que moi.

J’étais folle de lui, je crois qu’à force, il s’en était aperçu. Une nuit de nouvel an, cela faisait peut être 4 ans que nous gravitions autour du même cercle d’amis. Nous nous sommes embrassés, je ne sais plus comment c’est arrivé mais je me souviens que vers 8h du mat, il m’avait emmené avec ses copains, au Petit Pernod sur le Vieux Port, là où il fallait être pour le petit déjeuner. J’étais sur un petit nuage. Il ne s’est rien passé de plus ce jour là ni plus tard. Il ne m’a jamais appelée.

Je le revois depuis, de temps en temps, il a grossi et sa femme me ressemble en moins bien.

C’est bizarre, je me demande à chaque fois comment je pouvais être si accro.

Sur la terre, face aux Dieux, tête en l’air,
Amoureux d’une émotion légère comme un soleil radieux…

 
 
 
 

L’attirance n’a pas de logique et c’est peut-être ça qui est si douloureusement bon. Et ce n’est sûrement pas les non-réponses à quelques sms.

 

 

 

Psycho

19 novembre 2009

 
Ma vieille Patek n’avance plus, je crois qu’elle n’a plus de pile.
 
La journée d’hier m’a agacée. Pourtant les hommes du quotidien sont aux petits soins même mon patron s’est fendu d’un compliment, mon mec m’attendait avec du Panga cuisiné comme j’aime. Vraiment je devrais, par respect, jouer à la femme comblée. En juillet dernier, j’ai failli démissionner et le quitter. Nous sommes en novembre et ces décisions radicales recommencent à me titiller le cervelet. Je ne serais jamais satisfaite. Je veux toujours autre chose et surtout ce que je ne peux pas avoir. J’ai posé des centaines de fois l’équation, tout ce que je vis est largement positif, mieux, sans comparaison. Mais comme j’adore être faussement malheureuse, ça va être dur de me contenter que du meilleur.

Je fais partie de celles qui ne seront jamais heureuses, je serais gavée de fric, célibataire, sans enfant et j’aurais même le visage d’Emma Watson que ce serait pareil. Alors en ce moment pour calmer mes pulsions, je viole le Meilleur un soir sur deux devant "le grand journal" en fantasmant sur le Pire. Le Pire change de visage régulièrement mais en ce moment, j’ai une nette préférence pour celui qui porte parfois une chemise blanche à rayures.

Eté indien

18 novembre 2009

Hier, il a fait 26 degrés sur la terrasse de ce restaurant, plein de lycéens où il me plaît de déjeuner toujours joliment accompagnée.
Hier, c’était une journée particulièrement chaude, j’ai reçu un mms, le deuxième d’un élément déroutant. On va dire que c’est ma faute à moi et je ne suis pas une Lolita.

Mal écoutante

16 novembre 2009

Autour de moi, certains couples vont mal. Alors dès 8h du mat, dans les embouteillages, j’écoute une amie me faire la liste des remontrances, des défauts, de leurs envies qui s’éloignent, de leur quotidien pas si loin du mien. Pas le temps de répondre, de donner le moindre conseil, de toutes façons je n’en ai pas et encore moins pour les autres. Mon portable capte mal sur la Corniche Kennedy.

Je m’arrête au petit bar tabac qui fait l’angle, pour le déjeuner il y a toujours plein de lycéens qui jouent à la contrée. Le matin, il y a quelques commerciaux, agents immobiliers, visiteuses médicales qui attendent que la classe supérieure commence à travailler. Ils boivent un espresso, voire deux, discutent eux aussi de leurs banals problèmes professionnels, familiaux, sexuels. J’aime pas trop finalement écouter les autres parler de ma vie.

Irréversiblement banal

15 novembre 2009

Prodigy – Smack my bitch up
 

Samedi matin, en même temps que sa queue se faufilait entre mes cuisses, une idée s’insinua dans ma tête.

Qu’est ce que je vais bien pouvoir mettre ce soir ?

Cela faisait peut-être un mois que nous n’avions pas fait notre devoir conjugal. La veille il s’était endormi en me caressant le dos et les fesses, il était sorti avec ses copains, il était fatigué le pauvre. Et moi je suis une dinde. Et la dinde, elle n’est pas rancunière, quand elle ouvre les yeux, elle se dit qu’elle a de nouveau envie de se prendre un petit coup. Elle profite de la demi-molle matinale, elle colle son corps contre le sien, elle agite ses fesses, elle commence par des petits mouvements circulaires contre son gland, la pénétration se fait lentement. J’aime bien comme ça. En attendant qu’il s’enfonce complètement, elle cherche une tenue juste assez putassière pour énerver les amis de son mec. On a fini de baiser, je savais ce que j’allais me mettre pour le dîner. La journée passe vite. Il est 20h, j’ai fini de me préparer, j’enfile mes bottines. Nous arrivons, les six autres couples sont déjà là, les autres filles ont eu la même idée que moi, on dirait. Du cuir et des colliers en perle, des bourgeoises engatsées et des maris dépassés, de la soupe au pistou et de la vodka glacée, du Ruinart et des joints d’herbe. Il y a quelques années, avec les mêmes, on se défonçait la gueule pour finir la tête dans notre vomi un soir sur deux. Nous sommes rentrés vers 3h. Calmement.
 

La joie de vivre et les enfantillages sont revenus dans le foyer. J’ai réactivé mon forfait mms, prendre le risque de tout gâcher, c’est irréversiblement banal.

L’homme de la maison a les couilles pleines. Il me l’a fait savoir ce soir à peine en ai-je franchi le seuil.

Je lui ai répondu qu’il touche enfin du doigt la vie de couple de la plupart de ses congénères "marié, deux enfants", ça l’a fait rire.

Dans ma tête, je ne peux pas dire que je n’aie plus envie de lui, c’est juste que je n’aie plus envie de rien.

Pourtant, j’ai bien décidé que deux semaines sans sexe n’était plus viables. J’ai donc commencé gentiment, hier soir, par quelques oeillades humides sur ce barman qui porte de mystérieux bouts de cordes autour du poigné gauche, seulement un dîner entre amies pour fêter le nouvel âge de ma jeune soeur n’est pas le moment propice. Un troupeau de jeunes femmes hilares n’a jamais été la situation idéale pour minauder. J’y retournerai avec un beau mec des années 80, ça devrait me mettre bien plus en valeur.

Deuxième action pour revigorer ma libido de nonne, trois achats à stimulus différent, "Sexus" d’Henry Miller, il paraît que c’est efficace sur la table de nuit. "Venus Erotica" d’Anaïs Nin l’a été pendant longtemps sur la mienne. "Théorie du corps amoureux" d’Onfray, s’il me venait à l’idée de "goûter aux avantages du désir amoureux… En ne sacrifiant qu’aux amours de passage, en voulant le mouvement, et en fuyant tout ce qui immobilise : la monogamie, la fidélité, la procréation, le couple, le mariage, la cohabitation." Bon jusque là, j’ai presque tout faux hein ! Mais bon mon cas n’est pas désespéré. Et enfin, j’ai acheté la chemise en jean que porte Sophie Marceau dans le dernier Elle. Mais ça, pas sûr que ça plaise à la gente masculine qui joue à domicile, ni à l’extérieur d’ailleurs.

Bon allez, assez de théorie, je vais monter le sucer, l’appétit vient en suçant comme dit l’autre.

Et demain

8 novembre 2009

 
Photographe Steven Klein
Ma libido est morte et avec elle ma bonne humeur.

Bien sûr je pourrais me bouger un peu, rappeler, faire quelques efforts, être gentille avec lui aussi. Mais non, je reste dans mon coin, je suis désagréable avec serveurs et barmans qui sont habituellement ma came pour exciter juste ce qu’il faut mon cerveau.

Hier soir dans mon lit vers 22h30, j’ai osé ce que je ne me permets quasiment jamais. Une voix qui ne tremblait pas pourtant il faisait très froid. Le plaisir fût bref, intense puisque sans doute ultime et unilatéral.

Aujourd’hui nous sommes demain. Et demain, déjeuner au Set. Il faut que je passe en mode sourire et joie de vivre. Il faut que je baise.

Vrais semblants

8 novembre 2009

Le week-end est passé, passé de la pluie au soleil. Le moral ne s’est pas arrangé, lui.

Je suis seule ce soir, il est rentré quelques minutes, le temps de prendre une douche et de repartir. Moi j’ai vécu ces deux jours presque comme si j’étais une divorcée sans les inconvénients ni les bénéfices. J’ai géré la marmaille, j’ai dépensé avec sa carte, histoire de ne pas être en couple pour rien. Aujourd’hui, petit brunch entre amis, réunion au sommet de nos petites vies. Autour de moi, personne ne va bien, célibataires, en couple, séparés, tous se plaignent. La saison est morose et les humeurs sont raccords.

Nos peaux blanchissent, nos regards sont fatigués et tristes, nos têtes déconfites ont besoin de vacances. Alors on projette, on s’enflamme, on décide, on organise. Ce sera, le ski fin janvier dans ce genre de chalet all-inclusive où nous sommes certains que de deux choses, les enfants ne nous attendriront pas même s’ils pleurent pour ne pas aller au mini club et on va se chopper la grippe.

En attendant, il ne manque plus que la neige trop tôt et on se concocte un suicide collectif.

Larmes de crocodile

6 novembre 2009

Photographe Ren Rox
 
Aujourd’hui, j’avais rendez-vous avec mon banquier, ce jeune con a vraiment cru que je pleurais parce qu’il me conseillait une assurance vie entre deux recadrages sur mon découvert de jeune femme qui s’ennuie.

Il doit avoir 25 ans à tout casser, il s’habille comme un maffre des années 3O, costume noir à rayures blanches, cravate et chemise noires, nebuloni blanches et sourire ultra hypocrite, un vrai je sais tout, j’ai tout vécu. Alors moi, je dis rien, j’acquiesce avec ma petite tête de peuchère rentrée dans les épaules, oui Monsieur, bien sûr Monsieur, vous avez raison Monsieur. Il doit se dire, elle me prend vraiment pour une bille cette blondasse, il se le dit sûrement puisqu’il scrute mes dépenses en fronçant les sourcils.

Je suis ressortie avec mon sourire en coin.

Et puis je suis arrivée devant ma voiture et je me suis aperçue qu’on m’avait volé une babiole sur une jante. Et je me suis remise à pleurer pour de bon cette fois.

Faut que je m’achète un vrai appareil photo et que je me remette aux autoportraits. Je sens que je vais en avoir besoin pour me remonter le moral.

Instants choisis

5 novembre 2009

Photographe David Bellemère
 
Je me suis garée en double, j’avais déjà cette sensation désagréable depuis quelques minutes, cette névrose qui remonte à l’enfance. La peur de l’abandon, le malaise face à la séparation même pas irrémédiable. Je ne sais pas vous, mais moi, je suis une angoissée des aurevoirs, même heureux. La portière claque, c’est déjà fini et je me suis sentie nulle.

J’ai la tête triste en ce moment, je maigris sans le vouloir, je continue à m’obstiner à me raidir les cheveux, j’écoute du Massive attack en conduisant, je n’ai plus de forfait mms et tout ça n’arrange pas les choses. Il y a bien ces déjeuners et dîners avec mes amis qui me font oublier quelques heures mes petits tracas existentiels mais dans le fond, je sens bien que je vais mal.

C’est juste une question de temps, ça devrait passer. Comme tout.

Voeux de 22 : 22

4 novembre 2009

 
The sleeping dictionary 2003
J’ai déjeuné à la droite d’un fantasme ambulant hier.

Hier soir, j’étais seule. Je n’ai pas eu besoin d’enfiler mon slim dans la voiture au coin de la rue, j’ai gardé ma jupette en cuir.

J’ai regardé un film dont le seul intérêt était la gueule d’ange d’Hugh Dancy et peut être aussi ce qu’il fait avec Jessica Alba.

Hugh Dancy, c’est ma blonde à gros seins. Je le regarde, je l’imagine me léchouiller le lobe de l’oreille et je m’emballe.

Quand j’avais 25 ans, mon petit ami de l’époque lui ressemblait, j’adorais le sucer en admirant son beau visage, mon crâne serré entre ses paumes qui donnaient le rythme aux mouvements de ma prestation.

Hier soir, j’ai picoré et je me suis assise confortablement devant mon écran, la maison était calme. Je me suis laissée aller.

J’ai fermé les yeux, j’ai imaginé près de moi, un mix parfait de mon voisin du déjeuner et de cet ancien amant. J’ai enlevé mes ballerines, j’ai posé mes pieds sur chaque rebord de la table basse, presque un grand écart, j’ai lentement fait remonter mes doigts le long de mes cuisses, en pinçant un peu mes adducteurs, j’ai toujours été très sensible à cet endroit, j’ai imaginé ses mains longues et fraîches qui dégrafaient mon soutien gorge et caressaient ma poitrine. J’ai enlevé ma jupe, baissé un peu mes collants, il y avait ses lèvres sur le bout de mes seins et ses doigts sous mes fesses. Je me suis levée soudainement, j’avais faim, j’avais très envie d’une queue aux dimensions idéales dans ma bouche.

Je suis allée me coucher avec mon désir inassouvi ou la possibilité dégoûtante de baiser avec qui je veux. Je peux même faire 1m75 à plat. Tout est dans la tête, il suffit de s’en persuader.

Sur la branche

3 novembre 2009

Autoportrait photographe Katja Rahlwes

Un matin comme tous les autres
Un nouveau pari
Rechercher un peu de magie
Dans cette inertie morose

Le premier jour (du reste de ta vie)

Il fallait bien recommencer un jour, reprendre le train d’une vie même pas si différente des autres.

Mes cheveux sont soigneusement coiffés, à l’image de celle que je veux donner, les ballerines, le gilet gris souris… Tout ça est parfaitement correct, s’il n’y avait pas cette mini en cuir noir, tout ça s’avalerait. Mais je ne peux pas m’en empêcher, il faut toujours que je mette cette petite touche de vulgarité comme quelques pincées d’épices dans tout ce que je cuisine.

Il ne m’a pas vue partir ce matin et pour rentrer ce soir j’ai prévu un slim noir.

Oui, oui, j’ai toujours 14 ans, je fais des tas de choses en cachette et j’adore ça. Lui aussi je crois.

Nouvelle sénescence

2 novembre 2009

Il y a ce jour où l’on passe à l’âge adulte. Pour moi comme pour beaucoup d’enfants, ils étaient immortels.

Il y a 12 jours aujourd’hui que maman est morte.

J’ai passé tout ce temps entourée de ma famille, de mes amis, un flot incessant de paroles bienveillantes et de jolis souvenirs ressassés.

Depuis vendredi, mes cheveux ne sont pas beaucoup plus courts mais je les coiffe maintenant.

Je n’ai pas envie de passer du côté de ceux qui vieillissent. Vraiment pas.

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