Effet Barnum

31 août 2009

J’ai ressorti le sac de maman.

Entourée de jeunes gens à jouer à la poupée responsable qui boit peu, je regarde ma grande copine vivre sa vie de vingtenaire, passer une partie de sa soirée sur une digue, les cheveux au vent et la bouche en bonne compagnie. Rentrées plusieurs heures plus tard, après un périple entrecoupé de trajets euphorisants. Je m’imagine volontiers, en chantant sur nos goûts communs, être à sa place, suivre un bel inconnu, monter des escaliers interminables, rentrer dans un appartement, m’assoire sur un canapé un peu gênée, boire un dernier verre et me laisser aller. Rentrée en idéalisant toutes mes envies pour en satisfaire qu’un seul. Cette soirée a finalement tenu ses promesses, juste assez pour honorer celui qui dort toujours à ma droite.

La suite des réjouissances fût heureusement exclusivement diurne. Plage de Beauduc, le paradis des surfeurs, samedi. Anniversaire et réunion d’alcooliques dimanche. Les enfants jouent dans le jardin à pécher des bonbons et nous, nous buvons pour oublier que nous avons des enfants. Un de ces 4, la Dass va faire une rafle chez moi.

Lundi 8h09, j’ai des courbatures et un sourire joliment fatigué.

"Quelque chose pour tout le monde
des femmes et puis des hommes
quelque chose pour tout le monde au barnum"

Confused

28 août 2009

Photographe Dash Snow 

Hier soir, j’étais allongée sur le canapé, lui en face, fumant de l’herbe, je ne fume pas habituellement. J’ai eu envie, je ne sais pas pourquoi.

J’ai rapidement la tête qui tourne, je ne suis pas habituée, je me sens fatiguée, plombée, incapable de bouger. Prendre la bouteille d’eau sur la table me semble insurmontable. Je ris bêtement en regardant "A bord du Darjeeling limited" qui n’est pas vraiment drôle. Adrian Brody m’excite, c’est tout.

Vers 22 heures, un coup de speed, je monte dans ma chambre et j’essaie une tenue pour le lendemain soir. Ce soir, je sors avec ma grande copine qui pourrait être ma fille. Dans la journée, elle m’a envoyée un mms de son dernier achat importable. Elle me fait rire, elle est aussi givrée que moi, mais elle,  elle est jeune et excusable, moi, je suis juste pathétique. Bref, je redescends dans le salon, il n’a pas bougé, à moitié comateux, à moitié à poil, une main derrière la nuque, l’autre sur sa bite. Il me regarde et me dit "ça jure, le gris et le orange, tu fais kitch, ce n’est pas terrible", je remonte en grommelant, je reviens à la charge avec une autre robe. "Trop stricte, trop classique, ça te vieillit" Super ! Je ne lâche pas l’affaire, je retourne me changer. Cette fois, le haut est trop decolleté quand je ne sors pas avec lui, les autorisations vestimentaires sont tout de suite plus limitées.

Au bout de 4 essais, il me dit "On baise ?", je lui réponds "Non, je n’arrive pas à me décontracter avec ton truc, j’ai le cerveau à 2000", il me répond " Si je t’encule, tu ne penseras plus à rien". J’ai capitulé.

Ce soir, je passerai la prendre vers 20 heures. Elle portera une robe noire très courte et des talons tout aussi très.

Moi, je serai en jean, débardeur et talons. Simplement plus vieille quoique je fasse.

Hell, ce n’est plus moi depuis longtemps, il va me falloir l’accepter.

Prince Contemporain

27 août 2009

Illustration Virginie Talavera
Je suis là chaque matin, à côté de mon prince contemporain.
Je suis là chaque matin, je le regarde dormir pendant quelques minutes, il est 7h mon réveil vient de sonner.
Je suis là chaque matin, je le regarde dormir, le temps d’émerger vraiment.
Il ouvre ses yeux à son tour, il sourit, il sourit quand il a envie de baiser.
Ce matin, il a sourit et je suis partie en retard.
Je cherche les mots pour vous donner à voir, à ressentir ce qu’il se passe dans ma tête pleine d’incertitudes.
Cette sensation étrange de vie banale et pourtant.
Mon couple comme un croquis, quelque chose en devenir. Vous comprenez.
Je l’aime, vous comprenez. Mais.
Ne m’en voulez pas, je suis ainsi. Changeante.
Pourquoi s’achève l’amour ?
Pour mieux le désirer au futur ?
Pour mieux l’apprécier au présent ?
Pour mieux le pleurer au passé ?
Pour aimer plusieurs fois ?
Pour aimer plusieurs hommes ?
Il est arrivé comme ça mon prince contemporain.
Un coup de baguette magique. Le hasard.
Sans savoir gérer, pas vraiment préparée au bonheur. 
Persuadée de ne pas le mériter.
Je doute, noyée dans les fragments d’un discours amoureux.

Mon ami, mon amour, nulle ne connaît la fin.

Instantané

26 août 2009

Lui aussi a des envies d’ailleurs, alors il me demande de raidir mes cheveux, de changer leur couleur, de porter des robes plus courtes ou Il me prend plus simplement en levrette. La tête dans l’oreiller, j’ai à peine 25 ans.

De bienveillants filets de lumière passent à travers les persiennes, le miroir au pied du lit, je me place entre, dos à son regard et je me déshabille en m’admirant. Ma robe tombe sur le parquet, je garde toujours mes dessous et mes talons. Parce que me faire baiser comme ça, face à ce reflet incorrect, face à cette salope qui enfonce cette bite autorisée, j’en oublie presque qu’il est l’être aimé. Parce qu’à ce moment là, le désir est intense foudroyant profond adultère avec seulement ses doigts sur mon sexe et son sperme dans ma gorge.

C’est vulgaire une femme raisonnable.

Spéciation

24 août 2009

Un samedi matin banal dans une ville du sud, au bord de l’eau des enfants jouent, le ciel est d’un bleu intégral, le soleil est encore raisonnable, il y a un peu de vent. Sur la première ligne, une trentaine de transats sont installés, sur les matelas à rayures bleues et blanches des couples essentiellement.

Les femmes surveillent d’un oeil l’avancement des châteaux de sable et de l’autre, elles feuillettent le dernier Elle qui leur explique "comme être une mère cool et efficace". Tout est calme, les estomacs ne réclament pas encore, les maris finissent leur nuit. Le mien est parti nager.

Je détaille mes congénères quand elles vont se baigner, le soleil n’épargne personne, il tape à l’horizontale et met en lumière les moindres défauts. De la cellulite pour toutes passé la vingtaine, un bassin plus ou moins large, une taille fine ou épaissie par des grossesses successives, des vergetures pour les plus malchanceuses. Quand elles reviennent vers le bord, de face le constat n’est pas meilleur, leurs seins sont inexistants au mieux petits, au pire gros et tombants. Bref la perfection n’est possible qu’à contre-jour ou sur les pages des magazines.

Chaque année, certaines essaient de repousser l’inévitable à petits ou grands coups de miracles esthétiques ou chirurgicaux. Un nouveau specimen est apparu, la mère de famille encore bonne mais retouchée. Rendant la silhouette mince aux gros seins beaucoup moins rare, du coup ordinaire et à mes yeux de plus en plus vulgaire.

Je trouve qu’avec l’âge une petite poitrine donne une allure plus jeune et élégante.

Samedi matin vers 11h, j’ai eu envie d’une réduction mammaire.

Puisque mon corps en voie d’extinction ne me sert plus à grand chose, au moins il me conviendra enfin.

Bascule

21 août 2009

jjjjound

Il fût un temps où je restais de longues heures devant la baie vitrée de notre chambre, notre chambre entre soeurs. Nous étions inséparables et c’est encore comme ça.

A l’époque, il m’était impossible de quitter le garçon avec qui j’étais. J’avais ce syndrome bizarre, de ces filles qui subissent, qui ne se permettent pas, qui croient que les sentiments sont éternels. J’étais aveugle et sourde, terrée dans mes certitudes de jeune femme complexée, fidèle et dévouée. Et puis, il m’a quittée, il a d’abord essayé de me faire prendre la décision mais j’étais une amoureuse transie, trop jeune pour comprendre que sa mauvaise humeur, sa fatigue, son dédain, ses réflexions n’étaient dues qu’à son amour pour une autre.

Aujourd’hui, je porte une robe courte en soie noire, des talons noirs à fines brides et mes cheveux sont parfaits. Aujourd’hui, je pue le sexe et le bonheur.

Aujourd’hui, je les ai croisé en sortant du restaurant. Il a toujours un beau regard, le reste est insignifiant comme sa femme.

L’insouciance, la légèreté, les yeux qui pétillent et la voix qui tremble, tout aurait pu s’arrêter cette nuit.

Tout aurait pu basculer.

Mourir dans un des endroits les plus beaux au monde avec celui qu’on aime. Tu as failli exaucer mon rêve.

Je t’aime. Je pense à toi ma Belle.

Goût d’homme

18 août 2009

Photographe Ralph Gibson (en pensant à toi)
 

Mon retour à la mauvaise vie a commencé lundi, j’ai repris le travail, j’ai rapidement été recadrée, c’est fini la glandouille, la fête, la vie d’étudiante. Monsieur le grand chef veut des résultats, des déplacements, de l’investissement. J’irai donc à Gap jeudi pour commencer puis faire ma parisienne, une fois par mois. Je devrais en retirer quelques avantages.

Hier j’écoutais un jeune homme me décrire sa conception de la vie de couple et savoir qu’il collectionne les conquêtes sur le même canapé où nous étions assis m’a laissée à la fois dubitative et sur ma faim. M’imaginer baiser avec lui alimente mon désir conjugal pour au moins une bonne semaine. La fulgurance d’une jeune bite m’émerveille "je suis désolée, tu disais ?" Il réitère sa question entre la salade niçoise et le dessert "quel est le secret ? Celui des couples qui durent ?" "Je ne sais pas pour les autres mais moi, je suce et je repasse, peut-être mal mais j’aime ça". Nous avons ri.

Pour le reste, j’ai un mari qui cuisine des papillotes de loup. Je suis très mal habituée. Mais ça, je le garde pour moi.

De la poudre aux yeux

16 août 2009

Photographe Marylin Minter
St Tropez n’a pas vraiment changé, j’y avais fêté mes 25 ans, c’était au Bal. Aujourd’hui, il y a du sable blanc au Café de Paris, puis du noir au Quai Joseph.

Une seule constation après ces quelques jours, j’intéresse toujours autant les plagistes, les barmans, les videurs, les sous-fifres. Jeune, je faisais sans doute fille à papa, maintenant je porte sa montre, l’attraction et ses lois.

La jeunesse et l’argent ne sont pas suffisants pour exister là-bas. La célébrité et le pouvoir ouvrent toutes les portes, tout ceux qui gravitent autour des étoiles ne sont là que pour les bader, payer ou se faire baiser.

Je n’étais qu’une blonde parmi des milliers d’autres. C’était presque reposant.

Pour Al

13 août 2009

jjjjound

Ce soir, ce sera presque moi. Noyée dans la masse des blondes dorées qui arpentent les ruelles du royaume de la pouffe en goguette.

Ce soir, St Tropez. Oui je sais.

Mais. J’ai lu, il y a quelques jours cette phrase " Une femme doit être assez cultivée pour séduire les hommes stupides et assez vulgaire pour plaire aux hommes intelligents."

C’ est donc pour cela que je te plais tant dans ma petite robe façon Peggy Bundy ?!

Une vie sage

12 août 2009

CRYING DOESN’T SLOVE ANYTHING

Il y a cet instantané, l’image d’un couple dans ce tourbillon de vie ordinaire et cette chanson qu’il aime fredonner le matin quand je suis encore assoupie rêvant d’un beau surfeur, la tête à l’envers.

Hier soir, il est sorti avec ses amis, entre hommes, ce soir c’est mon tour.

Rien n’a changé depuis ce break de trois semaines au pied du Monte Stellu, lui, les enfants, la famille, les tomates du jardin, le basilic noir poivré, les lasagnes au sanglier d’Assunta et moi en robe liberty.

Rien n’a évolué pendant la semaine suivante au dessus du Cabanon Bleu,  lui, les enfants, les amis, les italiennes, les annexes de yacht, le menu enfant à 25 €, le Fumiccicoli, les Persol 0649, les panamas et moi sans robe liberty.

Nous avons repris nos bonnes vieilles habitudes. L’indépendance est l’élément principal de notre pacte comme cet espace secret que nous cultivons sans vraiment s’en cacher. Notre modèle familial dérange parfois, c’est le seul qui nous convienne sur la durée.

Il ne lui a fallu qu’une seule phrase la veille de notre départ en vacances pour que je n’ai plus envie de le quitter.

"Je ne pensais pas que ça nous arriverait à NOUS"

Je me trouve trop fleur bleue ces derniers jours, il est temps que je me ressaisisse.

Ce soir, pour ce repas sans lui, je porterai cette robe qu’il désapprouve, ça devrait rétablir l’équilibre.

Barbarie amoureuse

11 août 2009

CRYING DOESN’T SLOVE ANYTHING

Il est 22 heures, je suis dans mon lit, je feuillette le dernier Playboy Magazine, je lis l’interview de Michel Onfray et je relève quelques phrases "Les hommes … ont simplement envie d’honorer la vieille tradition du chasseur qui tue son gibier, qui couche rapidement. L’homme est un chasseur qui désire mettre un trophée de plus dans sa chambre à coucher… Je pense qu’il y a un destin hormonal très différent chez l’homme et chez la femme. Quand un homme a couché avec une femme, c’est fini… Quand une femme a couché avec un homme tout commence…" Je souris et je pense à un blogger que je lis depuis 3 ans aujourd’hui.Je ne suis pas tout à fait d’accord avec lui sur ce point, les hommes oublient souvent que les femmes sont des Hommes comme les autres et même si elles ont tendance à être plus sentimentales, sensibles, romantiques, … Elles peuvent aussi être de redoutables amazones. Ils l’oublient trop souvent et finissent dépecés sans rien avoir vu venir.

"Quand Mars veut juste baiser Vénus, on évite beaucoup de problèmes."  Je dirais aussi mon Cher "Quand Vénus veut juste baiser avec Mars, ça peut quand même poser problèmes."

Il me tarde ton retour.

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