e-virginité
8 juillet 2009
J’ai gratté une autre vie possible et j’ai perdu avec le sourire.
La bourrasque s’est éloignée, emportant avec elle ce rêve à la con que je me suis fait durant toute cette année, entourée de jeunes gens, de célibataires ou de courageux et leur vie qui ne peut pas être la mienne.
Un coup de vent salvateur au final.
J’étais bouffée par cette envie d’en découdre, d’affronter une vie plus dure que j’imaginais plus excitante, j’étais tiraillée entre un sentiment de culpabilité et de dégoût par mon attitude hypocrite.
Aujourd’hui, je suis soulagée de rester dans cette vie imparfaite mais voulue. J’ai ce sourire de la fille qui vient de prendre son pied, acceptant mon existence, son sperme chaud coulant le long de mes cuisses avec dans la tête toujours ce frisson nécessaire pour aller au bout de la simple réalité, et même l’apprécier.
Miss Hyde jouera toujours avec le feu, et sa version édulcorée fera toujours mijoter de bons petits plats.
Elles portent les mêmes dessous. Au final je reste cette salope de femme mariée mais sans résignation amère.
Il ne m’apporte pas tout ce que je désire c’est vrai. Il n’aura plus jamais le goût de la nouveauté c’est vrai. Ailleurs ce sera toujours mieux mais probablement à court terme. Tout ce que vous m’avez dit par mails ou ici, je l’ai bien compris.
Mais tout ça en fait, ça ne compte pas vraiment puisqu’en fin de compte.
Je l’aime Lui parce que je pense toujours à l’Autre.
C’est peut-être ma solution. Tant qu’il n’y a pas de problème.
Rôle de composition
8 juillet 2009
Hier j’ai reçu ces mots.
" Même si au départ on se marre bien, on se lasse vite, même une fille superficielle comme toi. Retrouve ta jeunesse avec lui, sinon tu deviendras une vieille pathétique… Dans trois ans, les jeunes, il faudra que tu les paies. Tu vas vieillir d’un coup quand tu le comprendras et plus personne ne voudra de toi. Tu seras bien avancée, hein?… seule et célib, c’est juste la merde. Tu kiffes pendant 3 mois et après, t’es là comme une conne à passer tes soirées sur le Net, à pas bouffer parce que tu ne sais pas te préparer un repas pour toi seule, à picoler le soir parce que tu aimes ça, puis à coucher avec les premiers connards venus. Alors oui, tu as l’impression d’exister pendant qu’ils te baisent. Mais après quand tu rentres chez toi, au bout de trois mois, tu te sens juste minable et tu regrettes d’avoir été une conne impulsive… Sans parler de tes amies. Elles ne vont plus te voir de la même façon parce que tu deviendras un danger potentiel pour leur couple. Bon, fais comme tu veux, mais franchement, si tu as besoin de respirer, mieux vaut que tu fasses ce deal avec ton mari: tu vas vivre 3 mois toute seule pour te "retrouver" (wording à la con) et puis tu rentres ensuite à la maison. Gros risque : qu’il se barre entre temps. Lui n’aura aucun mal à retrouver une nana, il pourra même s’en prendre une jeune. Il pourra même le faire pendant au moins 10 ans encore, facile. Les connes impulsives paient toujours plus cher que les autres. C’est le drame de ma vie…"
Je me suis mise à chialer comme une conne impulsive et hyper sensible que je serai toujours.
Je ne sais plus quoi faire, il y a un vacarme terrible dans ma tête et mon coeur se cache.
J’aimerais n’être qu’une consommatrice sans état d’âme, qui ne pense que où, quand, comment, avec qui. j’aimerais aussi être Uma Thurman, pour qui avec le même âge et le même nombre d’enfants que moi, sa vie de divorcée n’a pas du être trop difficile. J’aimerais presque être un homme. C’est pour dire.
En attendant aujourd’hui je porte une chemise blanche et je fais semblant.
Ce soir, dernier dîner avec les bienveillantes.
Demain, je pars en Corse.
Quand je rentrerai, le choix sera voulu ou imposé. Mais il sera fait.
Après il sera trop tard.
Délivrance
7 juillet 2009
Sa vie avec moi est un véritable enfer.
Mis à part le fait que je sois une baiseuse romantique toujours motivée, je ne suis plus la fille qu’il a connue il y a 12 ans. Mon corps, mon visage, mes petits plats et tout le reste ne sont plus vraiment ce qu’ils étaient. Et pour enfoncer le clou, je sors de plus en plus, je bois, je fume trop. Je suis même effrontée, râleuse, emmerdeuse… Bref je cumule les qualités. Un mec comme lui se trouverait en quelques semaines, une fille bien mieux que moi. Alors pourquoi depuis que je lui ai annoncé mon besoin de partir, de vivre seule, il a tout d’abord été en colère puis très calme et maintenant carrément adorable.
Je pense qu’il est entrain de me passer une bonne couche de lubrifiant.
Mais que ça va quand même me faire mal et pas qu’aux fesses.
Asphyxie
6 juillet 2009
Un week-end toujours en alternance.
Chez ses amis pour commencer dès le vendredi soir parce qu’il est bien obligé de m’y emmener. Dans une de ces maisons témoin où tout est soigneusement rangé, où chaque teinte, matière, objet est en harmonie avec le reste, aucune excentricité, aucun décalage, aucune déviance. Il est 21h, je suis chez Barbie & Ken. Des couples autour d’une grande table sous une tonnelle parlent de leurs projets, les enfants jouent dans le jardin. C’est une publicité Ricoré et moi je lévite en attendant que ça se passe.
Je rejoins ma bande dès le lendemain soir. Ceux qui sont ni tout à fait fréquentables, ni tout à fait convenables. Ceux qui ont la même chose que les autres, le boulot, la maison, les enfants et même un chien mais qui restent ingérables à 3 grammes. Ceux qui finissent toujours défoncés dans un coin, à poils dans la piscine, à vomir dans les jardinières. Ceux qui laissent une marque indélébile et ne seront jamais ennuyeux comme la vertu. Ceux qui sont comme moi.
Je rentre au petit matin, je ne sais comment, les fringues dégoulinantes, le rimmel sur les joues et le sourire de celle qui va se prendre une raclée comme quand elle avait 14 ans. Je rentre en me disant que je me ferais bien sauter sur mon lit 90 cm par Thomas, avec vue imprenable sur ma meilleure amie qui suçait le frère jumeau sur mon tapis rose.
Des souvenirs de gosses. Des rêves d’adultes.
Soleil noir
3 juillet 2009
Photographe Paul Santoni
Je suis morte.
Reprise
2 juillet 2009
J’ai embrassé les plus jeunes, serré la main aux vieux. Je suis rentrée dans mon bureau. Pas vraiment le temps de quoi que ce soit qu’il me faut repartir. La réunion avait déjà commencé. J’ai posé mon ordi entre deux chemises à manches courtes. A ma droite, Jeremy à qui on ne peut pas donner d’âge, pantalon de costume trop court, chaussures noires jamais cirées, 4 bracelets au poignet droit, une barbe tout aussi douteuse que le reste. A ma gauche, Bernard, bientôt 50 ans, marié depuis des lustres, 2 filles moches, une maison au crépi rose au milieu de 4 hectares, une grande piscine, un gros chien et une énorme truie qui lui sert de bonne.
Je pense à Jim, ma Grande, Blondinet, Mü que je ne reverrai sans doute jamais.
Il est à peine 15h et j’ai déjà envie de vomir.
Ce soir, je m’achève dans un bar à Rakham pour oublier.






