JJJJound
 
Tous les étés je partais dans mon village en Corse.J’avais l’autorisation de minuit. Je sortais avec des garçons plus âgés et mon principal critère de sélection était la possession d’une voiture.

Ange Pierre n’était pas le plus beau garçon de la commune mais il avait une golf GTI blanche, un atout de taille. Il venait me chercher à 11h pour m’accompagner à la plage puis le soir vers 20h pour aller dîner à Erbalunga. Il me ramenait à 23h45 tapantes, mes tantes nous attendaient sur la muraillette. Je rentrais avec elles et je feignais d’aller me coucher sagement. Une demi-heure plus tard, j’enfilais une robe un peu plus courte et je ressortais en silence par les toits. Le dévoué Ange Pierre au péril de sa vie m’attendait au pont à l’entrée du village et nous repartions en direction de Sisco au Bimbo. C’était une minable boîte de nuit en plein air où j’ai passé les plus excitantes nuits que nous terminions une fois sur deux en bain de 4h du mat, tout nus sur la plage de Pietracorbara.

L’année de mes 18 ans, j’ai eu l’autorisation de sortir. Je n’ai jamais plus ressenti cette sensation terriblement excitante de braver l’interdit.

Il paraît que lorsqu’on se sépare, c’est la même chose. Les sorties, les rencontres n’ont plus ce goût délicieux.

Je ne vais peut être pas me séparer, tout compte fait.

Rupture de confiance

29 juin 2009

Piet Mondrian

Un week-end, sans y penser.
 
Sortir avec des célibataires pour oublier et tester ce climax décrié. Se lever le matin fatiguée et partir à la plage avec nos serviettes dans le même sac, parler de nos vacances qui approchent, dîner chez nos amis qui ne se doutent de rien. Toujours cette image sociale qui pue le bonheur conjugal.

Il y a les débuts d’un couple où même les défauts sont des qualités et il y a la fin où les qualités sont devenues des défauts. C’est ainsi, l’Amour compose, tolère, pardonne. Il est le seul carburant. J’ai vidé le réservoir en lui déballant mon envie d’ailleurs. Ne pas mentir pour garder la confiance. Une erreur de débutante.

C’est l’histoire d’un couple. C’est une histoire de gris.

Je ne peux vraiment rien lui reprocher à l’homme blanc.

Photographe Lars Botten

 

Le fond de l’air était frais et mon cerveau bouillant.

Une soirée pour profiter simplement et oublier le reste.

Nous portions ces masques, de ceux qui veulent changer de vie.

Ca n’est jamais aussi bien que la première fois

Damages

25 juin 2009

Photographe Hedi Slimane
Troisième soirée seule.

Il a vite intégré les bénéfices de la garde alternée, il passe ses soirées entre hommes, je passe mes journées entre femmes.

Je traîne de boutique en bar pour oisifs, je papote sur les tendances de la rentrée avec des vendeurs efféminés. Ma vie se la coule douce. Je rentre à l’heure du goûter, je cuisine, je range, je trie, je m’occupe en attendant qu’il arrive pour le voir repartir sentant bon le sable chaud, portant une chemise parfaitement repassée. Demain ce sera mon tour et je m’habillerai comme un garçon pour lui rendre la monnaie de sa pièce.

Un garçon aux cheveux longs.

Cheap free

24 juin 2009

Aujourd’hui, j’ai fait les soldes comme ces centaines de femmes blondes et bronzées, croisées dans toutes ces boutiques bondées.

Je profite de ces derniers moments où sortir sa CB sans réfléchir n’est qu’une occupation comme une autre pour combler un vide de femme bien mariée. Dans quelques mois, je serai comme certaines de mes amies, une femme divorcée qui s’achète moins pour vivre plus. La liberté a un prix, celui de paires de chaussures en moins.

Adieu dressing plein à ras bord où s’entassent des vêtements toujours étiquetés sans remords.

Adieu luminaires Kundalini et autres mobiliers signés Ron Arad.

J’irai chez Zara et Ikea, le coeur en bandoulière et les poches vides.

Avant la tempête

23 juin 2009

Tensions, remontrances, reproches, critiques, cris, rien de tout ça. Tout est dangereusement calme.

Comme si cette séparation était attendue, à l’image de tout ce que nous avons fait ensemble, de manière calculée, réfléchie, posée. Je suis de ceux qui pensent qu’on ne construit rien avec trop de passion.

Combien de m2 fera mon nouvel appart ? Quel quartier ? Avec ou sans terrasse ? Et tu vas le décorer comment ? Tu veux du parquet ? Il projette avec moi comme si j’étais sa grande fille qui allait prendre son indépendance. Il m’a quand même demandé si je partais pour un autre homme… Evidemment, j’ai répondu que non. Même s’il sait que je ne resterai pas longtemps célibataire. Lui aussi d’ailleurs. Les meilleurs sont toujours pris. Enfin c’est ce que dit le dicton. L’avenir nous le dira.

Bref, sache que je déteste la randonnée, à part ça je suis facile à vivre quand je veux bien.

J’adore cette photo. Merci.

Amour sérieux

19 juin 2009

JJJJound
Ce soir, je suis un roman de Dumas, un opéra de Verdi. Je tousse et j’ai de plus en plus mal à la poitrine.

Ce soir, je suis seule avec ma bouteille de 50cl d’eau. Le mari, les amis et les copines, tous sont de sortie et moi je suis malade.

Alors je m’occupe comme je peux en ayant droit à rien, pas d’alcool, pas de clope et pas de sexe aussi. Je lis, j’immortalise l’achat compulsif du jour, j’écris, j’essaie d’expliquer sans trop en dire, ma putain de vie de bourgeoise de province, contrainte à se ranger du côté de la norme et qui n’a envie que d’autres choses en ayant 10 ans de moins. Un miracle, sinon rien. Tout ça sans briser une famille et des coeurs. Tout ça sans risquer de tout perdre et d’assumer d’être détester de tous pour n’être aimer de personne en retour parce que sinon tout serait bien plus simple.

Les amours compliqués m’attirent, je suis comme les autres et je fais comme eux, je vis mon amour sérieux. Le pire c’est que je l’ai voulu ce roman à l’eau de rose et la majorité du temps je suis très bien dans cette vie là. Je dis, je ne dis pas, je fais, je ne fais pas. J’hésite pour au final, paraître plus que vivre pleinement.

Ce soir je suis la Dame aux camélias.

Pour Patrick Deweare

18 juin 2009

Je m’achète une nouvelle paire de talons qui donne à tout hétéro de base, l’envie de m’attraper les chevilles, d’écarter mes jambes au maximum et de me donner le compte. C’est plutôt signe de qualité pour un nouvel achat, non ?!

Quand je ne baise pas, j’inhale 3 fois par jour un mélange miracle grâce au Maxaer 1000 que j’ai loué pour une semaine. Ma climatisation est mal réglée et je fume trop.

A part ça tout va plutôt très mal. J’ai cette sensation de n’être que la dernière des dernières. Une véritable pourriture et ce n’est pas qu’intérieur.

Avant hier, en face de moi ou à plusieurs kilomètres de fibres optiques, des jumeaux me parlent de leur envie d’aimer et de l’être en retour. A quelques détails physiques, ces 2 hommes sont quasiment identiques et ils me racontent leurs désirs passés ou présents pour d’autres femmes comme si j’étais un androïde. Je ne suis pas libre, alors j’écoute.

Les derniers jours de mon stage sont interminables. Je rentre chez moi épuisée, je m’allonge sur le lit dans cette chambre plongée dans la pénombre, reflet de l’état de mon couple. En boucle dans ma tête, une décision à prendre. Toutes les heures, je change d’avis.

Je suis comme la majorité des femmes, si mon mec était un gros connard, je resterais avec sans me poser de question.

Une conne comme les autres. Doublée d’une salope puisque je suis en couple depuis 12 ans.

Et c’est quoi cette petite vie ?

Tu sais ce que l’on dit de toi ? Oui je m’en doute. Hystérique, excentrique, volage, dévergondée, trop voyante, très énervante, fatigante, névrosée, déprimée, changeante, jamais rassurante. Je ne m’en cache pas, je ne fais pas semblant, je ne fais rien pour faire croire le contraire. Il y a le vernis, l’image sociale, les "on dit", la jalousie. Et puis il y a Moi, je suis tout cela et plus encore. Je ne passerai jamais inaperçu. Plutôt crever tout de suite. Que mon apparence soit belle ou laide, ma réputation bonne ou mauvaise, elles seront toujours trompeuses.

Ce sera toujours comme ça. Et même pour toi. Heureusement parfois on rencontre ces personnes qui voient au delà des apparences auxquelles le regard des autres s’arrêtent. Des êtres chers.

Passons et revenons à hier.

Une soirée entre deux longues journées à ne rien faire, allongée à moitié nue, les pieds dans l’eau.

Un dîner à s’écouter résumer nos vies, jeunes, insouciantes, expérimentées, délurées, sages, inventées, tourmentées… Chacun la sienne.

Et puis la nuit, les endroits qui s’enchaînent, pleins, vides, des sons à l’opposé, des bambis, des guépards, des escarpins rose fluo, des talons importables, de la jupe très mini très rouge, du vernis assorti, des jambes interminables, deux chemises blanches, une nouvelle blonde raide, une ondulée pailletée. Des rires, des sourires, des bouches qui s’attirent, des torses qui se frôlent, des mains qui jouent, des regards complices, des confidences, des points communs, des différences qui rapprochent. Des mojitos framboise, des vodkas get, des têtes qui tournent, des feus brûlés, des vies qui peuvent nous échapper.

J’ai fêté ma mention comme je l’avais prévu, la tête dans le caniveau en moins.

Demain une autre moi, bien plus convenable. J’espère jamais banale.

Puzzle

11 juin 2009

Somophore

Il y a deux semaines tout me semblait interminable. Ma vie au quotidien n’était rythmée que de longues heures alternant la rédaction de mon mémoire et quelques corvées.

Depuis l’insouciance a repris l’avantage. Je rentre sur la pointe des pieds plusieurs nuits par semaine. Il ne me demande même plus avec qui j’étais ? Où ? Nous vivons dans deux mondes parallèles, nous nous croisons quelques heures chaque soir le temps d’un dîner calme et diplomate. Il se dit sans doute que les vacances sont proches et qu’il récupérera sa femme, une fois qu’elle sera isolée de cette copine trop grande et de cette horde de jeunes chevelus enfin diplômés. 

Alors j’en profite. Mercredi sur cette terrasse, la bouche pleine de bêtises et l’envie entortillée. J’écoute les aventures de célibataires, je mate les bouts de seins et la bouche d’une Mlle Puzzle motivée, je m’excite en visualisant ces rendez-vous sans savoir, où l’on monte des escaliers d’inconnus, où l’on passe des après-midi sur un canapé, les pupilles dilatées et les cheveux qui font mal. Les langues se délient, les uns s’allongent en quinconce sur un lit, les autres dansent autour à la lumière d’une Bonne Mère fatiguée. je rentre chez moi sans savoir comment, téléguidée par une vie tellement différente, par une voix tellement attirante. 

Et demain soir pour fêter cette mention espérée. J’irai divaguer une dernière fois. J’irai profiter de ces quelques heures de liberté, au bon goût d’éphémère.

C’était le temps d’une autre année
Le temps des néons allumés

Et moi sur la banquette arrière
Je voyais le monde à l’envers …

Raphaël

Réveil douloureux

10 juin 2009

Il était presque midi quand un filé de lumière a réveillé la blonde qui avait mal fermé ses rideaux.

Deux soirées "boire et déboires", de quoi laminer ma bande de trentaquadras même motivés et moi la première.

Il est sorti sans moi, je suis sortie sans lui. Conséquence d’une phrase anodine accompagnée d’une question à retardement.

La semaine dernière, nous nous sommes recadrés, cette semaine, nous avons décidé de nous séparer.

Quand ? probablement après les vacances. Comment ? En bon terme si ça ne part pas en toupie d’ici là. Pourquoi ? Parce que j’ai envie de plus de liberté, parce qu’il a envie de plus de tranquillité et inversement. Bref, parce que nous avons envie de baiser, d’aimer, de vivre et plein d’autres choses mais avec d’autres.

Nous sommes finalement un couple normal. La prise de conscience est douloureuse.

Il va falloir que je dise adieu à un superbe boyfriend jeans et un mari parfait. C’est vraiment trop !

1948 – Porsche 356

 

Toutes les caissières de mon Monop grosses ou minces ont d’énormes seins vrais ou faux.

Toutes les caissières de mon Monop rêvent d’une 911 4S, de sacs Hermès, Vuitton et consorts, de week-end à Monaco.

Et puis il y a Daisy qui n’est pas une caissière de mon Monop. Daisy est petite, ronde avec d’énormes seins flasques. Daisy roule en 911 4S, arbore un Birkin et propose à Bel Ami un week-end à Monaco. Mon visage reste impassible mais mon cerveau bascule dans la vulgarité. Je hais cette fille qu’il ne baise même pas. Je prendrais ses kilos en trop pour passer une nuit avec lui et je lui laisserais royalement sa vie de princesse célibataire.

Je ne dis rien, j’en pense beaucoup plus.

Alors je me contente de ces quelques instants que je partage avec d’autres autour de lui, en amis.

De ce déjeuner à l’improviste, en face de moi la même en mieux écoute, à ma droite un regard caché par des aviator nous raconte.

Bel Ami nous narre son week-end avec d’autres et le prochain avec mon opposée.

Je déglutis. Je souris. Personne ne se rend compte de ce chat qui est coincé dans ma gorge.

Je suis toujours la même, j’imagine ces moments trop courts que je désire longtemps.

Parfois je vis ces quelques instants, intenses et uniques, le reste du temps je les attends.

Rencontres solubles et éphémères, regards volés, pensées cachées.

Un quotidien à la Brenda Walsh parce que je préfère la 356, la 550 c’est pour James Dean.

A chacun ses références. Désolée, les miennes sont celles d’une midinette.

Et maintenant je fais quoi ?

Le temps n’est plus aux révisions, aux préparatifs de cette fête, au peaufinage de mon bronzage, à l’achat de tenues légères… Tout ça, c’est fait.

Ma vie est pleine, comblée à en vomir. J’ai tout ce qu’il faut et plus encore. Le gâteau et même la cerise. Je crois que j’ai peur que tout s’arrête, de tout perdre. Pourtant dans mon attitude, tout porte à croire que je fais ce qu’il faut pour saccager ce que j’ai toujours voulu. Comme je le faisais toute jeune, casser mes jouets pour qu’on s’intéresse à ma petite personne. Détruire pour me sentir exister.

Aujourd’hui, pour faire mon intéressante, je me suis trouvée une nouvelle occupation, je clique frénétiquement sur des sites immobiliers. L’envie de trouver, de tout raser, de reconstruire. L’envie de lifter ma vie, de me projeter ailleurs. Un besoin de changement quelques heures dans ma tête.

Je me verrais bien dans ce T3 à l’architecture Hausmannienne. Un vrai appartement de capricieuse.

J’ai branché la première prise à moustiques, il était 19h puis j’ai rejoint le club des 4. La rousse, la brune, la vraie blonde et la fausse.

Je suis sortie malgré le dernier examen du lendemain, malgré le torticolis de l’étudiante qui somatise.

Je suis sortie officiellement pour ne pas râter cet apéro au coeur de la ville dans un quartier habituellement infréquentable. Où comment la jeunesse dorée s’encanaille à moindre risque.

Je suis sortie officieusement pour apercevoir Bel Ami quelques secondes au milieu de brunes pulmonaires. Si je devais vous le décrire, je vous dirais que c’est l’archétype du gendre idéal, gueule d’ange, cultivé, élégant mais pas trop, bonne situation, répartie aiguisée, très beau sourire, regard pétillant parfois un peu enfantin, pour résumer un mix bandant et intéressant. Alors je le regarde de loin, évoluer au milieu de cet amas de chair clingante. Les filles qui gravitent autour sont belles, jeunes et énervantes même celles qui sont trop rondes. Je n’ai aucune chance. A moins qu’il me voie un soir avec mon mari, ça pourrait le titiller qui sait !? Les hommes ont parfois des réactions aussi étranges que les femmes quand elles voient leurs rivales.

Je suis rentrée vers minuit, avec l’envie d’être une petite brune tout en décolleté, sans cervelle et même de m’apeller Daisy. Oui.

J’ai très mal dormi, une série de rêves bizarres. Bel Ami m’y sodomisait, j’avais les mains attachées dans le dos et son ami nous prenait en photo. Bref ! Je croise trop souvent ce jeune célibataire pour rester stoïque.

Aujourd’hui, les examens se sont terminés à l’heure du déjeuner. Et le rêve est passé en 3D avec quelques changements dans le scénario initial.

Aujourd’hui, pluie de compliments, de coïts et une belle queue dans ma bouche puis dans mes fesses.

La vie de couple vaut parfois le coup. Ailleurs.

Une journée délicieusement menée.

Demain je reçois une quarantaine d’amis et j’aimerais qu’il en soit, mon ennemi.

Training autogène

2 juin 2009

Roy LICHTENSTEIN 
J’ai respiré un grand coup devant la porte rouge de la salle, au fond du couloir.

Je suis rentrée, j’ai salué la grosse et le vieux pas beau. J’ai enfoncé ma clef usb, réajusté ma chemise d’homme, forcé mon sourire de carnivore et j’ai tout dévoré. L’oral du mémoire s’est terminé vers 9h30, j’étais la 1ère des 30 étudiants de ma section. J’ai été presque bonne, j’attends la mention. Au diable la modestie et merci Docteur Schultz.

Entre midi et deux, j’ai dégusté un mars.

J’ai un petit faible pour les friandises surtout à la peau douce, aux effluves délicates et aux cuisses serrées dans un jeans à 250 €.

J’ai un petit faible pour les hommes imparfaits aussi artificiels que possible.

L’homme Pop Art turlupine mon cerveau. C’est vraiment bon.

Plus personne ne doit comprendre ce blog mais ce n’est pas bien grave.

Imaginer, c’est bien meilleur.

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