Au sud de nulle part
28 mai 2009
Il ne se passe presque plus rien ici. Mes congénères blogueurs ne fument plus, ne boivent plus, ne baisent plus et n’écrivent plus.
J’écris toujours, imaginez l’état de mes poumons, de mon foie et de mon sexe. Je suis épuisée, trop de boutiques à parcourir, de plage, d’apéro, de dîners, de famille, d’amis et de révisions quand il me reste un peu de temps. Une vraie vie de pintade hyperactive, à vous en donner la nausée. Ce n’est évidemment qu’un vernis, qu’une démonstration sociale hypocrite, qu’une panoplie de blonde avec talons et robe chatoyante. Qu’une façon de croire que je plais encore. L’important est ailleurs, derrière le sourire, le décolleté, la bonne mine obligatoire. L’important est dans mes yeux et sous ma langue trop tôt ou très tard.
Cette nuit, juste après la dernière vodka get, Bel Ami est arrivé sous les néons rouges. Il m’est passé devant avec son air arrogant. Il m’a souri quand j’ai feint de ne pas l’avoir vu. Comme il est étrange, Il me plaît. Comme je suis farfelue, il me remarque. Mais parce qu’il y a toujours un mais, Il y a une brune pilotée tout prêt.
J’ai commandé 180 mini pan bagnat et une pyramide de macarons pour ma fête du 5 juin. D’ici là tout devrait bien se passer. Après j’improviserai.
Ces grands riens
28 mai 2009
Photographe Dennis Hopper
Il y était lui aussi. Troublant, toutes ces choses, ces personnes, ces goûts que nous partageons.
Ce matin, j’ai eu cette envie spontanée d’en savoir un peu plus. Je me suis retrouvée en face de lui. Il y avait une table sous mes fesses brûlantes et un café serré entre mes mains troublées. J’étais là, souriante et enjouée, comme si de rien était, comme si la situation était anodine. Mes yeux sont toujours des traîtres et il a du comprendre. Que nous sommes plusieurs dans ma tête, que je suis une fille bizarre. Il a du sentir mes mains sur son torse, descendre doucement le long de ses flancs, caresser les bords de son jean, il a du ressentir mon envie de tout arracher, de me plaquer contre lui. Et tout engloutir.
Mais les hommes sont parfois aveugles, sourds et muets aux petits riens et même aux grands chocs. Et ils s’étonnent de finir avec des filles tièdes.
Lui est célibataire, il attend peut être une tempête… Blonde.
If Addictif
25 mai 2009
Tout a commencé dans nos inconscients, le sien, le mien. Tout finira sous moi, sur moi. Pourquoi pas. Il n’est pas interdit de se l’imaginer.
Il a fait peut-être 34°, dans cette pièce où j’ai passé une grande partie de la journée. J’y ai lu des magazines, fumé quelques cigarettes, partagé une tarte à la tomate, une mousse à la framboise, j’y ai bu du coca light. Au milieu de ces petits riens, un bruissement, un simple battement d’ailes sans conséquence. Beaucoup d’effets avec ou sans papillon.
Il y a de ces rencontres rares où l’autre nous paraît doux dès le premier regard un peu gêné, les premiers instants où les peaux se touchent sans le vouloir vraiment. Et ces quelques heures totalement compatibles.
Dans ce maillage de perceptions, d’émotions, de désirs… Deux inconscients.
La douleur est mon aliment, Amen
23 mai 2009
Avant-hier dans l’après midi. Je dépose mon avenir sur une pile de mémoires bien plus épais que le mien. Je suis sereine.
3 heures plus tard, Café Populaire, le barman fume une cigarette entre deux soeurs et raconte sa vie. 7 heures plus tard, Crystal, j’ai la tête qui tourne, un verre toujours plein et deux nouveaux compagnons de jeux. 11 heures plus tard, Passe-Temps, là mon cerveau n’est plus étanche. Je rentre, il est 4h30, un coupé noir me suit. Le fluocaril en spray est toujours efficace même à cette heure douteuse. Tu es mariée ?! Tu as des enfants ?! Mais où est ton mari ? Qu’est ce que tu fais dehors sans lui ? Je fête mon nouvel âge et je lui fais une intégrale en rentrant. Le secret d’un couple qui divorcera comme les autres, juste un peu plus tard.
16 heures plus tard, une piscine perdue dans la campagne aixoise, une fratrie. Je récupère, échouée sur un transat. Mon mari travaille trop.
A côté de ça, j’ai une vie presque normale. Je cuisine, j’ai repris la cigarette et le sport, je baise plus mais toujours avec le même, je sors avec des gens de mon âge dans des endroits mous et chers, je ne vais plus faire les boutiques, ni manger au spok le midi avec une fille qui me fait une tête de plus, je ne raidis plus mes cheveux, je n’ai plus de frange, je ne mets plus mon jean déchiqueté. J’ai retrouvé cette vie sans difficulté, les vieilles habitudes s’effacent moins vite qu’on le croit. Il n’y a plus que deux choses qui comptent pour l’instant, le début des oraux le 2 juin et mon bronzage. Il me reste un peu de bile encore. Miss Hyde est toujours là, bien planquée, elle se fait un peu oublier. Histoire que ma moitié ne me jette pas dehors et que mes amis me pardonnent toutes mes infidélités bringueuses.
Bref je suis en phase de rédemption en rêvant de chaos, en pensant au démon mal léché. Voilà une situation parfaite pour souffrir comme il faut, regretter et espérer, et ne pas pouvoir se consacrer à la vraie vie, comme dirait Georges.
Un bon bonheur bien noir.
La femme d’à côté
19 mai 2009
Il est 8h40 et j’attends toujours mon rendez-vous, je suis maintenant assise dans ma voiture et je lis l’intégralité d’un blog sur mon téléphone. En fond sonore France Info parce que je suis sensible à la voix de Jérôme Colombain.
Un début de journée ordinaire pour une apparence trompeuse.
Je suis celle à qui on sourit souvent, qu’on siffle encore, qu’on embrasse le matin en partant, qu’on baise le jeudi quand elle rentre ivre, le samedi devant le journal du hard, le dimanche matin comateux, à qui on se confie, à qui on offre des cadeaux qu’elle ne mérite pas, à qui on fait sans hésiter des enfants, qu’on couche sur son assurance vie, en qui on a une entière confiance. Je suis celle qui conjugue tout et qui veut tout réussir. Je peux être la femme de ton meilleur ami, de ton patron, de ton père. Je suis même peut-être la tienne.
Quels chanceux !
Sous le soleil exactement
17 mai 2009
Les jeux d’amants amoureux de l’intense au douloureux.
En réalité rien de plein, rien d’entier, toujours des demi-teintes, des demi-vécus. Viendra le jour où je regretterai. Qu’il vienne vite.
Allongée sur ce transat, les paupières mi-closes, j’écoute mes amis, je regarde nos enfants. Les discussions toutes proches, les rires au fond du jardin me bercent. Je suis bien là. Il n’y a pas vraiment de doutes. Il y a ce fil, ce lien qui me tire quelques secondes, ailleurs, loin. Et mes yeux qui brillent.
Le soleil laisse sa morsure et maintenant j’ai mal.
Je suis devant ce miroir à scruter des détails, toujours cette obsession, ce combat que j’ai déjà perdu.
Vivre vite et oublier demain.
Allure cryptique
13 mai 2009
JJJJound !
Ici, il n’y a pas de place pour la faiblesse, le relâchement, quelques kilos de trop.
Aujourd’hui, la tenue est en conséquence, noire. Aujourd’hui, je suis une tueuse.
J’ai tout préparé, pensé aux moindres détails : talons, épaules dénudées, queue de cheval coquée, effluves venimeuses.
Tout ça, agrémenté de quelques phrases qui donnent à voir comme dit mon prof de média training. Je présente mon sombre dossier de presse à deux fringants parisiens tout en skinny APC, bagues tête de mort et répartie tueuse.
Tout ça, vers 14h.
Si je suis mortelle, le côté obscur de la force sera à New York en 2010.
Et puis je rentrerai chez moi en fin de journée, fatiguée d’avoir tout essayé.
J’irai fumer cette cigarette, assise face au mandarinien. Soulagée.
Je lui dirai de venir près de moi, de poser ses grandes mains sur mes épaules.
Et puis le reste suivra comme il aime, un peu de rouge vulgaire sur sa queue réconfortante.
Je n’ai pas besoin d’un autre homme pour me rassurer, me protéger, me satisfaire. Me flatter aussi.
J’ai juste besoin d’un peu de ton air désabusé. Du baiser de la mort un matin rêvé.
La substantielle moelle d’une vie imparfaite.
Extraordinaire
12 mai 2009
En attendant de tout quitter et de partir me réfugier au bout du monde. Je repasse ses chemises avec ma nouvelle centrale vapeur.
Avec le sourire, je m’applique en regardant un grand brun bodybuildé lécher deux minettes décolorées. Un porno en repassant, ç’est décontractant.
Lui rentrera plus tard, sans attitude ni odeur suspectes. Il devrait être soulagé le jour où mon dressing sera vide.
Ce n’est pas pour demain. Après-demain, si je n’ai pas encore changé d’avis, d’humeur, de couleur de cheveux.
Subliminal
11 mai 2009
J’avais mis un headband pour sortir jeudi soir. Et puis j’ai regardé mon reflet et je l’ai enlevé. J’ai gardé ce jean qui me fait un cul démontable et le gilet qui fait diversion pour éviter l’agression.
Il est arrivé pile à l’heure, le meilleur ami. J’ai dévalé les escaliers et j’ai failli me tuer.
Je suis arrivée tout juste saine et sauve à cette soirée, accompagnée d’un quadra en quête de l’amour d’une nuit et d’une paire de jambes en quête d’un bon coup pour la vie. Le soleil se couchait et ses reflets jouaient sur les mûrs décrépis et colorés de cet hangar désaffecté, recyclé en restaurant à grandes tables.
Rapidement j’ai bu et mangé, rapidement les autres nous ont rejoint.
Entre deux tracks maudits sur un dancefloor clairsemé, je danse. Je pense à lui. Je me demande, où il est, ce qu’il fait.
Plage, dîners chez les uns et les autres, cinéma, glace melon pastèque et gariguettes chantilly. Le reste de ces 3 jours n’est qu’une succession de plaisirs simples.
Et moi je veux mon plaisir compliqué. Où es-tu ?
Initiales FF
6 mai 2009
JJJJound
Je vis dans la ville à la beauté la plus vulgaire de notre merveilleux pays. Ici, il y a une éventuelle prédatrice à chaque coin de rue, une brune aux yeux clairs, une blonde aux gros seins. Même les bourgeoises donnent envie de les baiser. Il n’y a pas de répit pour le regard aiguisé en porno amateur. La moindre vendeuse, secrétaire, serveuse, responsable des achats, médecin, infirmière, le moindre vagin animé s’habille moulant ou cliquant, souvent les deux. Ici, même les vieilles portent des talons de 10, même une robe Givenchy fait pouffiasse.
Je ne sais pas vraiment pourquoi, l’huile d’olive, l’air iodé, le soleil, le machisme ambiant peut-être ?
Il faut bien que certaines donnent envie de baiser les autres. C’est sûrement ça.
Point de non retour
2 mai 2009
Il est 4H. Je traverse le salon sur la pointe des pieds. Mes talons main gauche, ma pochette main droite.
Tout ça impeccablement maquillée, le brushing nickel, la robe en place, l’haleine fraîche et le sourire avec. Les lèvres nude, comme une vraie professionnelle. C’est ainsi, sortir sans lui et rentrer avec l’apparence de quelqu’un qui a quelque chose à se reprocher.
Je commence toujours la soirée euphorique, surexcitée. Je claque la porte comme une fille à peine majeure, à l’autorisation parentale presque vierge qui veut en profiter.
Tout arrive vite. Comme un film porno que l’on regarde en accéléré. Les premières heures sont intenses, je bois, je ris, je danse. Premier orgasme, une sensation de rejet. Brutalement systématiquement, je réalise qu’il faut que j’arrête de boire, l’alcool fait monter mon taux d’angoisse. Je stoppe net et je passe au coca. J’observe alors le tumulte, les débordements quand ça vrille dans tous les sens, je reste stoïque, j’attends que ma cervelle reprenne sa place.
Et je rentre vivante.
28°c, il est 10h.
Je roule. J’ai dormi 4h. Ma deuxième vie se lève tôt. Ma deuxième vie n’a pas d’états d’âmes. Elle veut faire des pâtés de sables, jouer au volley, courir dans le sable, se baigner dans une eau à 20°c, manger des frites et lécher des glaces. Ma deuxième vie m’oblige. J’assume les yeux cernés, la tête pleine de bulles. Je regarde ma copine dans son boxer doré partir en courant parce que nos monstres font la seule chose à ne pas faire. Je la revois quelques heures plus tôt, danser contre son mec, m’embrasser pour l’exciter.
Une vie double-face. Avec une nette préférence pour Miss Hyde.







