Un jour, j’irai
2 avril 2009
Photographe Laurent Garbit pour ginette_ny
Hier soir, en rentrant pas si tard, j’ai réalisé que je ne jouissais que si mes cuisses étaient écartées.
J’ai essayé en me remémorant une scène qui est particulièrement efficace habituellement mais impossible. J’ai enlevé mon jean, resté aux genoux, et j’ai pu instantanément étirer mes adducteurs et libérer mon gémissement somnifère. L’homme idéal est monté un quart d’heure plus tard, j’ai fait semblant de dormir. Hier soir, je n’avais pas envie de lui. J’étais de mauvaise humeur. Un besoin de plaisir sans partage.
Aujourd’hui, c’était mon deuxième jour de stage. J’ai adoré déjeuner dans cette épicerie italienne entourée d’un possible gang bang multi racial. Ces mecs ont des têtes de tueur avec l’accent presque pointu. Ils te parlent de leurs gosses avec le regard pétillant, de bagnoles, de jeux vidéo, de politique sans transition. J’ai beaucoup ri, ça faisait longtemps que je ne passais pas une journée entière entourée uniquement de testostérone. C’est bon aussi, de se sentir princesse au royaume de douces brutes épaisses.
Je me suis faite baisée par l’homme idéal en rentrant de 18h à 18h30, j’étais trempée. Les blacks ne m’ont pas excité comme il l’a cru immédiatement. Non, c’était plutôt celui qui était assis en face de moi qui m’a intriguée. Parce que ce qui m’intrigue m’excite, je suis tout à fait ordinaire. La quarantaine, les cheveux gris, la voix douce, de longues mains fines, le regard ailleurs, ne s’intéressant que vaguement à sa voisine d’en face et encore moins à la serveuse aux gros nichons fuchsia. Nous étions lui et moi les seuls à boire du vin, les autres étaient au coca, ça fait un point commun.
Le déjeuner s’est prolongé jusqu’à 15h, entrée, plat, dessert, café, ça prend du temps. A ce rythme, fin juin, je roule. Dès notre retour, le manager m’attrape par le cou et je me retrouve dans une réunion improvisée. On me demande de commencer à réfléchir sur le dossier de presse pour leur futur concert à New York en avril 2010. J’ai fait genre placide. J’étais euphorique.
Du coup ! Pas de mini crise existentielle aujourd’hui pourtant j’en avais les symptômes. Je ne supporte pas qu’on m’ignore.
Comme dirait l’autre, ne pas laisser une mauvaise main au poker gangrener le quotidien.
Trouver une porte. Vite.



