Antonyme fantasmé

29 avril 2009

17h.

Je rougis. Je suis au téléphone. Sur la terrasse de cette villa qui surplombe la grande ville. Au calme.

J’écoute ses mots souriants, j’imagine ses fossettes. Le temps passe trop vite quand il est compté.

Je fantasme sur un homme qui ne me supporterait pas même 24h.

Ce blog risque de devenir ennuyeux. Je me sens bien.

18h.

Je rentre. Je souris. Je monte. Je sors de la douche. J’enfile quelques effets importables en milieu tempéré. Je fais consciencieusement mes devoirs sexuels.

Je vis avec un homme qui s’emboîte parfaitement, complémentaire en tout. Idéal au quotidien pour la farfelue que je sais être.

Ce blog est ennuyeux. Je me sens mal.

Qui peut désirer mieux ? Une vie de famille tout en jouissant d’une liberté de quasi célibataire avec le minimum d’inconvénients excitants. Un rythme de vie accepté après moult négociations et crises en tous genres. Gagner sa confiance en levrette quand il veut, où il veut, toujours enjouée et parfois même méprisante. Entretenir la plénitude de son cerveau masculin chaque soir à grands coups de quiches, gratins, escalopes à la créme et autres mets divers et variés. Important la diversité. Me bouger le cul, dans tous les sens du terme et au final faire à peu près ce que je veux. Je peux même me permettre quelques odieux caprices et critiques injustifiées.

Où serait l’intérêt d’une séparation ? Sous les toits. Intensément.

Il fait chaud au fond d’un tiroir à secrets.

Il me plaît à penser que la vie rêvée est imparfaite. Je dois être complétement folle.

Les 3 petits cochons

28 avril 2009

500 mètres après le feu, à gauche.

Je déjeune Thaï avec mes 3 jeunes employeurs.

Mon stage se passe bien, ils ont l’air content de voir arriver mes cheveux en vrac le matin, mes cuisses slimées et ma démarche bizarre. Ils me posent beaucoup de questions, je les intrigue, c’est certain. Il y a une addition qui ne tombe pas juste avec moi. Ma drôle de vie de couple, mes enfants, mes copines très grandes et très jeunes, mes sorties en semaine, mes études, mon corps, mes fringues… Ils comparent sans doute avec leurs amies, leurs femmes, leurs nouveaux nés, leurs nuits sur le canapé, leur embonpoint, leur demi-molle, leur jamais de temps pour rien.

Je m’abstiens de leur dire que nous passons tous par ces moments.

Il ne faudrait pas que je leur coupe l’envie de me coincer. Je plaisante.

N°18 Rouge Noir

26 avril 2009

Je portais des lunettes trop grandes pour mon visage. Un peu pour me cacher beaucoup pour me faire remarquer. Je me sentais surtout belle. C’était un hier.

Aujourd’hui, j’ai préparé le déjeuner d’un dimanche entre amis. Rien ne change vraiment ici. Alors je fume dehors entre les gouttes. J’avale avec plaisir cette fumée, comme je vis ma vie, la minute qui suit elle me dégoûte.

Les conversations tournent en rond quand on est tous mariés avec des enfants, on se reproche les mêmes choses en fonction du sexe qui parle et puis on en rit. On se connaît par coeur. Et le coeur ça fait bien longtemps qu’il s’est fait la malle. Nous avons mangé à l’italienne, des antipasti en parlant fort avec les mains, des pâtes au pesto au-dessous de décolletés surévalués, des gâteaux au chocolat parce qu’il ne reste que de la complicité. Personne ne baisera en fin de journée, même pas moi.

Ce soir, je mets du vernis sur mes ongles.

La vie des autres. C’est la mienne. Je suis Peggy Bundy.

Rush

24 avril 2009

Hier, j’étais dans le métro vers 6h30.

Assise sagement, la moitié du visage cachée sous un reste de frange. Je portais une robe tunique transparente style slave, mes dessous étaient noirs et mes yeux trop maquillés. La veille, j’envoie un mail inoffencif par mimétisme, manque, amertume, frustration, impulsion. Et tout s’enchaîne, s’accélère comme il y a 1 an, 1 mois et 1 jour. L’envie de donner un énorme coup de sabre à notre pacte.

Demain ? Dis moi non. Oui.

Terrasse plein sud sur rue pavée. Un thé fruits rouges regarde une bouche de rêve boire du Sri Lankais. Notre reflet de couple assorti anodin se ballade dans les ruelles sinueuses de la ville. Tant de choses à se raconter, si peu de temps pour apprécier.

J’apprends vers 15h30 que j’ai une demi soeur colombienne. La vie bascule en quelques minutes. Du rêve au cauchemar. De l’ordinaire à l’extraordinaire.

Il est 1h30 du matin, ma copine jambesque a sorti son short en jean. Nous avons bu gratuitement, c’était enivrant. Oogie, Dame Noir, Passe temps, nouveau périple. Je suis au milieu de jeunes gens qui sont nés sous Kramer contre Kramer. J’écoute mon voisin de comptoir, il me parle de son divorce. Le thème de la journée d’hier était donc l’adultère. Rien de nouveau sous le soleil.

Il existe un homme beau comme un Dieu devenu Mortel. Il portait une chemise bleue.

Tout peut arriver dans la vie, et surtout rien. M. Houellebecq

Une déception sans larme. Une de plus. Il n’y a rien eu, ni proposition, ni déclaration, ni sentiment, ni sexe, ni considération. Qu’un cerveau qui s’emballe. Pendant que je suis triste, je ne m’ennuie pas. Le silence ne change rien à ce que je m’imagine, je mets de beaux dessous, aujourd’hui ils sont violets, je raidis mes cheveux, je me maquille les yeux un peu trop, la bouche un peu moins, rien de rassurant n’émane de moi. Tout est calculé, tout doit être bon à regarder, effleurer, toucher, embrasser, lécher, pénétrer… tout ou rien.

Je suis prête, alors je le vis cet impact avec ou sans adversaire. Parce qu’on n’a pas besoin d’être deux pour se faire peur.

J’ai toujours eu l’impression que nous étions proches, comme deux fruits issus de la même branche. Le jour se lève au moment où je t’écris. Le tonnerre gronde doucement; la journée sera pluvieuse. Je t’imagine te redressant dans ton lit. Cette angoisse que tu ressens, je la ressens également. M. Houellebecq

Je rêve de rencontrer quelqu’un comme moi, ni bon, ni mauvais juste assez superficiel pour apprécier.

Il n’est pas nécessaire d’avoir une belle queue dure et performante pour me baiser en beauté. Il suffit d’un silence.

Mix dans ma bouche

21 avril 2009

J’alterne les soirées, souvent sans lui. Samedi c’était avec.

Je me sens bien quand il est là, à la maison, à mon bras quand je sors. Je ne m’imagine pas du tout sans lui et quand il me parle d’une éventuelle séparation, je vire au vert. Il est 1h du matin, je danse, imbibée de vodka get, il est là, je ne risque rien, je peux m’enivrer, parler à des inconnus. Je ne mesure rien, ne fais attention à rien, je suis souriante, je virevolte d’ami en ami, je parle à l’un de l’une et des autres. J’ai la tête qui tourne. Je sors, je m’assoie un peu, je tire sur la clope de ma copine, je bois une gorgée dans son verre, je repars. Il fait chaud, j’enlève ma veste, ce tee-shirt n’est plus de mon âge, je m’en tape. Je vais au comptoir, je commande un autre verre, on me tend une coupe, je la bois, on essaie de m’embrasser, je m’échappe. Pourvu qu’il n’ai pas vu. Je le cherche. Je trouve un copain de fac à la place, je discute, je dis n’importe quoi, il me regarde bizarrement. On mange des fraises. Je repars. Je le cherche encore. Il est dehors, il discute avec une fille, je ne la connais pas, j’approche. Il me la présente. Je la trouve jolie. Je lui dis que son jean lui fait un beau cul. J’ai trop bu. Le reste je ne m’en souviens plus.

Le dimanche soir, il me parle d’une envie de faire un break, d’une envie d’être libre, d’une envie d’ailleurs. Son discours dure des heures. Puis il rit, il me dit qu’il me fait marcher que ce n’est pas vrai. J’y ai cru.

Ce matin, il m’attrape par surprise à l’aube. Il me colle sa queue sur la bouche, il presse mon crâne. Il cale sa queue entre mes fesses. Elle ripe, j’ai mal. Il met fin à presque 3 semaines d’abstinence. Il a joui vite. Je n’ai eu le temps de rien. Même pas de dire non.

Je n’aime pas la sodomie, avant mon thé à la mûre.

Les rôles de ma vie

17 avril 2009

C’est bien aussi de ne pas sortir en semaine, de rester faire des lasagnes, de servir sa bande de potes, bière main gauche, joint main droite.

C’est bien de les écouter commenter un match de foot et de les entendre rire jusqu’à la 91ème minute.

C’est mon cours de théâtre du jeudi soir. Je suis l’héroïne de mon sous le soleil.

C’est bien mais ce soir, je mets mes bottes, une robe et je m’en vais jouer à la poupée avec de jolis poupons aux cheveux longs.

Je préfère quand même mon second rôle.

Seule ensemble

15 avril 2009

Nous sortons chacun de notre coté, un couple traditionnel nouvelle définition.

Dimanche 1h30, je pars de chez mes amis en lui envoyant un sms, j’ai envie qu’il me baise depuis qu’il ne le fait plus.

15 jours sans sexe, ça commence à faire long. Une demi-heure plus tard, je suis allongée sur le lit, seule, il fait chaud. J’ai les yeux fermés, j’écoute le silence de son retour. Au plus près du bazar improbable de mes monologues intérieurs, je ne l’attends plus, persuadée qu’il va rentrer tard et saoul.

La veille, j’ai failli m’étouffer en mangeant mon dessert. C’est fini, nous vivons ensemble mais chacun fait sa vie. Je n’ai rien répondu, je suis sortie fumer. Il a débarrassé.

Il est 2h quand il rentre. Je me suis endormie.

Ce soir, il est encore dehors, je suis seule et je ne sais même plus si j’ai envie d’ailleurs. Je me caresse trop souvent.

Défense attaquante

10 avril 2009

Le rideau du garage à peine refermé,.

J’ai instantanément oublié les 3 jours de tirage de gueule de mon mec qui joue à domicile contrarié. La veille avait fait l’objet d’un face à face de canapés, lui ayant trouver des photos de moi à poil sur l’ordi et moi lui rétorquant que me reprocher mon exhibitionnisme était tout aussi ridicule que ces bonnes femmes qui sont choquées parce que leurs maris se branlent sur des éjacs faciales pixélisées.

Selon lui je le prends vraiment pour un con. Selon moi j’ai réussi à le convaincre que c’était de sa faute s’il aimait une folle et qu’il fallait qu’il assume.

Donc pour m’enfoncer un peu plus. Je suis sortie avec un haut blanc moulant et transparent. C’est de l’entraînement.

Et ça a fait mal. Le baby stagiaire de ma copine veut se marier avec moi 5 mn avant de faire un malaise dans les toilettes. Mon manager me supplie de ne plus le faire sortir un jeudi soir dans ce bar à putes gratuites. Je montre mes photos zippées mms à Romain et Anto parce que je ne tiens pas l’alcool ni ma langue.  Je leur dis même et ça je le regrette que je ne suis pas vaginale et je me lance dans une grande explication déformée mais scientifique, entendue sur Arte il y a 5 ans. Romain essaie de me couper la parole en tentant d’enfoncer sa langue dans ma bouche. Anto reste coi.

J’ai passé une mauvaise nuit. Le grognon qui me sert de compagnie sociale ronfle.

Toi et moi c’est pour la vie
combien de fois je l’ai dit à 7h du matin ?
les baisers sans lendemain, rouge à lèvres et tanin à 7h du matin
je ne trouve plus ma voiture
mais je n ai plus de voiture
c’est l’erreur du matin
les gens qu’on rencontre après 7h ne sont pas vraiment ceux qui comptent, ça fait rien
Tout le monde se ressemble, moi je ne ressemble à rien à 7h du matin…

Alister dans la voiture. Aujourd’hui la journée se finit à 13 h. La vie commence vers 13h30 au Cercle des Nageurs. Parce qu’en plus, oui, ici il fait beau et chaud.

Spécieuse obsédée

9 avril 2009

C’est une mauvaise journée. Mon ombre à paupières vient de couler.

Je me suis mise en quarantaine volontairement depuis quelques semaines. Les nombreux mails ont laissé place à une messagerie vide de compliments, propositions et injures parfois. Ce matin, j’ai fait fuir un des survivants par manque de finesse ou excès de lucidité, tout dépend de quel côté on se place. Une bonne occasion de se défiler, une mauvaise pour la saisir.

Je ne suis pas drôle et très susceptible, presque parfaite.

Ce soir, j’irai noyer tout ça dans de la salive de jeunes étudiants intéressés.

Pensée gluante

8 avril 2009

J’ai envie de te voir, là, tout de suite.

Pensée du matin la main encore collante. Image de mon cul chaud sur du marbre froid. Image de mes dessous noirs sur ma peau transparente. Des fourmillements aux bouts des doigts, les joues toutes chaudes, toute seule et toujours dans les embouteillages.

9h30, thé mûre myrtille, brief du communiqué de presse à pondre pour hier. Retour brutal à la réalité.

Je me suis sentie bonne aujourd’hui. Sans doute parce que j’ai eu la certitude l’espace de quelques sms qu’un illustre inconnu désirait me pénétrer.

Une partie de flipper Michel ?

Dessin Vinoodh Matadin

Tout commence comme un jeu, des chats et une souris. Une souris perchée.

L’intérêt une fois suscité, il faut faire mijoter l’envie, échanger pour commencer, donner à voir pour continuer et toucher pour en finir. Parce que c’est ainsi que le processus se termine. Après il n’y a plus rien, l’envie une fois assouvie  n’a plus beaucoup d’intérêt pour ceux qui n’aiment que jouer. Monter les escaliers.

Il y a toujours des exceptions. Il y en a eu. Il y en aura. Il y a des échanges, une complicité qui dure parfois. Ce parfois ne m’a intéressé que deux fois, dont une de trop parce que je suis rancunière sous mes faux airs de gentille. Moi aussi je sais faire mon complexe de supériorité.

Il me faut du temps pour m’attacher à un homme mais une fois que c’est fait, j’ai beaucoup de mal à digérer s’il me laisse tomber.

Aujourd’hui j’ai fait des photos de mon cul, pour changer. J’ai dessiné dessus, je me suis prise pour Vinoodh Matadin. Il s’est moqué de moi.

Lui me manque. Lui me taquine. Lui m’intrigue.

Une souris et des hommes.

Mec pas facile

7 avril 2009

Verre Mikasa

Une main sur mon sein. Je ressens des palpitations.

Qu’est ce qui a bien pu m’arriver ?

Je crois quelqu’un a mis quelque chose dans  ma vie. Mais qui ?

J’écoute Alister en boucle, mes pensées ne s’apaisent pas. J’ai envie de te voir.

Maintenant viens par ici… Mets ta bouche sur mes lèvres. Voilà !

Un jour, j’irai

2 avril 2009

Photographe Laurent Garbit pour ginette_ny

Hier soir, en rentrant pas si tard, j’ai réalisé que je ne jouissais que si mes cuisses étaient écartées.

J’ai essayé en me remémorant une scène qui est particulièrement efficace habituellement mais impossible. J’ai enlevé mon jean, resté aux genoux, et j’ai pu instantanément étirer mes adducteurs et libérer mon gémissement somnifère. L’homme idéal est monté un quart d’heure plus tard, j’ai fait semblant de dormir. Hier soir, je n’avais pas envie de lui. J’étais de mauvaise humeur. Un besoin de plaisir sans partage.

Aujourd’hui, c’était mon deuxième jour de stage. J’ai adoré déjeuner dans cette épicerie italienne entourée d’un possible gang bang multi racial. Ces mecs ont des têtes de tueur avec l’accent presque pointu. Ils te parlent de leurs gosses avec le regard pétillant, de bagnoles, de jeux vidéo, de politique sans transition. J’ai beaucoup ri, ça faisait longtemps que je ne passais pas une journée entière entourée uniquement de testostérone. C’est bon aussi, de se sentir princesse au royaume de douces brutes épaisses.

Je me suis faite baisée par l’homme idéal en rentrant de 18h à 18h30, j’étais trempée. Les blacks ne m’ont pas excité comme il l’a cru immédiatement. Non, c’était plutôt celui qui était assis en face de moi qui m’a intriguée. Parce que ce qui m’intrigue m’excite, je suis tout à fait ordinaire. La quarantaine, les cheveux gris, la voix douce, de longues mains fines, le regard ailleurs, ne s’intéressant que vaguement à sa voisine d’en face et encore moins à la serveuse aux gros nichons fuchsia. Nous étions lui et moi les seuls à boire du vin, les autres étaient au coca, ça fait un point commun.

Le déjeuner s’est prolongé jusqu’à 15h, entrée, plat, dessert, café, ça prend du temps. A ce rythme, fin juin, je roule. Dès notre retour, le manager m’attrape par le cou et je me retrouve dans une réunion improvisée. On me demande de commencer à réfléchir sur le dossier de presse pour leur futur concert à New York en avril 2010. J’ai fait genre placide. J’étais euphorique.

Du coup ! Pas de mini crise existentielle aujourd’hui pourtant j’en avais les symptômes. Je ne supporte pas qu’on m’ignore.

Comme dirait l’autre, ne pas laisser une mauvaise main au poker gangrener le quotidien.

Trouver une porte. Vite.

La vie en bleu

1 avril 2009

Le fond de la piscine

Je me regarde vivre.

Ce matin, dans mon lit, le corps encore chaud, j’ai déjà la tête ailleurs. Je lis les 3 rescapés de ma dernière inoffensive crise destructrice.

Hier soir tard, je rentre de cette fête organisée par l’école, des journalistes, des communicantes, un monde qui baise en vase clos comme tous les autres. Les hospitaliers dans les infirmeries, tôt, les financiers dans les archives, tard. Sur place dans une remise quelconque, dans le parking, le siège bb dans le coffre. Pas trop loin parce qu’il faut être à l’heure quand l’adorable progéniture sera relâchée. A l’Etap ou l’Ibis du coin s’il est lui aussi un mauvais garçon, chez lui s’il est plus jeune ou incasable.

Je ne suis pas différente, j’ai juste résisté un petit peu plus longtemps que la moyenne.

L’eau de la piscine est à 35°. J’infuse. J’ai trop de temps pour douter, dans ma vie rêvée.

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