New-York, Palm Springs… Mon lit
27 janvier 2012
Sunrise at Ace Hotel Palm Springs, by Jordan Iverson
Il est presque 7h, je reçois des nouvelles du bout du monde comme je regarde un épisode d’une série américaine, scotchée dans mon lit, je m’imagine dans ces endroits baignés de lumière rose. Petits messages laconiques pour me dire que tout va bien qu’il fait beau que le mobilier de l’hôtel me plairait. C’est un peu Taylor qui envoie des sms à Amber, il est 22h sous le soleil d’Hidden Palms.
Ici les choses se passent, bizarrement, les sollicitations de la femme mariée se sont brusquement arrêtées comme si une réelle rencontre soit beaucoup plus difficile à assumer que des messages prometteurs. Ça ne m’étonne pas, à croire que l’on ressent mon besoin de savourer le calme de mon nouvel appartement.
Je continue de poster mes nouvelles acquisitions sur Instagram, avant c’étaient des soirées, des dessous, des robes ou des bijoux. Maintenant ce sont des luminaires.
Certains doivent regretter l’ennui exhibitionniste de Madame Bovary 2.0.
Caprice d’indépendance
25 janvier 2012
Photographe Lukasz Wierzbowski
Il aura donc fallu que j’ai le droit de tout faire pour ne plus en avoir envie.
Être d’une banale connerie jusqu’au bout. Mes échanges virtuels deviennent quasi inexistants, ma présence sur les réseaux sociaux s’étiole, je suis très peu sortie, je bois plus de jus de fruits frais que de vodka Get… Maintenant que je vis seule, je me rapproche dangereusement de l’attitude d’une adulte responsable. C’est désespérant comme je suis prévisible.
Mon ex-mari m’imagine sans doute en petite tenue entourée de bellâtres, buvant du champagne. J’ai la tête de celle et le sourire qui va avec, laissant penser que c’est peut-être le cas. Il ne faudrait pas qu’il me voie buvant ma tisane au thym, les yeux pleins de larmes, rageant devant mes radiateurs improgrammables. Il ne faut surtout pas.
J’ai une réputation sulfureuse à tenir. Il ne me reste donc plus qu’à faire croire que j’ai fait le bon choix.
Je vais m’acheter des porte-jarretelles.
Bonheur passé
19 janvier 2012
Tristesse contemporaine – I didn’t know (Dirty Pschent)
Tu crois que tu vas bien parce que tu le dis ? Tu crois que vous vous aimez parce que vous ne vous disputez pas ? Tu crois que tu peux oublier parce que tu as tout effacé ? Tu crois que la fuite est une solution ? Pour toi ? Egoïstement surement.
Elle t’a couru après dans cette petite rue sombre, l’envie à peine couverte, elle avait froid. Tremblante, elle s’est approchée, ses lèvres étaient glacées sous ses cheveux couleur de jais, un peu emmêlés. J’avais, 20 ans et je vous observais, ce baiser a duré des heures, des années, il est toujours dans mes souvenirs pleins de rancœur. Je t’aimais, je l’aimais, pour être près de toi, pour être entre vous, pour exister.
Je suis si triste. Cette chanson a remué la vase de ces souvenirs quasi estompés. Une musique, un refrain, une odeur, une couleur, une photo, quelques mots, ton silence, le moindre détail et je pense à ces mois où tu ne voulais être qu’en moi.
Aujourd’hui, je ne suis qu’une tristesse contemporaine pleine de regret de ce bonheur passé. Tu ne reviendras pas. C’est ton choix.
Complaintes amoureuses
18 janvier 2012
Photographe Frederike Helwig
Quand j’avais 15 ans, il m’arrivait de me plaindre du manque d’attention de mes petits copains, plus préoccupés par leur KTM que par mes petites fesses.
Quand j’avais 20 ans, il m’arrivait de me plaindre de la jalousie de mon premier amoureux qui m’empêchait de porter des tenues sexy et qui m’a remplacée par la barwoman toujours à moitié à poil d’un Club minable.
Quand j’avais 25 ans, il m’arrivait de me demander si un jour j’allais enfin rencontrer un homme stable alors que je passais mon temps à minauder devant serveur, chanteur… et autres DJ à la petite notoriété régionale.
Quand j’avais 30 ans il m’arrivait de me plaindre du manque d’engagement de celui que j’avais désigné comme l’homme de ma vie, le père de mes enfants, mon nouveau père… Qui passait son temps à me couvrir de cadeaux, de voyages. Mais moi je ne voulais qu’une seule chose ou plutôt plusieurs qui crient, qui pleurent, qui mangent et qui chient.
Quand j’avais 35 ans, il m’arrivait de me plaindre du manque d’attention de ce même homme tous les soirs présent depuis plus de 10 ans.
Depuis que j’ai 40 ans, il m’arrive de penser à ces 20 années de vie amoureuse, familiale pleine et intense.
Dans quelques jours, je vais partir de chez moi, un nouveau chapitre s’ouvre.
Et j’ai cette sensation bizarre que le meilleur est passé, alors que je n’ai fait que râler.
J’ai peur de n’avoir plus aucune raison de me plaindre…
Les salop(e)s au coeur d’artichaut
17 janvier 2012
Photographe Manon Von Der Zwaal
Il veut te voir très souvent, il te parle déjà d’un week-end dans une capitale européenne, il te présente à ses amis, il t’a même offert un joli bracelet, tu reçois des mots doux dès qu’il se lève, il te donne des petits surnoms mignons, il n’a que des compliments… Puis un jour sans véritable raison au mieux il te téléphone pour te dire qu’il s’est remis avec son ex ou au pire il ne répond même plus à tes messages.
Des récits comme celui-la, nous en avons tous entendu des centaines, des hommes et des femmes complètement désemparés de se retrouver du jour au lendemain devant une personne différente de celle qu’il avait quittée la veille après une bon dîner ou une bonne baise, un joli voyage ou une courte escapade. Qu’est qui a bien pu se passer pour un changement d’attitude aussi radical ?! On n’a beau se triturer le cerveau, on ne comprend pas. Cette fois pourtant, on ne s’était pas emballée, on n’avait pas mis la pression, on n’a été royal, on était parfaitement épilée… Mais pourquoi il ou elle a changé d’avis si brusquement ?! Il peut y avoir plusieurs raisons, parfois même des sincères, un proche mourant, une maladie fulgurante, la fin du monde… Mais la plupart du temps ce ne sont que de banals ”mythomanes amoureux”, les spécialistes du Space Mountain sentimental. Avec eux, ça part à 400, tu n’as pas le temps de dire “peut-être” qu’ils sont déjà à Rome pour les plus “saint-d’esprit”, devant l’autel pour les plus barjots.
Il n’y a pas de précautions à prendre ou de recettes miracles pour les éviter…
Nous en sommes tous là un jour, une fois victime ou le lendemain bourreau, héros d’un John Gray et autres Beigbeder.
Petits meurtres entre inconnus
16 janvier 2012
Photographe Clément Jolin
Premier samedi, première invitation officiellement célibataire toujours un peu dépendante.
Il y a dans ce bel appartement, une quinzaine de personnes se connaissant ou s’appréciant quelques heures autour de notre hôte, le dénominateur commun de ces jeunes adultes sociables et responsables tout du moins la première heure. Le style des invités est assez décontracté, ici pas de tenues ostentatoires, clinquantes. Tout est simple et de bon goût, seule la petite touche sudiste des intonations pourrait faire comprendre que nous ne sommes pas à Paris. Je détonnais avec mon haut trop vert, jusqu’à ce moment entendu où l’on sort le mixeur où les mélanges font basculer l’ambiance, où chacun se désinhibe, où les jeunes filles aux chignons romantiques, toutes de Sessùn vêtues, ondulent comme des lap danseuses en mixant des vinyles introuvables.
Un peu à l’écart, assises sur le canapé, scotchées devant un énième épisode d’un Saw 3D aussi minable que les autres, sans le son ça passe encore, il y a deux potiches. Ma jeune et jolie amie et moi. Les autres doivent se demander, ou même pas, ce que ce bi-nôme improbable fait là. Nous n’avons rien en commun ni avec eux ni toutes les deux.
Au milieu de tout ça, il y a des regards qui se croisent et des complicités secrètes, comme un baiser volé à la sortie d’un café, il y a des talons trop hauts et un jeans trop serré pour plaire en ce faisant passer pour une autre. Les années collèges, c’était samedi soir à cette soirée qui aurait sans doute pu se terminer comme la première, sur ce canapé à m’endormir comme une adolescente qui a fumé son premier tarpé.
Je suis rentrée vers trois heures, après m’être échappée pour voir ce concert trop court, fraîche et mal coiffée. Je continue à vivre dans notre maison alors mes sorties nocturnes sont toujours limitées.
Je joue encore un peu à Cendrillon qui a très envie de se choper Boucle d’or.
It is what it is
15 janvier 2012
La mauvaise nouvelle est arrivée par sms à 10h46 vendredi… ce ”on est recalé” m’a vexée.
Evidemment en bonne caractérielle, susceptible et autres qualités, j’ai désactivé ce blog, maudit Canal Plus et son putain de bon projet trilogie . Et puis le week-end est passé, les amis ont trouvé les mots.
En attendant le Divin connard a écrit et ça m’a donné envie de reprendre.
Demain je vous raconte ma soirée SAW.
Satyriasis mon amour
12 janvier 2012
Shame de Steve Rodney McQueen
Je n’ai pas vu ce film, beaucoup m’en parle.
Hier soir, un dîner, une sorte de debriefing entre amies sur l’attraction et ses lois.
Chacune ses regrets, remords et autres bonheurs à venir. J’ai un nouveau statut social alors on s’attarde un peu plus sur mon cas. On en vient à parler de ce film et on finit par me demander “Mais avec qui tu couches ?” comme étonné que je puisse faire voeu de chasteté pendant plusieurs semaines. Autour de la table, nous savons toutes que tirer un coup sans lendemain est à la portée de tou(te)s, il suffit de revoir ses critères de sélection à la baisse et boire de bons cocktails sous une lumière judicieusement tamisée. Et souvent, ce sont ceux qui n’ont pas le mot sexe qui clignote sur le front ou les mensurations idéales qui s’avèrent être de très bons amant(e)s éphémères.
J’en viens souvent à me dire que mon allure, mon comportement, quelque chose dans mon regard ou ma gestuelle doivent laisser supposer que je suis une hypersexuelle. Parce que c’est comme cela que l’on appelle le féminin d’un satyriasis, une nymphomane VS un tombeur. Les a priori et autres délits de jupes trop courtes seront toujours péjoratifs. Nous sommes en 2012.
J’ai bu une vodka très tard hier soir.
J’ai de la peine aujourd’hui, quand on entend ce que les autres pensent à raison ou à tord de vous ce n’est jamais vraiment agréable à entendre.
J’ai été le bon coup de quelques hommes, finalement peu, les sentiments sont toujours aveugles aux apparences trompeuses et vérités honteuses. Pour les autres, je ne devais pas être à la hauteur de ce que mon humour de camionneur et ma robe moulante promettaient.
La femme des uns, sous l’corps des autres
10 janvier 2012
Photographe Frederike Helwig
L’intérêt que peut susciter une femme dépend parfois de son degrés de résistance ou de dédain aux hommes qui la sollicitent.
Je sens depuis quelques semaines, un changement radical des regards féminins qui me considèrent sans doute comme un danger alors que je n’ai jamais été aussi inoffensive. Je vais bientôt être libre, je suis tout de suite moins inaccessible donc moins intéressante peut-être parce qu’ils s’imaginent que je pourrais demander plus d’attention, plus de retour, plus de présence. J’aurais 25 ans peut-être… 30 ans sans doute… 35 ans évidemment. Mais j’en ai bientôt 42 et tu crois vraiment que j’ai envie de repasser les chemises d’un autre homme ?! Après l’avoir fait pendant 15 ans. Ceci est une métaphore, je n’ai jamais repassé.
Je ne veux plus jamais être amoureuse, je ne veux plus jamais vivre avec un homme.
Je veux pleurer le dimanche soir devant un yaourt et une pomme.
La Femme Des Uns Sous Le Corps Des Autres Serge Gainsbourg
Syndrome de Stockholm
8 janvier 2012
Chaises Charles et Ray Eames
Toute la nuit à jouer au chat et aux souris blondes.
Ses yeux se portent où sont déjà les miens, des filles souvent, une en particulier. Il est 6h du matin et ce début de soirée à l’ambiance suédoise est déjà très loin dans l’échelle de mes souvenirs embrumés. Je suis ivre de champagne et cette envie de dévorer une bouche sous des boucles dorées ne sera qu’une frustration de plus. Le plaisir sexuel n’est pas d’actualité, j’ai envie d’être entourée de mes amis et de m’en faire des nouveaux. Ce dîner est parfait, une quinzaine de personnes, 4 connues et 11 à découvrir, une jolie déco, du bon son qui ennivre tout autant que l’accent et les cocktails au gingembre de la maîtresse de maison.
Cette complicité qui commence m’excite terriblement, je suis sous le charme d’un cerveau reptilien féminin, tout ce qui sort de sa bouche est une danse des 7 voiles. Sa façon de s’habiller, son parfum, la couleur de sa peau, ses cheveux, ses mains, ses goûts en mobilier, sa musique et même sa façon de répondre à mes sms. Je suis là, toute maladroite, je bafouille, je rougis, j’ai 11 ans et un garçon va m’embrasser pour la première fois.
Il est 3h, on se chamaille sur le lit où sont posées les vestes des invités.
Il est 4h, un mauvais geste et une giclée de champagne dévoile mes seins sous mon tee-shirt mouillé.
Il est 5h, mes bras de part et d’autre de son visage d’ange, mes paumes contre les pierres apparentes de ce club, des dizaines de personnes nous entourent, j’ai envie de l’embrasser.
Il est 6h, je suis dans mon lit, seule, pleine de regrets. Vivement les remords.
Autres temps
6 janvier 2012

Peintre Pedro Uhart – Madame Récamier
Pendant que mes amies s’amusent à parier combien de temps je vais rester célibataire, je regarde un couple s’embrasser sur la terrasse en bois de ce restaurant d’été. Nous sommes le 6 janvier 2012, il fait chaud comme au printemps, j’ai des étoiles et des larmes plein les yeux.
J’alterne les moments aux humeurs grand écart. Moment d’euphorie, j’ai 20 ans, je fais les boutiques de décoration pour chercher les petits objets superficiels qui me rendront heureuse. Moment déprimé, je n’ai plus d’âge, je suis allongée sur mon lit, la maison est vide, je me sens complètement abandonnée.
J’ai toujours ce goût pour les choses secrètes même maintenant où finalement je pourrais crier et baiser au grand jour.
Je suis d’un autre temps, Emma est morte.
Je suis Juliette.
La révolution ménagère est en marche
2 janvier 2012
Bubble Chair d’Aero Aarnio
Dans ma dimension professionnelle, j’ai reçu des nouvelles mais elles ne sont ni bonnes ni mauvaises. Je me dis que tant que la décision n’est pas pas prise, il y a toujours une possibilité. Je positive.
En parallèle, je modèle cette nouvelle femme qui m’a pris la folie de devenir. J’acquiers jour après jour un peu plus d’indépendance, il y a déjà un nouveau trousseau de clefs dans mon sac mais l’appartement est toujours vide. Ma liberté est à quelques mètres de ma cage dorée, elle m’attend, enfin surtout tout le confort moderne de la femme superficielle que je suis encore un peu.
Dans une autre dimension, on dira plus sentimentale, j’ai cette sensation étrange que je ne serai jamais célibataire. Plusieurs films se jouent les uns après les autres, de Kramer contre Kramer, en passant par la guerre des Rose, Sur la Route de Madison ou une comédie romantique bien dégoulinante. Je me sens l’héroïne de plusieurs vies. Dimanche dans l’après midi, après un repas familial et une galette entre amis, je tombe sur une série de photos, le hasard fait mal les choses. Je vois un regard posé sur une chevelure blonde, je vois des sourires insouciants quelques minutes avant minuit, je vois la jeunesse se vivre loin d’ici. Je réalise alors le générique de fin d’un joli film, le Lauréat finissait mal de toutes façons. De nos jours en quelques sms, une histoire d’amour réelle ou virtuelle se termine aussi facilement qu’elle commence. Si je ne t’aime plus, si je t’aime trop, je t’unfollow. Triste virtualité.
Demain je m’achète mon premier frigo, en attendant de pouvoir un jour me payer un rêve suspendu à 3960 €.
Demain je n’irai pas là-bas.
L’amour éternel fait appart à part
31 décembre 2011
2011 est détruit. J’ai tout exterminé. J’ai atteint mon but inconscient.
Dans quelques jours, je vivrai quasiment seule une semaine sur deux. Dans quelques jours, je vais sans doute le regretter, Lui, mon acte et mon immense dressing.
Je pourrai passer mes nuits à écrire un scénario improbable qui prendra la poussière comme les autres, je pourrai bloguer, twitter, Facebooker à m’en dégoûter. Il n’y aura plus le regard réprobateur de mon mari, pardon père de substitution, ce même regard quand je rentre bien trop tard pour une mère de famille respectable. Mes shorts seront encore plus courts et ma fuite en avant longue et effrayante.
Je serai libre. Malheureuse sous les 3 mètres 50 de ce joli plafond aux moulures de contes de fées mais ça ne sera que de ma faute. Je n’aurai plus personne à accabler.
Ce soir nous passons notre dernier réveillon ensemble. Elégants et assortis. Le couple idéal.
“Je crois qu’il ne faut pas ou plus être amoureux pour vivre longtemps ensemble… ” J’adore cette phrase.
La décade prodigieuse… Fin
1 décembre 2011
http://cryingdoesntsolveanything.com/
Ici rien n’était du au hasard. Les titres, les photos, les textes, tout avait un sens, était là pour faire passer un message à une ou plusieurs personnes. L’autofiction était confortable pour dire les choses mais aussi pour les taire. Ce blog était un jeu, une liaison, un amour caché. “La décade prodigieuse” est un film de Chabrol mais aussi les dix jours qui me séparent d’un mail qui me donnera une bonne ou une mauvaise nouvelle qui va dans les deux cas bouleverser ma vie familiale, professionnelle, sans doute même amoureuse.
En revenant de ces deux jours sur Paris, j’ai réfléchi à mon avenir, j’ai pris des décisions, trois heures de train suffisent parfois pour se faire beaucoup de mal toute seule. Ce matin, j’avais besoin de raconter, de me confier, j’ai longuement parlé à ma meilleure amie, de sa vie, de la mienne, de ce mélange de bonheurs et de malheurs que nous partageons depuis des années. Je lui ai dit ma décision de mettre fin à ma double vie virtuelle, de tuer cette MissDuel qui prend un peu trop de place et qui commence à devenir néfaste.
Ce post est le dernier.
En écrivant, je pleure, vous vous en doutez.
Tu vas me manquer.
Le népenthès
25 novembre 2011
Il est 7 heures, je passe cette crème en espérant qu’elle atténuera les 6 heures de sommeil qu’il me manque et les 10 ans que j’ai en trop. Je ne me souviens plus du chemin retour ni du trajet pour aller bosser. Il est 8 heures, je n’ai même pas la force de taper mon mot de passe, je suis prostrée devant mon ordi, ma nuque est raide, j’ai des frissons, je transpire l’alcool et la bêtise. Accumuler les mauvaises idées comme d’autres achètent des chaussures, de façon compulsive. Se lever un matin et se teindre en brune. Se retrouver au comptoir à 4h et continuer à boire. Sortir du club, complètement saoule et conduire. Se tromper de chemin et se faire contrôler. Finir au poste. Téléphoner à son mari. Il n’a rien dit, pas un mot, ni au commissariat ni dans la voiture. Je pleurais, je ne sais faire que ça, pleurer quand c’est trop tard.
Je n’ai toujours pas trouvé d’appartement, au lieu de garder mon fric pour préparer mon départ, j’achète des robes importables chez Maje. “Tu comprends, c’était à moins 50% ” “Non je ne comprends pas, tu es stupide”
Il y a quelque chose qui me bouffe le cerveau, avant c’était plus simple cette chose était un ou plusieurs hommes, ça dépendait des périodes. Ces hommes que je ne pouvais avoir, occupaient mes pensées. Ils m’excitaient, je les croisais le soir dans les bars, les soirées. Ils n’étaient pas mieux que celui qui partage ma vie, juste nouveaux et différents. On ne peut pas lutter contre la nouveauté, toute belle, douce soit une femme, tout intéressant, aimant soit un homme. La femme qui nous vend un croissant le matin avec ses énormes seins et son horrible accent, l’homme avec ses poils du nez qui dépassent et son torse trop musclé. Le pire des pires sera toujours plus excitant que la perfection qu’on se baise ou qu’on suce depuis 15 ans.
J’ai envie de vomir. J’ai envie de me vomir.
Rentrer en (in)dépendance entière
18 novembre 2011

Photographe Joanne Leah
Si tu rentres à minuit saoul comme s’il était 7h du matin que tu noies ta peine, ton mal être, ta connerie dans des cocktails hors de prix et que ta soirée beaujolais n’était qu’un alibi. Toi, tu es un peu comme moi.
En deux jours, mon monde s’est illuminé puis effondré, mercredi j’apprends une nouvelle qui me rend heureuse et le lendemain l’homme qui partage ma vie depuis 15 ans, le père de mes enfants me demande de partir de chez nous. Qui est coupable ? Qui est fautif ? La main dans le sac, c’est la mienne.
Personne ne peut comprendre comment nous en sommes arrivés là, sur le papier nous sommes la famille Ingalls, dans notre lit Rocco et Jenna, aux yeux du monde, rien ne nous manque.
Je me suis allongée, la tête contre le carrelage, je n’arrivais plus à respirer. J’ai attendu que ça passe. Je ne fais qu’attendre. Les autres ont d’autres choses à faire, les autres dorment, baisent, rigolent entre amis. Et moi, j’attends. J’attends que tu prennes la décision, que tu répondes, que tu me bouscules, que tu m’encules. J’attends.
Je ne me lasserai jamais de lire ce poème. Il résume ma vie. J’ai longtemps détesté la poésie.
Ce soir, je visite mon premier appartement. J’ai 20 ans.
Ma vie, ma vie, ma très ancienne
Mon premier vœu mal refermé
Mon premier amour infirmé,
Il a fallu que tu reviennes.
Il a fallu que je connaisse
Ce que la vie a de meilleur,
Quand deux corps jouent de leur bonheur,
Et sans fin s’unissent et renaissent.
Entré en dépendance entière,
Je sais le tremblement de l’être
L’hésitation à disparaître,
Le soleil qui frappe en lisière.
Et l’amour, où tout est facile,
Où tout est donné dans l’instant ;
Il existe au milieu du temps
La possibilité d’une île.
M. Houellebecq
Bonheur compliqué
15 novembre 2011

http://desinterested.wordpress.com/
Une de ces journées où j’en veux à la terre entière où la seule chose qui pourrait me faire plaisir n’existera sans doute jamais.
De rêves en désirs, de promesses en attentes. Il n’y a finalement que le rien qui se passe. J’écris des textes insipides pour des hommes qui gagnent 4 fois mon salaire, je commande des manifestations qui font le prix d’un appartement. Je vis dans un monde sans m’en rendre compte puisque je ne pense qu’à être ailleurs, loin, dans cette voiture cabossée. J’ai les mêmes pensées qu’il y a 25 ans quand Pascal a enfoncé sa petite queue à peine dure derrière une dune à Beauduc.
Tu sais moi, je ne demande pas beaucoup, juste être une autre.
C’est ça mon bonheur simple, avoir une vie plus compliquée.
Menu du jour : Confiance tueuse d’Amour
8 novembre 2011

La discussion d’hier midi s’est achevée par la phrase suivante : “Si tu veux continuer à désirer, être désirer, baiser souvent, intensément, il ne faut surtout qu’aucune confiance ne s’installe dans ton couple”.
Pour en arriver à cette conclusion, une quinzaine d’années de vie de famille en moyenne pour chacune, quelques lectures et expériences superficielles, plusieurs grossesses et un mari toujours sous pression dès 7h du mat.
Alors que la majorité des jeunes gens qui nous entoure ne cherche que ça, la confiance, soi-disant garante d’une vie de couple épanouie et complice. A partir de 35 ans, une fois toutes les étapes passées, les objectifs de vie majoritairement réalisés, ce constat que la jeunesse qualifiera d’amer… Nous fait marrer.
Entre la soupe bio, la salade Cesar et le tiramisu de chez Spok, nous listions en riant comme des dindes, les choses que nous pourrions faire pour que nos maris n’aient aucunement confiance en nous.
41 ans, 14 ans… kifkif
Obsession du Week-end #Bath
7 novembre 2011












Toxique et bel ennui
5 novembre 2011
J’ai eu envie de fumer toute la journée, cela fera bientôt deux ans.
Une journée pleine d’ennui et de frustration. J’ai paressé dans mon lit une heure de plus, quelques pixels comme un geste salvateur. Il y a encore un peu de désir enfuie dans ce corps qui ne sert plus qu’une fois par semaine, parce que c’est samedi. Nous sommes combien à accepter cette monotonie douillette pour éviter d’avaler un Prozac. Je n’ai pas encore cédé à l’appel des sirènes des antidépresseurs et autres miracles esthétiques. Je me sens faible, la proie idéale, trop axée sur son apparence pour résister encore longtemps. Certaines de mes amies rajeunissent superficiellement ou elles ont un amant plus jeune, insouciant et revigorant.
Cette journée s’est écoulée, sans la voir passer simplement entre la frustration de l’inaccessible et celle du choix multiple, je n’ai plus envie de lutter.













